Une Alchimie de l'Eveil

Ep. 84 : Comprendre le burnout (1/3)

Iker Aguirre Season 3 Episode 2024

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Que pensez-vous de cet épisode ? Ecrivez-moi ! 🙂

Dans ce nouvel épisode de votre chaine de podcast Une Alchimie de l'Eveil, Iker Aguirre vous aide à mieux comprendre le burnout et le contexte qui mène à l'épuisement professionnel. Cet épisode est le premier d'une série. Dans les épisodes suivants il sera question de comprendre le burnout à travers l'expérience et les yeux d'un proche de la victime. Le dernier épisode sera sur les étapes clés que l'on vit dans la récupération après un burnout et tout ce qu'il faut savoir pour récupérer plus vite et de la meilleure façon possible. 

Dans cet épisode vous découvrirez :
Le contexte et les indicateurs qui vous disent que vous vous approchez du burnout
Les symptômes annonciateurs d'un épuisement généralisé
A qui faire appel pour s'éloigner du risque ou pour bien récupérer si vous êtes tombé dedans. 

L'intention de cette série est d'éviter que vous ou un de vos proches ne sombre dans le burnout. Elle sera composée de trois épisodes : 
Le premier épisode est destiné aux personnes qui craignent de faire un burnout. Il les aidera à mesure l'ampleur du problème. Il est aussi destiné aux personnes proches pour leur donner des moyens de mieux analyser la situation.

Le deuxième épisode est destiné aux proches d'une victime potentielle de burnout. Tout ce qu'il faut savoir et éviter pour accompagner cette personne, éviter qu'elle sombre mais aussi éviter que vous sombriez avec elle et rester un pilier solide pendant toute la durée de l'épreuve.

Le troisième épisode est destiné aux victimes du burnout, celles qui sont allé trop loin et qui doivent maintenant récupérer. Il décrit les phases de récupération sous l'angle de l'expérience de la victime, pas sur l'angle médical. C'est à dire tout ce que le médecin ne vous dit pas sur ce qu'il se passe quand vous rentrez chez vous et que vous avez la montagne de la récupération à franchir et que vous avez à peine de l'énergie pour vous lever le matin. Un épisode pour vous aider à récupérer plus vite et en paix, destiné à toutes les personnes concernées par le burnout, de façon directe ou indirecte,

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Le moment est venu de réinventer notre humanité et ce n’est pas en restant dans la cadre que nous allons le faire.

Chers amis, bonjour et bienvenue dans votre chaîne de podcast « Une alchimie de l'éveil ». Je suis Iker Aguirre et aujourd'hui nous allons parler de ce qui est probablement la plus monumentale des affections que subit aujourd'hui l'humanité : le burn-out. Alors bien évidemment, c'est l'humanité de notre monde d'Occident ultra économisé, ultra industrialisé, et cet état de vie dans lequel nous vivons dans nos entreprises mais aussi dans nos maisons, qui nous fait exploser en vol dans des fatigues et des stress chroniques.

Et je suis surpris de ne pas avoir parlé de cette thématique spécifique avant, sur les 80 et quelques épisodes de cette chaîne, car si aujourd'hui je fais ce que je fais, c'est en très grande partie, presque exclusive partie, grâce à un monumental burn-out qui m'a permis d'apprendre tout ce que je vais vous raconter aujourd'hui. Et oui, chers amis, je me suis pris le mur à 2000 km heure le 13 février 2009. Je ne pensais pas que ceci était possible, je ne pensais pas que ça pouvait m'arriver. Je savais que ça pouvait arriver à certaines personnes, que c'était un risque qui existait, mais j'étais à des années-lumière de penser que ceci puisse m'arriver un jour. Et pourtant oui. En 2009, le burn-out, ce n'était pas quelque chose dont on parlait beaucoup. Donc je vais vous raconter cette histoire et comment je me suis retrouvé dans cette situation-là, comment j'ai pu apprendre tout ce que je vais vous raconter aujourd'hui.

Et surtout, avant de continuer, je vais vous dire que si vous entendez les messages que votre corps, votre cœur et votre esprit sont en train de vous donner au moment où vous êtes en train de vous approcher du burn-out — même si vous avez fait un burn-out — si vous écoutez tous ces messages, vous leur donnez une oreille attentive et vous vous mettez en mouvement pour répondre à toutes les demandes que ces trois parties de vous ont faites, le burn-out sera probablement l'une des meilleures choses qui vous arriveront dans votre vie. Ce sera un défi compliqué, que vous soyez en burn-out ou proche du burn-out ; c'est une véritable mésaventure quand vous êtes dedans, mais les cadeaux qui vous attendent si vous écoutez les messages de la vie sont incommensurables. Et je vous garantis que vous avez, au bout du tunnel, une version augmentée de vous-même qui vous attend et dont vous n'auriez même pas pu imaginer l'existence. Ça, c'est le message extrêmement positif que je vais envoyer.

Certaines personnes qui font un burn-out refont des burn-out par la suite. La première raison pour laquelle ils retombent là-dedans, c'est parce que les changements qui s'imposent quand je fais ou je suis sur le point de faire un burn-out n'ont pas été actés. Et on revient dans un éternel recommencement qui ne mène nulle part, sinon à une nouvelle explosion. Donc, vous êtes proche du burn-out, vous avez fait un burn-out : écoutez les messages que votre corps, votre cœur et votre esprit sont en train de vous donner, et votre vie changera positivement de façon plus que décuplée, à jamais. Ça, c'est le message qu'il est nécessaire d'entendre dès le départ.

Une série d'épisodes dédiée au burn-out

Maintenant, je vais vous parler de la série d'épisodes que nous allons faire, pour que vous sachiez exactement à qui s'adresse chacun des épisodes de cette série dédiée au burn-out et que vous compreniez ce que vous allez retrouver dedans.

Notre premier épisode, on va aller droit au but. C'est quoi le burn-out ? Comment se présente-t-il ? Que puis-je faire pour l'éviter ? Ou que dois-je faire si je suis tombé dedans ? C'est-à-dire que cet épisode s'adresse directement à toutes ces personnes qui craignent faire un burn-out, ou qui sont déjà passées par la case burn-out et sont en train de récupérer, ou qui viennent tout juste d'avoir un arrêt maladie pour cause de burn-out. Cet épisode sera extrêmement important parce qu'il va vous donner un cadre pour comprendre ce qui vous arrive, et en comprenant cela, vous allez pouvoir accélérer votre récupération et surtout être beaucoup plus en psychologie positive qu'en psychologie négative, car la psychologie négative est l'une des choses qui rend la récupération beaucoup plus longue.

Le deuxième épisode n'est pas destiné aux personnes qui font un burn-out, mais aux personnes qui les accompagnent : les conjoints, les amis et la famille, mais aussi les collègues de travail. Et ça, on n'en parle jamais. Pourtant, quelqu'un qui fait un burn-out, il y a toute une communauté de personnes qui font un burn-out avec cette personne-là. Et ces personnes-là subissent le processus de maintes façons différentes, sans souvent savoir quoi faire ni comment faire, et bon an mal an accompagnent la personne comme elles peuvent, en se prenant souvent de sacrés avoinées dans les dents. Je vais parler de tout ça pour que, si vous craignez que quelqu'un à côté de vous fasse un burn-out, ou si vous êtes en train d'accompagner quelqu'un qui a fait un burn-out, vous compreniez exactement ce que vous êtes en train de vivre et ce que probablement vous allez vivre dans les jours, semaines et mois à suivre. Ainsi, vous serez le meilleur pilier possible qui puisse être à côté de la personne que vous aimez.

Et le troisième épisode, nous revenons à nouveau aux personnes qui ont fait un burn-out. Car quand vous faites un burn-out et que vous allez voir le médecin, que vous allez voir les professionnels qui vous accompagnent, qui vous donnent des recommandations extrêmement importantes, il y a une chose qu'ils ne vont pas pouvoir vous donner et que souvent ils ne vous donnent pas : c'est la compréhension de comment allez-vous évoluer dans votre quotidien au fur et à mesure que vous récupérez. Où sont les pièges qui vont ralentir la récupération ? Où sont les espoirs qui vont favoriser la récupération ? Comment allez-vous vivre dans votre corps, dans votre cœur et dans votre esprit le défi de la récupération du burn-out ? Et qu'est-ce que tout ceci va vous exiger pour pouvoir apporter le meilleur de vous-même à un moment et une époque de votre vie où vous n'avez absolument plus rien à donner ? Et pourtant, si, la vie vous exige de vous relever chaque matin, sans jus, sans énergie, sans envie, pour pouvoir retrouver l'issue de ce tunnel absolument noir dans lequel vous êtes rentré. Eh bien, nous allons faire tout un épisode pour vous dire qu'en dépit de la noirceur, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses qui vous attendent sur ce chemin-là, qui sera un chemin en dents de scie — beaucoup de choses qu'on ne vous dit pas quand vous êtes avec un professionnel de la santé.

Et cet épisode, il est destiné, un, aux personnes qui ont fait un burn-out et qui sont maintenant en phase de récupération ; deux, aux personnes qui les accompagnent, pour qu'elles puissent anticiper ce qui va venir — non pas comprendre ce qui s'est passé, mais anticiper, car ça aidera énormément la personne qui a fait un burn-out ; et aussi, même si ce n'est pas du tout mon métier, je me permets d'inclure dans cet épisode-là toutes les personnes des professions thérapeutiques et médicales et autres, concernées par la quantité de personnes qui viennent dans leur cabinet. Peut-être que vous découvrirez aussi des choses intéressantes à transmettre à vos patients. Vous pouvez même leur faire écouter cet épisode, car il n'est pas fait sur un point de vue médical. Il est fait du point de vue d'une personne qui a fait un burn-out, qui a accompagné beaucoup, beaucoup, beaucoup de personnes dans la récupération, dans cette portion dont je suis en train de vous décrire. C'est-à-dire, jamais je ne me mettrai à la place d'un médecin pour donner des conseils médicaux. Par contre, quand il s'agit de vivre un quotidien, là, l'expérience vécue et l'accompagnement de maintes personnes dans ce processus-là me permet de pouvoir vous donner des clés pour faciliter la compréhension de cet énorme défi de vie et des transformations qu'il exige. C'est une vision globale, systémique, qui intègre beaucoup de choses.

Donc ce troisième épisode est destiné à tout ce beau monde, dont l'intention, pour les trois épisodes, est simple : soyons les plus nombreux possibles à œuvrer pour éviter les burn-out. C'est ce qui a fait de moi un conférencier pendant des années et des années. J'ai arpenté des scènes dans toute l'Europe avec un message, à une époque où le burn-out n'était pas connu. Aujourd'hui, Dieu merci, il est beaucoup mieux connu — on en parlera. Et j'ai arpenté toutes ces scènes-là parce que je ne voulais qu'une seule chose : qu'un maximum de monde n'ait pas à vivre et subir ce que moi-même j'avais eu à vivre et à subir. Ensemble, faisons la peau au burn-out et faisons de chacun d'entre nous des phares, des phares de conscience. Révélons l'invisible qui est en nous et arrêtons de brûler la chandelle par les deux bouts, car ceci ne mène qu'à une chose : à éteindre la lumière plus vite.

Avant de continuer, permettez-moi de vous dire que cette chaîne a pour but de diffuser au plus grand nombre et gratuitement des clés et des pépites pour la transformation et la croissance personnelle. Nous voulons vous apporter des contenus positifs, constructifs, pédagogiques, humains et responsables, servis avec pragmatisme et une approche pratique qui donne toute sa place au bon sens et à l'expérience vécue. Car ce qui nous intéresse, c'est de partager avec vous un comment pour vous permettre de faire, de passer à l'action concrète, et pas juste de philosopher ou de nourrir le mental, car le moment est venu de réinventer notre humanité, et ce n'est pas en restant dans le cadre que nous allons le faire. Cette chaîne vous est présentée et sponsorisée par Konxus Media, le média pour une vie pro et perso en conscience. Un média à 360 degrés dont le but est que nous ayons une vie meilleure à la maison comme dans nos entreprises. Et si vous avez envie de communiquer avec nous, de nous partager vos réflexions sur cet épisode, de nous demander des thématiques futures pour de nouveaux épisodes, ou tout simplement si vous avez envie d'entamer la conversation avec nous, n'hésitez pas à nous écrire sur hello, h-e-l-l-o, arobase, Konxus, k-o-n-x-u-s, tiret du 6, media.com.

Les phases qui mènent au burn-out

Aussi paradoxal que ceci puisse paraître, un burn-out commence toujours par une phase de bien-être. Et oui : vous cherchez du travail, vous postulez, vous obtenez ce travail, pas loin de chez vous, le salaire que vous vouliez, bref, tout va bien. On appelle ça le circuit de récompense.

Cette phase de bien-être durera plus ou moins longtemps suivant les personnes. C'est-à-dire que certaines personnes auront une déception : elles croyaient que c'était le boulot de leur rêve, et finalement, quand elles voient l'envers du décor, ce n'est pas si cool que ça. Mais elles se retrouvent coincées dans l'obligation — je mets des guillemets — de devoir rester parce que la vie est ce qu'elle est, elles ont besoin de ce salaire, toutes ces raisons-là qui font que, bref, j'aimerais bien aller voir ailleurs, mais je suis obligé de rester, je fais le dos rond, je prends sur moi. D'autres personnes, au contraire, se retrouvent dans un environnement extrêmement positif et le circuit de récompense durera beaucoup plus longtemps. Mais ce n'est pas pour autant qu'elles sont à l'abri d'un burn-out. J'appelle ça la passion dévorante. Vous aimez tellement votre boulot que vous ne savez plus vous arrêter.

Donc, que vous soyez dans un contexte extrêmement négatif dans lequel vous n'aimez pas du tout votre boulot, ou que vous soyez dans un contexte extrêmement positif où vous adorez ce que vous faites, dans les deux cas vous risquez le burn-out tout autant. Du coup, le circuit de récompense sera plus ou moins long suivant le cas de figure dans lequel vous êtes.

Mais dans les deux cas, quand vous êtes dans un état de fatigue et d'épuisement chronique qui mène au burn-out, vous passerez par une étape numéro deux. De l'état de bien-être, vous rentrez dans un état neutre. Pour celui qui est dans un environnement négatif, l'état neutre, c'est quoi ? C'est que finalement, je n'ai plus la joie que j'avais avant, ce n'est pas aussi rose que je ne croyais que ça allait être. Et là, je rentre dans un circuit routinier. La même chose se passe pour celui ou celle qui kiffe et qui adore son boulot. À un moment donné, on finit par s'habituer au positif. Le positif devient normal. Et la fatigue fait que l'enthousiasme que j'avais avant, cette énergie que je dédie à l'enthousiasme, je ne l'ai plus parce que je suis trop fatigué. Et donc finalement, mon enthousiasme se tarit et je rentre de la même façon dans l'état neutre et le circuit routinier.

Mais si nous continuons tous les deux à tirer sur la corde, nous allons inévitablement tomber dans un état de mal-être. C'est là que l'on commence à avoir plein de signaux qui nous disent que ça ne va pas, que des changements s'imposent, mais on ne sait pas les écouter. On rentre alors dans ce que l'on appelle un circuit subversif. Tout autour de nous et en nous nous dit qu'il faut arrêter, mais nous sommes dans l'incapacité de le faire, car beaucoup de programmes et d'autres choses nous poussent et nous obligent à continuer dans la roue du hamster jusqu'à ce que, boum, l'explosion ait lieu. C'est la déclaration du burn-out.

Mon burn-out : le 13 février 2009

Pour moi, ce fut le 13 février 2009. Toutes les personnes qui ont fait un burn-out, et surtout qui l'ont amené aussi loin que je ne l'ai amené, toutes les personnes sans exception se rappellent exactement de la date précise de leur burn-out et de ce qui s'est passé ce jour-là. Toutes sans exception.

Alors quand je dis ceux qui se sont emmenés aussi loin que je ne m'eusse emmené moi-même à cette époque-là, je dis ça pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, Dieu merci, les notions de burn-out sont très connues de l'ensemble du monde médical. Mais en 2009, moi j'ai mis 6 mois, avec maintes visites de tout type de médecin, à pouvoir nommer le fait que c'était un burn-out. On m'avait juste dit, en sortant de l'hôpital, c'est juste un coup de fatigue. Sauf que le fameux coup de fatigue était le suivant : j'ai perdu complètement mes capacités cognitives, à un tel point que je n'étais plus capable de parler français.

Cet accent que j'ai, vous le savez bien, il vient du fait que je suis un petit mélange d'origine basque, né en Espagne. Tu mélanges tout ça, tu fais un peu de vie aux États-Unis et ensuite le reste du temps des études en France, tous les accents mélangés, ça fait un truc drôle, étrange, qui est celui que vous entendez maintenant. Sauf que le truc drôle et étrange fait que dans ma tête, j'ai trois langues que je parle parfaitement de la même façon : français, anglais et espagnol. Et j'habite en France. J'habite depuis huit ans avec la même femme. Et ce jour-là, je ne sais plus parler français et je ne reconnais pas la femme avec laquelle je vis.

Je suis, Dieu merci, amené très rapidement à l'hôpital de Bayonne parce que ma compagne a la bonne idée d'appeler un très bon ami de lycée qui est l'un des fondateurs de SOS Médecins Côte Basque. Celui-ci vient me chercher, il voit mon état, et comme c'est quelqu'un qui connaît tout le monde à l'hôpital, il me fait passer très rapidement toutes les lignes des urgences, et probablement grâce à ça, j'évite le pire. Je suis mis directement sous intraveineuse, ce qui évite que la situation qui est en train de se présenter n'aille beaucoup plus loin. À ce moment-là, je me retrouve sur un lit d'hôpital : trois ponctions lombaires. Voilà, je vous passe tous les détails parce qu'on pensait que j'avais une méningite — trois ponctions lombaires. Après, je suis complètement en vrac sur le lit d'hôpital.

Une expérience hors du corps

Je vis une expérience absolument extraordinaire. Cette expérience-là m'amène à vivre quelque chose hors de mon corps, dans lequel j'ai une conversation avec quelqu'un, avec une voix que je sais connaître très très bien et qui est en réalité l'événement majeur qui a transformé la suite de ce qui s'est passé. J'ai eu cette chance-là d'avoir cette conversation pour voir clairement la couleur de ce que j'étais, de ce que je n'étais pas et des erreurs que j'avais commises. C'est une expérience que j'appelle aujourd'hui spirituelle, qui m'a permis de voir la limite à laquelle je m'étais amené.

Et pendant cette expérience-là, j'ai eu une voix qui m'a posé deux questions. La première, c'était : « Es-tu fier de ce que tu as accompli ? » J'ai vu le film de ma vie. La réponse a été non. À ce moment-là, j'ai senti que tout s'effondrait autour de moi. La deuxième question a été : « Crois-tu que tu es sur le chemin pour lequel tu es venu ? » Et j'ai revu le film de ma vie. Et en voyant les deux films de ma vie, je ne voyais que plein de morceaux choisis qui me permettaient de comprendre ce que je savais déjà — puisque j'étais dans un espace unique dans lequel j'étais tout et tout était moi, dans lequel je ne voyais absolument rien parce qu'en étant tout et tout étant moi, dans le non-manifesté, tout était déjà manifesté. J'étais vérité, j'étais omniscience. Et ces images-là ne faisaient que corroborer quelque chose que je savais déjà au plus profond de mon âme.

Au bout de ces réponses-là, je me suis effondré. Et là, j'ai demandé à la voix : « Mais quel est mon chemin ? » Et là, je n'étais plus dans cet espace que je connaissais, très intime, agréable et tout ce qui venait. Je suis sorti de cet espace-là, je suis rentré directement dans la noirceur de mon désarroi. Et depuis cet endroit-là, je demande à la voix : « Mais quel est mon chemin ? » À quoi elle a juste répondu : « Trouve-le. » Et là, je me suis retrouvé sur le lit d'hôpital, dans le département des maladies infectieuses, un 13 février 2009, sans savoir l'immensité des épreuves qui m'attendaient devant.

Le « circuit de l'abruti »

Sans le savoir, après le circuit subversif et l'état de mal-être, j'étais rentré dans ce que j'appelle, dans mon cas — je ne me permettrai pas de dire que les personnes qui vivent un burn-out rentrent dans un circuit qui porte ce nom-là, mais dans mon cas — je suis rentré dans ce que j'appelle le circuit de l'abruti. Pourquoi le circuit de l'abruti ? Parce que tout dans mon corps, dans mon cœur et dans mon esprit criait : « Gare, attention, attention, ça ne va pas, ça ne va pas, ça ne va pas. » Mais non seulement ça, les personnes qui m'entouraient dans la vie, pro et perso, n'arrêtaient pas de m'envoyer des signaux : « Attention Iker, on a peur pour toi, fais attention à toi, protège-toi, bla bla bla. » Croyez-vous que j'ai écouté ? Non. Je me suis laissé aller dans l'état de mal-être, dans le circuit subversif, jusqu'à ce que je rentre dans un état de dépression.

La phase dépressive

100 % des cas de burn-out passent par une phase dépressive. Certains spécialistes vous diront que ce n'est pas vrai. En ce qui me concerne, depuis 2009, toutes les personnes que j'ai rencontrées qui ont fait un burn-out, avec lesquelles j'ai pu échanger, toutes sont passées par une phase de dépression. Alors, on pourrait débattre. J'ai rencontré des spécialistes qui disent que ce n'est pas le cas. Donc par respect au travail de ces spécialistes et à leurs compétences, je mets une prudence dans ce que je dis là, même si mon expérience en moi me prouve le contraire.

La dépression, c'est quoi ? Ce n'est pas une dépression dans laquelle « ah je me sens mal, je ne suis pas bien », un truc comme on va décrire classiquement la dépression. La dépression, c'est qu'à force de tirer sur la corde, votre corps vous envoie des messages et appelle au secours. À force de ne pas écouter votre corps dans la fatigue chronique qui s'instaure, c'est votre corps physique qui commence à déprimer. C'est lui qui ne va pas bien. Vous, dans votre tête, avec toutes les histoires que vous racontez, avec toutes les choses que vous croyez, vous commencez à forcer, vous continuez à forcer, à tirer, à avancer de l'avant, à ignorer tout le reste. Du coup, le corps, quand lui il déprime, il va envoyer son message à qui ? À votre corps émotionnel. Et le corps émotionnel va commencer à vous envoyer des signaux de dépression : ça ne va pas, etc. Mais votre tête va aller à l'encontre : « Non, mais c'est passager, ça va aller, ça va aller. » Vous essayez de vous convaincre du contraire.

En fait, si on devait parler de notre cerveau, c'est votre reptilien, dont le but est de sauver l'espèce pour qu'elle puisse se reproduire — le reptilien, le cerveau le plus archaïque, celui qui vous envoie du stress, dont on va parler tout à l'heure — ce cerveau reptilien qui parle avec votre cerveau limbique, qui est le cerveau des émotions. Les deux cerveaux, la neuroscience nous dit, sont les seuls à prendre réellement des décisions, et ne sont pas en contact avec le néocortex dans les processus décisionnaires. Le néocortex étant le cerveau rationnel, celui de la pensée abstraite, celui qui réfléchit.

Du coup, votre corps déprime, boum, ça touche le reptilien. Le reptilien, n'étant pas écouté par le néocortex pour que les choses se passent différemment, il va communiquer avec qui ? Avec le cerveau limbique, avec le cerveau émotionnel. Il dit : « Écoute, mon coco, là il y a un problème, il faut qu'on fasse quelque chose. Mais comme on ne nous écoute pas, les messages qu'on va envoyer, ce sont des messages de dépression », alors que la tête ne s'en rend même pas compte. Et c'est à ce moment-là que commencent à venir les risques de burn-out, que les pathologies potentielles se déclarent. Et si vous vous amenez au bout du bout du processus de l'explosion en vol, derrière, vous allez avoir des pathologies qui vont s'exprimer. Dans certains cas — et ceci est un jeu de roulette russe — elles peuvent être graves, voire très graves.

En ce qui me concerne, je suis passé à deux doigts de quelque chose de très grave. En même temps que moi, un dirigeant d'entreprise qui avait une carrière similaire à la mienne, mais avec dix fois plus de succès, a fait un burn-out à peu près pendant les mêmes dates. À ce jour, quinze ans plus tard, il n'a toujours pas récupéré : il ne reconnaît pas sa femme, il est assis sur une chaise roulante et il bave. D'autres y sont restés, d'autres n'ont pas eu de séquelles. Le jeu du burn-out est un jeu de roulette russe auquel vous n'avez pas envie de jouer et auquel vous ne voulez pas jouer. Ceci est ce que j'appelle le circuit de l'abruti en ce qui me concerne, car sans m'écouter, je me suis amené là-dedans.

Le cul-de-sac karmique : ne jamais revenir « comme avant »

Mais là, il y a un premier piège dans lequel on tombe, et nous allons parler du cul-de-sac karmique dans lequel nous nous mettons à chaque fois que les choses ne vont pas bien. Car il s'agit d'un chemin de vie que nous menons. Et tout va bien, je fais ma vie, avec des choses qui vont bien, d'autres qui vont moins bien, bref, la vie de tous les jours. Et à un moment donné, il y a soudainement un déclencheur, quelque chose qui fait que soudainement notre véhicule de vie commence à chasser de l'arrière-train. Et là on commence à déraper. On contrôle comme on peut. Et là c'est la descente, c'est la descente, c'est la descente. Et on fait comme on peut pour tenir la trajectoire de notre vie, mais pourtant on descend, descend, descend, jusqu'au moment où, boum, tout nous explose à la figure.

Les Américains disent : the shit hit the fan. Si vous me permettez la traduction, the shit hit the fan veut dire « le caca est arrivé sur le ventilateur ». Et je vous laisse imaginer ce que ça donne. C'est pas beau. Du coup, je descends, je descends, je descends et à un moment donné, j'explose. Dans notre cas aujourd'hui, c'est le burn-out qui se déclare.

Une fois que j'ai touché le fond, que je me suis bien écrasé, qu'est-ce que je vais chercher à faire ? Remonter, on est d'accord. Et là, bon an mal an, je donne tous les efforts possibles pour revenir. Mais revenir à quel moment ? On se dit toujours : « J'aimerais que tout redevienne comme avant. » Et c'est là le premier piège psychologique de cette situation. Si vous revenez à la situation telle qu'elle était avant le déclencheur, vous vous remettez dans une situation où tous les indicateurs qui ont fait que le déclencheur a pu se déclencher étaient présents. Vous ne pouvez pas revenir, toutes choses égales par ailleurs, à comme avant, parce que vous allez refaire un burn-out. Et c'est ça qu'oublient les personnes qui ont fait un burn-out et qui en refont un deuxième : c'est qu'ils reviennent, ils refont tout comme si rien ne s'était passé. Erreur. Erreur. Tous les problèmes qui ont fait le burn-out restent présents si tu ne changes absolument rien.

Du coup, quand nous sommes en train de prendre conscience de ça, quand nous sommes en train de dériver, qu'on commence à chasser du train — les jeunes diraient que ce que nous devons faire, c'est du drifting. Nous allons prendre notre voiture et, en dérapant bon an mal an, ce que nous allons essayer de faire, c'est de trouver une nouvelle trajectoire. Avec toutes les difficultés que nous avons entre les mains, on va commencer à voir qu'est-ce que nous pouvons changer. Parfois radicalement. Pour faire quoi ? Ne plus jamais revenir à comme avant. Parce que c'est le terreau fertile de toutes les emmerdes — et excusez-moi l'expression — que j'ai actuellement. Le but étant de trouver un autre chemin dans lequel je vais pouvoir me réinventer, pour pouvoir alors faire une véritable ascension vers un nouveau moi et un nouvel environnement qui soit protégé du risque d'explosion qui vient de m'arriver. Voilà le piège dans lequel on tombe au moment où le déclencheur fait clic.

Le contexte : ce que disent les statistiques

Voyons maintenant ce que nous dit le monde autour de la question. Cette statistique, je la partage dans mes conférences depuis 15 ans bientôt. C'est l'OMS qui disait il y a 15 ans qu'en 2030 — nous sommes en 2024 — la dépression serait la maladie numéro 1 dans le monde. On disait qu'elle concernerait 60 % des arrêts maladie, plus de 80 % des maladies, 60 % des employés, dont 25 % souffriraient de sur-stress. Et ça concernerait un suicide par jour en France, et parmi les dirigeants d'entreprise, deux suicides par jour en France. Et donc, en plus de l'OMS, ces sources-là étaient l'ANACT, l'INRS, Ipsos, Malakoff-Médéric, l'Inserm et aussi l'OMS.

Tout ceci, ce sont des statistiques que j'utilise dans mes conférences depuis 15 ans. Mais si je les mets à jour aujourd'hui, il s'avère qu'ils n'étaient pas si à côté de la plaque que ça. Car s'ils disaient que 25 % en 2030 souffriraient de sur-stress, ça veut dire qu'ils seraient en burn-out ou à la limite du burn-out. Eh bien, aujourd'hui, c'est beaucoup plus grave que ça, puisqu'en 2022, 22,2 % des arrêts maladie ont eu lieu pour troubles psychologiques, c'est-à-dire dépression et burn-out. Donc, ils étaient parfaitement dans les clous, mais on a six ans d'avance. Le chiffre a augmenté de 5 % depuis 2020, éclatement de la crise sanitaire. Cette statistique concerne 1 actif sur 10 qui serait en situation délétère pour son bien-être psychologique. Voilà le joli contexte dans lequel nous nous trouvons.

Ce qui nous amène au fait que 40 % des salariés ont changé de poste dans les 12 derniers mois, contre 20 % avant la crise sanitaire en 2020. 79 % des salariés comptent changer de poste en cours d'année, 21 % de plus qu'il y a 4 ans. Voilà le contexte vachement rigolo dans lequel nous nous trouvons dans notre vie professionnelle. Et ça, c'est la réalité dans laquelle nous vivons aujourd'hui. Un véritable nœud gordien, alors que l'on nous dit que maintenant commence la véritable crise. Ce n'était pas en 2020 la crise sanitaire. On pensait qu'une fois que ce serait fini, tout reviendrait, toutes choses égales par ailleurs, comme auparavant. Non, non. Le déclencheur, quand il a explosé, ça nous a menés dans une roue de hamster terrible. Comment va-t-on faire ? Eh bien, je n'ai pas de réponse. Et c'est pour ça que je fais cet épisode. C'est qu'aujourd'hui, j'ai de plus en plus de conversations avec des personnes qui sont en burn-out, qui sont à la limite du burn-out, qui ne savent plus comment faire. Bon sang, ça devient un véritable fléau.

Le cerveau qui n'a pas évolué et la culture du super-héros

Comprenons maintenant en précision de quoi sommes-nous en train de parler et pourquoi les choses sont-elles aussi compliquées, mais parfois simples aussi à expliquer. Alors, nous faisons partie de ces générations qui avons été élevées — et c'est valable aussi pour les jeunes d'aujourd'hui — à la culture du super-héros. Alors moi, du haut de mes 51 ans, le super-héros que nous avons tous admiré était Superman. L'homme infaillible qui ne dormait jamais. Il travaillait toute la journée au journal de sa ville, et le soir, il sauvait le monde. On pense tous être des Superman et des Superwoman. Et notre société a été construite autour de cela. Tu dois être infatigable, tu dois être surpuissant, tu dois apporter une réponse à tous les problèmes, tu ne dois jamais faillir, tu dois être parfait, tu dois sauver le monde, tu dois sauver ta vie, tu dois sauver tes enfants, tu dois être un super-héros.

Et pourtant, ce n'est pas tellement le cas. Car en réalité, si nous regardons notre physiologie, nous ne valons pas plus qu'un bon vieux patachon d'homme de Cro-Magnon. Et pourquoi cela ? Eh bien parce que notre cerveau n'a pas évolué depuis 200 000 ans. Et l'homo sapiens que nous sommes — ou appelez-le homo economicus si vous voulez — cet homme-là, qui peut être un homme ou une femme, n'a pas de cerveau différent que celui de ses ancêtres ; pas australopithèques, homo erectus non plus, mais homo sapiens d'il y a 200 000 ans. Le cerveau n'a pas évolué.

Et ce cerveau-là est composé de trois petites parties que je vous ai déjà décrites. Le cerveau reptilien, qui est le cerveau archaïque, dont les programmes sont très très simples. C'est presque du binaire, c'est un ordinateur du début des années 80, si vous voulez, avec un kilo-octet de mémoire. Son objectif, c'est de perpétuer l'espèce, donc de sauver votre peau pour que vous puissiez perpétuer l'espèce. Et les programmes sous-jacents sont : manger, dormir, pipi, caca, se reproduire. Et — allez, respirez, bien évidemment. Et ça s'arrête là.

Le stress : programme de survie

Donc, pour pouvoir assurer ces programmes-là, il y a un autre programme très très important qui est celui du stress. Car le stress est la réponse à une menace. Et donc, quand vous êtes face à une menace, vous êtes dans une situation où il y a risque pour votre survie. S'il y a risque pour votre survie, il n'y a pas perpétuité de l'espèce. Donc, ce programme-là a pour but de s'assurer que vous restiez en vie pour que vous ayez des petits autant que possible. Du coup, le stress est une réponse à une menace.

Et dans la réponse à cette menace-là, nous avons trois réponses possibles, trois programmes possibles. Le premier, c'est l'attaque. Le deuxième, c'est la fuite. Et le troisième, c'est l'inhibition. C'est-à-dire que nous avons, à l'époque de Cro-Magnon, un petit programme qui s'assurait que, si vous sortiez de votre grotte pour aller acheter le pain et qu'au détour d'un virage vous retrouviez un mammouth enragé qui ne pensait qu'à une chose, c'est de vous embrocher, vous pouviez faire trois choses. Après un gros boost d'adrénaline : décider si vous lui en colliez une, c'est l'attaque ; décider si vous partiez en courant, c'est la fuite ; ou si vous décidiez de faire la boule avec vos peaux en vous disant « peut-être qu'il ne voit qu'une boule de poils et je passe inaperçu, il me prendra pour un opossum ». Les trois programmes sont ceux-là.

Bon stress, mauvais stress

Mais si je vous dis que le stress a pour but de sauver votre peau, forcément, vous allez vous poser la question suivante : le stress, du coup, il est bon ou il n'est pas bon ? Parce que s'il sauve ma peau, il est quand même bon. Et il y a d'autres personnes qui me diront : « Ouais, mais Iker, moi le stress, je le connais, et c'est parce que je suis stressé que j'ai fait toutes les choses que j'ai faites. C'est la petite boule au ventre qui me donne envie de passer à l'action et de faire. En fait, pour moi, le stress, il est bon. Je n'ai pas envie d'éliminer le stress dans ma vie parce qu'il me donne ce boost de motivation que j'ai. » Donc, le stress n'est pas mauvais. Ce n'est pas la cause de tous nos problèmes.

Je vais vous décrire quelles sont les composantes du stress positif, le bon stress, et du stress négatif, le mauvais stress. En faisant un petit disclaimer, comme disent les Américains, dans lequel je dirais que les puristes de la thématique me taperaient dessus s'ils m'entendaient dire ça. Parce qu'ils te diront : le stress, c'est du stress, un point c'est tout. Il n'y a pas de bon stress, il n'y a pas de mauvais stress. Le stress, ce sont des injections d'hormones, l'adrénaline, le cortisol, bla bla bla. Il n'y a pas de bonne adrénaline ni de mauvaise adrénaline. Donc, ce que tu dis, Iker, ce sont des idioties. Bon, ceci étant dit, je vais me permettre de classer le stress en bon et mauvais stress. Car il y a des contextes qui vont nous faire réagir différemment dans une situation de stress. Et c'est parce que ce contexte est là que nous allons interpréter le stress comme bon ou comme mauvais.

Donc, quels sont ces contextes-là ? Et là, je vais vous donner une énorme leçon de management qui a été l'une des plus grandes leçons de management que j'ai eues une fois que j'ai fait le burn-out. Peut-être l'une des plus importantes depuis le début de ma carrière. Et quand je parle de management, vous n'êtes pas obligé d'être en entreprise. Je veux dire que si vous avez des enfants en bas âge, là ils vous mettent au défi de toutes les règles de management que vous avez pu apprendre. Donc c'est applicable à tous les contextes de vie.

Le bon stress a quatre caractéristiques. Un, il est contrôlé. Deux, il est choisi. Trois, il est limité dans le temps. Et quatre, il apporte des feedbacks positifs, c'est-à-dire des récompenses. Ces quatre points-là font le stress positif. Mais le stress négatif, c'est la même chose à l'inverse. C'est un contexte où je ne contrôle que dalle, où je n'ai pas choisi d'être là, où les problèmes sont chroniques et où il n'y a pas de reconnaissance.

Maintenant, à travers ces quatre filtres-là, observez deux choses. Si vous êtes en stress, si vous êtes en fatigue chronique, regardez le monde dans lequel vous êtes. Est-ce que vous contrôlez ce qui vous arrive ? Est-ce que vous choisissez ce qui vous arrive ? Est-ce que ce que vous vivez a un terme déterminé ? Est-ce que vous avez de la reconnaissance et des récompenses dans ce que vous vivez ? Si la réponse à tout ça est négative, vous êtes dans un contexte de stress mauvais. Si la réponse est positive, vous êtes dans un environnement où le stress vous amènera des capacités pour vous surpasser.

Du coup, la première chose à faire, c'est de savoir quel est le pouvoir que vous avez de changer les variables négatives en des variables positives. Commencez à contrôler, commencez à choisir, commencez à limiter dans le temps, et commencez à vous faire plaisir et obtenir des récompenses. Car souvent, on croit que l'on n'a pas le choix. Mais sur ces quatre variables, on a beaucoup plus de choix que l'on ne croit. Par contre, ceci exige beaucoup de courage : prendre les décisions qui s'imposent pour transformer le négatif en positif.

Nous ne sommes pas égaux face au stress

Ensuite, nous allons parler aussi des spécificités liées au stress. Car tout d'abord, il y a une question d'âge. Et n'en déplaise à ceux qui m'écoutent, statistiquement, on considère qu'en dessous de 45 ans, on est jeune, et qu'au-dessus de 45 ans, c'est fini, on passe dans le monde des seniors. Moi, j'en ai 51, c'est mort pour moi. Mais j'ai fait le burn-out à 30 et quelques années.

Quand vous êtes jeune, donc moins de 45 ans, vous avez beaucoup plus de chances de faire un burn-out de la façon suivante. C'est-à-dire que votre corps est suffisamment agile et flexible pour pouvoir encaisser durement ce qu'il prend dans la figure. Et donc il va rentrer dans la phase d'épuisement, il va faire crack. Mais en faisant crack, plutôt que de le manifester avec une pathologie grave, ce qu'il va faire, c'est vous couper littéralement, vous scier les jambes. Vous allez vous retrouver alité pendant un mois à dormir, à ne plus pouvoir rien faire, à peine pouvoir vous lever. Eh bien, ça, c'est la déclaration d'un burn-out chez un jeune. Beaucoup de jeunes se mènent encore aujourd'hui à un tel niveau d'avancement parce que leur corps arrive à éviter les signaux médicaux graves qui font qu'on les arrête beaucoup plus tôt.

Pourtant, au-delà de 45 ans, ce sont souvent des signes avant-coureurs de pathologie qui vont faire que l'on vous mettra en arrêt maladie. Et faites très attention à ces signes avant-coureurs de pathologie, car votre corps est en train de vous dire où est-ce que ça va frapper, et ça va frapper fort si vous n'arrêtez pas. Le corps est en train de vous dire quels sont vos organes vulnérables — ce qui n'est pas faible. La vulnérabilité, c'est qu'ils ont moins de résistance que les autres organes. Mais à force de tirer, de tirer, de tirer sur la corde, on les épuise petit à petit, et c'est parce qu'ils sont moins résistants qu'ils vont craquer avant. Mais ils peuvent avoir la résistance d'un mammouth, ou d'une estampide de mammouths. Si vous tirez trop sur la corde, tôt ou tard, ça fera craquer. Donc il y a une question d'âge, et nous ne sommes pas tous égaux face au burn-out dans cette question-là.

Mais il y a une question de sexe aussi, de genre masculin ou féminin. Et je m'arrête à deux genres, car les statistiques s'arrêtent à deux genres : l'homme versus la femme. L'homme a tendance, dans une situation de stress, à se créer de nouvelles situations de stress, c'est-à-dire qu'il va mettre de l'huile sur le feu. Donc s'il y a du stress, pour répondre à ce stress-là, il va se mettre encore plus en mouvement et, sans le savoir, il va se créer encore plus de situations néfastes qui vont venir alimenter le stress, de l'huile sur le feu. La femme, au contraire, va venir encaisser, va venir prendre sur elle. Et en prenant sur elle, c'est une intériorité qui crée une cocotte minute sur le feu. Ça explose exactement de la même façon, mais pas suivant le même chemin.

Les déficits nutritionnels

Face au burn-out, nous créons tout un ensemble de déficits, des déficits nutritionnels, dus à plusieurs raisons. La première : le stress lui-même, étant hautement oxydatif, va venir exiger une consommation de beaucoup d'éléments nutritifs à votre corps. Si votre alimentation n'est pas parfaite pour amener les stocks nécessaires de ces éléments-là, on va créer des déséquilibres. Et donc, quand à un moment donné vous commencez à manquer une substance particulière dans votre corps — disons par exemple le magnésium, le zinc, la vitamine B, n'importe lequel — une fois qu'il n'y en a plus, le corps, ce qu'il va faire, il va venir rééquilibrer la donne en s'enlevant l'obligation d'aller chercher cette substance et en allant puiser une autre substance qui fera l'affaire, si vous voulez. Mais si les choses ne s'arrêtent pas, vous continuez à vous épuiser, la substance qui fait l'affaire numéro 2 sera épuisée aussi. Et vous passerez à une substance numéro 3, et 4, et 5, et 6. Et là, vous créez tout un ensemble d'enchaînements de déficits qui, quand vous arrivez à la dernière substance nutritive qui peut vous faire tenir debout et qui, celle-ci, est aussi épuisée, à ce moment-là, vous allez faire boum.

Et donc, là aussi, nous ne sommes pas tous égaux. Car certaines personnes mangeront de façon beaucoup plus saine que d'autres. Mais une chose est commune à toutes les personnes qui rentrent dans le stress chronique et dans le risque de burn-out : c'est que la fatigue fait que quand on arrive à la maison, on n'a plus de jus pour cuisiner et souvent on bascule vers de la malbouffe. De la bouffe industrielle, des trucs tout faits, des trucs que je mange sur le pouce, je commence à ne plus me faire à manger parce que je n'ai même plus de jus. J'arrive à la maison et j'ai juste à peine la force d'ouvrir une boîte, de la mettre dans une casserole et de la chauffer. Et c'est là qu'on commence à dégrader la qualité de notre nutrition, ceci rajouté au fait que le stress oxydatif va aussi dégrader la qualité de notre digestion. Et là, nous sommes dans un cercle vicieux qui concerne tout le monde, mais surtout les personnes qui ont moins de conscience de la qualité de ce qu'elles sont en train de manger.

Voilà le contexte du stress dans lequel nous vivons tous, avec le même petit cerveau d'hommes et de femmes de Néandertal, et comment celui-ci s'exprime. Mais allons maintenant un peu plus loin pour comprendre comment nous fonctionnons et surtout ce que nous pouvons faire pour sortir de ce cercle vicieux.

Un problème systémique : physique, émotionnel, mental

On viendra vous dire que le burn-out est une problématique psychologique. Mais ce n'est pas vrai. C'est une problématique physique : on tire trop sur la corde. C'est une problématique émotionnelle : on se déprime et on n'écoute pas ses émotions. Et c'est une problématique aussi psychologique et mentale.

Et quand on s'occupe de la partie psychologique et mentale, on se rend compte qu'il y a un environnement dans lequel nous avons grandi qui nous a défini un contexte de valeurs. Ces valeurs sont prédéfinies par les archétypes. Mais par souci de rendre ce podcast le moins long possible, je ne vais pas décrire le contexte des archétypes. On va juste dire que c'est un contexte dans lequel j'ai grandi. Les archétypes, ce sont comme des valeurs qui sont communément admises par notre société depuis au moins un siècle. Ces archétypes vont définir — influencés par l'environnement familial, l'école, le village dans lequel j'ai grandi, la société — vont définir mes valeurs. Les valeurs vont définir les comportements que je considère justes pour être quelqu'un de bien. Ces valeurs-là vont définir mes croyances. Mes croyances vont définir mes attitudes. Et mes attitudes vont définir mes comportements.

Et il faut savoir que depuis les archétypes, en passant par les valeurs, les croyances, les attitudes et les comportements, tout ceci est un enchaînement coercitif. Il y a une psychologie qui s'est construite, qui dit que si vous ne respectez pas l'alignement, la cohérence et la congruence de toutes ces choses que je vous ai citées, vous allez vous faire taper dessus par votre propre psychologie. Et plus vous montez dans l'importance dans la chaîne de valeur, c'est-à-dire plus vous vous rapprochez des archétypes, plus vous êtes en grand écart et plus vous allez vous faire psychologiquement souffrir. Votre programmation intérieure ne supporte pas que vous ne respectiez pas les archétypes, les valeurs, les croyances, les attitudes et les comportements. En fin de chaîne, c'est plus facile de changer ; en haut de chaîne, c'est très difficile de changer.

Pourtant, le burn-out, il nous amène quoi ? Il nous amène à une sorte d'imbroglio monumental où se mélangent des valeurs, des croyances, des attitudes et des comportements qui sont incompatibles avec votre santé et le contexte dans lequel vous êtes en train de vivre. Donc nous sommes déjà face à l'obligation d'une remise en question profonde des acquis que nous avons eus depuis tout petit, et qui nous demandent d'être d'une certaine façon déterminée dans notre vie et dans notre entreprise.

Thérapie brève ou thérapie longue ?

Et là, c'est la première base qui vous dit que la première aide dont vous aurez besoin, c'est d'une thérapie ou d'un accompagnement psy. Dans le contexte de burn-out, moi je suggère toujours de privilégier la voie des thérapies dites brèves, c'est-à-dire des thérapies qui, en quelques mois, vont amener des résultats extraordinaires. Alors que les thérapies dites longues, type psychanalyse, ce sont des thérapies qui vont durer des années pour des résultats parfois mitigés.

Pourtant, le burn-out, c'est quoi ? Le burn-out, c'est que vous êtes la tête sous l'eau et vous êtes en train de vous noyer. La thérapie brève, c'est l'équivalent de quelqu'un qui va s'approcher sur un petit bateau, va vous tendre la main, va vous prendre la main et va vous sortir la tête de l'eau. La thérapie longue, c'est quelqu'un qui va s'approcher avec son petit bateau, qui va vous regarder vous noyer et va vous poser des questions : « Bon alors, pourquoi tu crois que tu es en train de te noyer ? Que devrais-tu faire pour mieux nager ? Est-ce que tu penses que tu pourrais aller par-ci ou que tu pourrais aller par-là ? » Et toi, tu es là.

Donc, ceci est un conseil subjectif. Je vous suggère d'aller plutôt vers des thérapies brèves parce que vous obtenez des résultats rapides pour répondre aux problématiques que vous avez. Les thérapies longues auront tout à fait leur place après cette phase, dans un deuxième temps, pour mieux comprendre un certain nombre de choses que la thérapie brève ne vous permettra pas de comprendre. Pourquoi ? Parce que la thérapie brève va sortir le laser, va pointer exactement là où se trouve le problème qui vous fait couler, va dézinguer ce problème-là et vous permettre de sortir la tête de l'eau. Par contre, ce problème-là, il a tout un contexte global qui mérite de l'attention aussi. Et la thérapie brève aura plus de mal à vous permettre de résoudre toutes ces choses-là, et c'est là que les thérapies longues rentrent en ligne de compte. Donc, il n'y en a pas une qui remplace l'autre, elles sont à deux temporalités différentes.

Donc, premier conseil : pour sortir d'un contexte de burn-out ou de pré-burn-out, allez voir un ou une thérapeute. Vous gagnerez des années de difficultés, de maux de tête, de maux de ventre et de potentiel désarroi.

Neurosciences : 60 000 pensées par jour

Mais il n'y a pas que ça, car il y a une grande part de responsabilité que nous avons dans cette situation de mal-être que nous vivons. Et maintenant, permettez-moi de vous parler un peu de neuroscience. Car il s'avère que chaque jour, nous avons ni plus ni moins que 60 000 pensées. Et 90 % sont les mêmes. Et accrochez-vous : 85 % sont négatives. Et ça, c'est dans la vie de tous les jours quand tout va bien. Imaginez le contexte dans lequel vous êtes.

Mais c'est plus grave que ça. Parce que la neuroscience nous dit que nous programmons notre subconscient à base de répétition ou à base d'hypnose. Et il faut savoir aussi qu'une bonne visualisation — on en parlera tout à l'heure — peut être l'équivalent d'une auto-hypnose. Donc si vous avez 90 % des pensées qui sont les mêmes que la veille et 85 % négatives, et en plus vous avez le talent d'imaginer ce que vous pensez, c'est-à-dire de visualiser, vous êtes en train de vous faire une programmation puissance 10 pour que votre subconscient pilote votre vie. Et la neuroscience nous dit que la programmation de notre subconscient telle que je viens de vous le décrire concerne 95 % de tout ce que nous faisons.

Alors permettez-moi de répéter autrement ce que je viens de vous dire. Vous vous programmez en répétant des pensées négatives à 85 %, qui sont 90 % les mêmes. Bref, on programme un contexte de programme négatif dans notre subconscient, et tous ces programmes-là vont décider de 95 % de ce que nous allons faire dans la journée. Accrochez-vous bien. Ne vous étonnez pas, après, que vous tournez en rond, que vous vous prenez tout le temps les pieds dans les mêmes difficultés et que vous avez l'impression que rien n'avance. Et tout ça est la responsabilité de quoi ? Des 60 000 pensées par jour que vous répétez à 90 % tous les jours et que 85 % sont négatives. Probablement plus de 85 % si vous êtes dans une situation avancée d'épuisement.

Du coup, votre première responsabilité, c'est de commencer à changer cela. Et la première chose que vous avez à faire, c'est d'éteindre BFM TV et de ne plus acheter des journaux. Parce que toutes les informations qui vous sont données par les journaux télévisés, par les grandes chaînes de médias, sont des informations anxiogènes, négatives, qui alimentent le sensationnalisme négatif, la peur et la colère. Bref, tout ce qu'il ne vous faut pas aujourd'hui pour pouvoir vous sortir de l'espace dans lequel vous êtes. Donc, goodbye : vous éteignez la télé, vous arrêtez de vous informer avec ça, vous arrêtez les chaînes YouTube et toutes les choses qui vous mettent du négatif dans la tête, et vous choisissez ce que vous vous mettez dans la tête et, forcément, essayez d'aller chercher des inspirations positives.

S'occuper du corps : la respiration

Mais est-ce suffisant ? Non, il y a encore tout un certain nombre de choses que nous devons faire, et ça va commencer par écouter, regarder et s'occuper de notre corps, car tout passe par lui. Ainsi, une fois que vous avez pris conscience de l'impact de vos pensées, vous revenez à la base fondamentale et vous vous rendez compte que tout, absolument tout dans cette vie passera avec et à travers votre corps. Du coup, on va venir s'occuper de lui.

Et la première chose que vous allez regarder, c'est forcément, si vous n'avez plus de jus : quelles sont les sources d'énergie qui sont les miennes ? Et quelle est la principale source d'énergie au quotidien ? Eh bien oui, c'est l'oxygène. Arrêtez-vous de manger, vous tiendrez un mois, voire plus, avant d'avoir des problèmes sérieux. Arrêtez-vous de boire, vous tiendrez une semaine, voire plus, avant d'avoir des problèmes sérieux ou très sérieux. Arrêtez-vous de respirer et vous en avez pour quelques minutes. Du coup, occupons-nous de la première source d'énergie et de vie que nous avons : la respiration.

Et là, on découvre que nous utilisons en moyenne 10 % de notre capacité pulmonaire. 10 % de notre capacité pulmonaire en temps normal. Ça veut dire que 90 % de nos capacités de respiration, nous ne les utilisons pas. Et moi qui n'ai pas de jus, si je peux vous dire qu'en respirant je peux récupérer beaucoup plus d'énergie, toutes choses restant égales par ailleurs, eh bien ça mérite d'être suivi. Du coup, la première chose que vous devez faire, c'est apprendre à respirer.

Et là, j'ai une très très bonne nouvelle. Parce qu'il y a 15 ans, quand moi j'ai fait le burn-out, la respiration, on n'en parlait jamais. Moi, ce qui m'a sauvé, c'est de faire du qigong, d'apprendre les quantités de types de respiration différentes qui existent, et d'approfondir ma découverte de la respiration. Aujourd'hui, on a la chance qu'il existe pléthore de spécialistes de la respiration qui ramènent à l'ordre du jour des connaissances millénaires et qui divulguent ça de façon extraordinaire. Le principal d'entre eux étant Wim Hof, W-I-M et le nom H-O-F, qui a battu une trentaine de records Guinness d'exposition au froid. Il est monté sur l'Everest en tongs et en maillot de bain, je vous jure, il a fait ça. Eh bien, cette personne-là a développé des techniques de respiration extraordinaires qui sont hallucinantes. Mais il y a d'autres personnes qui pourront vous accompagner à ça. D'autres pratiques comme le qigong, comme le tai chi, comme le yoga, vous aideront aussi à réapprendre à respirer. Et c'est la première chose que vous devez faire.

Écouter son corps : des petits bobos aux grosses alertes

Ceci va vous amener à une deuxième étape : c'est l'obligation d'apprendre à écouter. Mais à écouter quoi ? Pas les autres : vous. Et quand je dis « écoutez-vous », on écoute quoi ? Vos ressentis. Si vous en êtes là où vous en êtes, c'est parce que vous vous êtes coupé de votre corps. C'est que probablement au sud de votre menton vous ne sentez plus rien. On pourrait vous pincer les tétons, mais vas-y bien fort, vous ne sentirez plus rien. Les pieds, vous savez à peine que vous en avez deux. Eh bien, vous devez réapprendre à écouter votre corps et tout ce qu'il vous dit, car c'est lui qui s'exprime depuis des lustres et que vous n'écoutiez pas, et c'est lui qui va vous dire exactement ce qu'il vous faut, au moment où il vous le faut. Et là, vous allez tendre l'oreille et vous allez apprendre à l'écouter.

Et vous allez vous rendre compte que le burn-out, en fin de compte, ce n'est pas quelque chose qui vous a explosé à la figure, genre « j'ai gagné au mauvais loto ». Non, ça fait des années que votre corps vous parle.

Au début, avec des petits bobos. J'ai mal au genou, j'ai mal au dos, j'ai une pointe dans le dos, j'ai une toux qui ne passe pas. Et tout ça, c'est des petits bobos tellement petits qu'ils ne méritent pas que vous alliez voir le docteur. Et donc, vous n'y allez pas. Et ce n'est pas le petit bobo qui est préoccupant, c'est la quantité de petits bobos en simultané qui est préoccupante. Et là, vous vous dites : « Ah, c'est vrai que j'ai des problèmes de digestion, des maux de dos, des problèmes d'articulation, de cervicales, des maux de tête, des problèmes dentaires... En fin de compte, j'en ai tout le temps, et tout le temps beaucoup. » Ah, premier signal. Si vous aviez écouté votre corps à l'époque, vous vous seriez dit « là il y a un petit truc ». Sauf que comme vous ne l'avez pas écouté, on passe à l'étape suivante.

Et des petits bobos, on passe aux gros bobos. Les gros bobos, c'est quand le corps, on ne l'écoute pas, il va envoyer des signaux plus forts. Ils ont une chose en commun : ces signaux plus forts vous obligent à vous allonger. Ça, c'est un indicateur. Donc, c'est par exemple la grosse grippe ou la grosse angine qui ne passe pas. « Ça fait un mois et demi, je suis chafouin tout le temps. Ça fait trois semaines d'arrêt maladie que je viens d'avoir. Je reviens au boulot, je repars en arrêt maladie. » C'est un bon vieux lumbago qui te couche pendant un mois au lit. Ça, ce sont les gros bobos.

Mais si on n'écoute pas les gros bobos, le corps, il fait quoi ? C'est comme un gamin. Le gamin, quand vous lui dites de faire quelque chose, il ne vous écoute pas, vous faites quoi ? Vous haussez le ton. Des petits bobos, vous êtes passé aux gros bobos. Le corps, il va passer ensuite aux alertes. Les alertes, ce sont maintenant des choses un peu plus graves, qui, même si vous ne voulez pas, vous serez obligé de vous arrêter. Par exemple, vous descendez un trottoir, vous vous cassez la cheville. Vous vous faites un croisé. Bam, c'est mort. Là, il n'y a plus moyen. Je dois me faire opérer, je suis bloqué, je ne vais pas pouvoir bouger, j'en ai pour six mois. Et ton corps, ce qu'il fait, il te crée un problème. Mais il sait que soigner ce problème, le jus que ça t'exigera de soigner ce problème, est inférieur à la quantité de place que tu lui permets d'avoir pour soigner tout le reste. Donc, il va te pousser à te blesser pour te permettre de te guérir. Ce n'est pas un truc complètement ouf. Ça, ce sont les alertes.

Mais si vous n'écoutez pas les alertes, vous tombez alors dans les grosses alertes. Et là, ce sont des alertes qui non seulement vous obligent à vous arrêter, mais qui vous font flipper, que vous n'en pouvez plus. C'est-à-dire que vous allez peut-être croire que vous allez faire un infarctus. Vous allez avoir soudain une petite bosse qui pousse et vous dites : « Tiens, peut-être que c'est une tumeur », vous craignez d'avoir un cancer, etc. Et là, pendant des jours, des semaines, vous allez avoir la peur au ventre de savoir quel sera le diagnostic médical de ceux qui viennent de sortir. Ça, on commence à être dans les grosses alertes.

Et donc, si vous êtes dans un contexte de fatigue chronique et de risque de burn-out, vous allez pouvoir reconnaître que vous aviez un paquet de petits bobos que vous n'avez pas écoutés, de gros bobos par la suite, d'alertes et peut-être même de grosses alertes. Si vous en êtes là, vous commencez à être dans la zone de danger. Alors faites gaffe, car votre corps est en train d'arriver à ses limites si vous êtes déjà au niveau des grosses alertes. Et le seul moyen, c'est de vous écouter. C'est d'entendre ce que dit le corps, mais de faire quelque chose en retour. C'est ça, écouter. Sinon, ça rentre par une oreille — oui, j'ai entendu — mais ça sort par l'autre. Et ça, c'est la deuxième chose que vous devez entendre.

Manger et bouger

Mais en vous occupant de votre corps, il y a deux autres choses qu'il va falloir faire : manger et bouger. Je vous ai expliqué l'histoire des déficits tout à l'heure. Donc, si vous voulez vous éloigner du risque de burn-out ou bien récupérer, vous allez devoir réapprendre à manger. Réapprendre à manger, c'est donner à votre corps les nutriments dont il a besoin pour pouvoir se nourrir tel qu'il en a besoin.

Il faut savoir que les fameux déséquilibres dont j'ai parlé tout à l'heure ont un enchaînement très très précis. Alors, juste pour l'exemple — car je n'ai pas l'enchaînement exact ici devant les yeux, j'aurais pu le faire pour bien préparer cet épisode, vous m'en excuserez — on va imaginer pour l'exemple que le magnésium, quand il s'épuise, votre corps va l'épuiser sur le zinc. Quand le zinc s'épuise, il va l'épuiser sur le fer. Quand le fer s'épuise, il va aller sur la vitamine B6, par exemple, ou B12. On va imaginer qu'il y a cet enchaînement-là. Si à un moment donné, vous vous rendez compte que vous manquez de magnésium, et vous prenez du magnésium, votre corps ne l'assimilera pas tant qu'il n'aura pas assimilé d'abord ce manque en vitamine B12, ensuite ce manque en fer, ensuite ce manque en zinc, pour ensuite arriver au magnésium. Donc, si on a créé les déficits et les déséquilibres et qu'on a épuisé ces quatre substances, votre nutrition devra d'abord remplir le dernier stock qui s'est vidé, puis l'avant-dernier, puis l'autre avant-dernier. Si vous essayez de faire le plein de substances qui sont trop loin dans la chaîne de la récupération, vous n'assimilerez rien.

C'est ce qui explique parfois qu'il y a des personnes qui font des anémies : elles sont en manque de fer, elles prennent du fer, elles prennent du fer, elles ne l'assimilent pas. Elles refont des tests sanguins et tout est exactement pareil. Pourquoi ? Parce que l'épuisement a fait qu'il y a d'autres substances qui doivent être récupérées avant pour pouvoir ensuite faire la récupération du fer. Donc, le seul moyen que vous avez de comprendre ceci, c'est d'aller voir un micronutritionniste. Ça peut coûter relativement cher. Il va vous faire des bilans sanguins et, très précisément, va vous dire : « OK, avant de s'occuper du fer, on va par exemple s'occuper de la vitamine B6 ou B12 », si l'on reste dans l'exemple que nous avons donné. Et ce micronutritionniste, étape par étape, vous donnera exactement ce que vous allez faire, à quel moment vous devrez le faire.

Et ensuite, il y a des grands fondamentaux. Et les grands fondamentaux, c'est de questionner ce que vous mangez. De questionner la qualité de ce que vous mangez. La première chose qui sera à éliminer et à bannir complètement, c'est la nourriture industrielle. Toute forte de tous les E je-ne-sais-pas-combien, de tous les conservateurs et tout ce qui vient avec. La nourriture industrielle est létale pour la récupération de notre corps. Commencez à cuisiner maison, et quand vous commencez à cuisiner maison, vous allez vous rendre compte que la nourriture bio vous fait beaucoup plus de bien, parce que vous avez écouté votre corps et vous vous rendez compte que la digestion, qui est souvent difficile en situation de stress, est nettement meilleure quand vous prenez des aliments de bonne qualité. Ça peut être particulièrement onéreux aussi, mais le fait que vous cuisiniez chez vous vous permettra d'économiser une certaine quantité d'argent que vous dépensiez avant, souvent en restaurant et autre chose.

Donc, l'écoute du corps vous permet de mieux manger. Mais il ne suffit pas de manger, il est nécessaire aussi de se mettre en mouvement pour libérer l'énergie et les toxines. Et donc, on n'est pas en train de parler de faire du sport de ouf, parce qu'il y a beaucoup de personnes qui n'aiment pas. On parle d'activité physique, du mouvement. Aller marcher tous les jours est suffisant pour considérer que votre corps se met en mouvement. Donc, pas besoin de faire un marathon ni un ultra-trail.

Mais là, j'ai un message pour ceux et celles d'entre vous qui aiment pousser à fond dans leur vie du quotidien et qui sont des sportifs accomplis. Certaines personnes qui sont en cheminement vers le burn-out ne peuvent se libérer de la tension intérieure qu'ils ont, mentale et physique, qu'en faisant beaucoup de sport. Et beaucoup me disent : « Iker, j'ai besoin de cette pratique-là parce que c'est le seul moment où j'ai le cerveau qui lâche. » Et on recherche, un, les endorphines, c'est-à-dire les hormones du bien-être qui sont sécrétées par la pratique sportive, mais aussi ce moment magique où soudainement tout lâche. Et là, qu'est-ce que ça fait du bien ! Mais au début, je pouvais courir 5 km et j'atteignais cet état-là. Après, il me faut 10 km. Et à un moment donné, on arrive : il me faut faire un marathon pour pouvoir arriver à cet état-là. Et donc, ces personnes-là, quand elles sont en fatigue chronique, elles se créent un contexte dans lequel elles mettent de l'huile sur le feu : pour pouvoir lâcher leur cerveau, la seule solution qu'elles ont trouvée, c'est de se fatiguer encore plus. Donc attention aux fans d'ultra-trail et autres sorties de très très longue durée. Vous pourriez être en train de vous faire plus de mal que de bien si vous reconnaissez que la quantité de symptômes que je suis en train de vous décrire vous concerne aussi.

Se recaler : le décalage horaire du stress

Et là, on a fait un bon tour d'horizon, mais il nous reste deux, trois petites choses à savoir encore. Et là, nous allons parler de récupération, car il va falloir apprendre à se recaler. Et se recaler, c'est quoi ? C'est arrêter de se décaler. Et nous allons parler ici maintenant de décalage horaire du stress. Permettez-moi de vous expliquer ça.

Il y a deux hormones importantes dans notre cycle circadien, c'est-à-dire dans le cycle de la journée. Une, le cortisol, et deux, la mélatonine. Le cortisol est une hormone qui nous maintient éveillés. La mélatonine est une hormone qui nous endort. Quand nous nous réveillons, c'est que notre corps a sécrété suffisamment de cortisol pour nous sortir du sommeil. Et le long du début de la journée, les taux de cortisol dans le corps augmentent, augmentent, augmentent. Et ils arrivent à leur zénith à peu près vers midi. Et à partir de midi, ils commencent à descendre. Et ils descendent, ils descendent, ils descendent. Alors que quand le cortisol descend, la mélatonine, qui lui est directement liée, augmente. C'est-à-dire qu'ils ont une relation inversée, opposée, on va dire. Quand il y en a beaucoup de l'un, il y en a très peu de l'autre. Donc quand le cortisol commence à descendre, la mélatonine commence à augmenter. Et il arrive un moment, vers la fin de l'après-midi, où les volumes de mélatonine que nous avons dans le sang sont suffisamment importants pour nous donner un petit coup de barre. Et ensuite, ils vont nous inviter à dormir et ils atteindront leur zénith au milieu de la nuit. Ensuite, ils commenceront à descendre et le cortisol commencera à augmenter, jusqu'au moment où il y en aura suffisamment dans le sang pour nous permettre de nous réveiller. Jusque-là, tout va bien.

Mais il y a une autre relation qui est liée au cortisol, et c'est l'adrénaline qui la crée. Le stress, si on parle d'hormones, est d'abord une sécrétion d'adrénaline. L'adrénaline, c'est une hormone qui a une durée de vie d'à peu près 20 secondes. C'est un gros shoot qui vous met complètement alerte. Et en vous mettant complètement alerte, il va vous mettre en mouvement. Il va vous permettre, quand vous voyez le mammouth, de partir en courant à 1000 km heure, de façon à ce que le mammouth reste bien derrière. Mais elle ne dure que 20 secondes. Et pourquoi dure-t-elle 20 secondes ? Parce que le cortisol, lui, qui est l'autre hormone du stress, a un autre rôle : c'est lui le bon vieux diesel de notre organisme. C'est la deuxième hormone du stress, mais par contre, une fois qu'il est activé, il peut vous faire tenir pendant des kilomètres. Mais il a besoin de 20 secondes pour se mettre en route. C'est pour ça qu'il fait équipe avec l'adrénaline. Comme ça, l'adrénaline vous donne le coup de fouet et, quand l'adrénaline n'est plus, c'est le cortisol qui prend le relais. Et là, allez-y, le mammouth, il va s'épuiser avant vous.

C'est l'une des caractéristiques de l'être humain. Celle qui expliquerait que nous soyons restés en vie pendant tous ces millénaires alors que nous avons des petites dents, nous n'avons aucune arme, aucune serre. Comment a-t-on fait pour survivre ? Eh bien, l'une des théories dit que nous étions ceux qui étions les plus endurants et les plus en capacité d'épuiser nos prédateurs par l'endurance. On courait, on courait, on courait. Et celui qui voulait nous bouffer, il pouvait s'accrocher : on pouvait courir beaucoup plus longtemps. C'est lui qui tombait de fatigue avant nous. Et c'est comme ça qu'on a fait perdurer notre espèce. Bref, je ferme la parenthèse.

Programmés pour 5 mammouths, on en subit 75

Le cortisol et l'adrénaline sont reliés. Sauf que nous avons un petit problème. Parce que si notre cerveau n'a pas changé depuis 200 000 ans, notre style de vie, lui, a quand même pas mal changé. Et il s'avère que la nature, qui fait très très bien les choses, elle s'est dit : « Je vais sauver ce bonhomme de tous les risques qu'il aura de se faire embrocher par un mammouth. » Elle s'est dit : « Statistiquement, combien de mammouths enragés peut-il trouver en sortant de sa grotte pour aller acheter du pain ? » Et là, elle s'est dit : « Allez, s'il n'a vraiment pas de chance, un, deux mammouths. » Il faut dire que les mammouths ne vivent pas en bande. Ce sont des êtres relativement isolés. Donc, si tu en trouves un au détour d'une grotte, il y a peu de chances que tu en trouves un deuxième au détour de la grotte suivante. Mais la nature se dit : « Écoute, au cas où, allez, on va lui donner quoi ? Un, deux mammouths ? Non. » Elle y est allée bourrin. Elle s'est dit : « Cinq mammouths. Le mec, il n'a vraiment pas de chance. » Du coup, on a été programmés pour pouvoir encaisser, tout en restant en bonne santé, 5 influx de stress par jour, équivalents à un mammouth qui veut t'embrocher.

Maintenant, on revient à la vie moderne et réfléchissez dans votre tête et dites-vous : combien de mammouths subissons-nous en une seule journée ? Et réfléchissez bien, parce que nous sommes programmés pour en recevoir 5. Et dites-vous que le mauvais coup de fil au mauvais moment par la mauvaise personne fait l'effet équivalent d'un mammouth. Vous n'avez pas besoin d'avoir un 38 tonnes qui vous fonce dessus. Alors nous allons faire cesser le suspense extraordinaire qui vous tient aux tripes : nous subissons en moyenne, dans une journée normale, 75 influx de stress par jour. Oui, vous avez bien entendu. Vous êtes programmé pour en supporter 5. Vous en prenez 75 par jour, et ça, c'est une journée dite normale.

Maintenant, rembobinons. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que 75 fois par jour, vous avez une injection d'adrénaline suivie de cortisol. Injection d'adrénaline suivie de cortisol. Et à un moment donné, votre cerveau ne comprend plus rien. Et à force de recevoir des injections d'adrénaline suivies de cortisol, à un moment donné, il dit : « C'est quoi, coco ? On va s'arrêter là. Je vais te mettre du cortisol jusqu'à ce qu'il te sorte par les oreilles. Comme ça, dès que tu en auras besoin, on est prêts. Parce que moi, je ne peux pas, c'est trop, là. C'est à devenir fou. Moi, je suis programmé pour en supporter 5, pas 75. Donc, pour rester dans les clous et ne pas crever dans cette sorte d'attaque permanente de mammouths enragés, on va se mettre du cortisol en veux-tu en voilà. »

Et ça, ça va créer un problème. Et c'est qu'on revient maintenant à la mélatonine et le cortisol. C'est-à-dire que vous commencez la journée, vous vous réveillez, tout va bien. La courbe de cortisol remonte et le stress de la journée avec le boulot remonte aussi. Du coup, la courbe de cortisol, quand elle monte, elle est accompagnée de toutes les injections de stress et du cerveau qui dit « je t'envoie du cortisol à n'en plus pouvoir ». Et là, vous avez un maximum de cortisol dans le sang, et la courbe qui devait commencer à descendre à midi, elle ne descend pas. Elle reste stationnaire. Et le seul moment où elle commence à descendre, c'est quand les influx de stress s'arrêtent, souvent quand la journée du boulot arrive à sa fin. Et à ce moment-là, la courbe de cortisol, ouf, peut enfin commencer à descendre. Et là, vous avez un méga coup de barre à 18 heures. Et vous savez ce que c'est, le coup de barre de 18 heures ? Le décalage horaire créé par ce plafond de cortisol — eh bien ce coup de barre, c'est la sieste. Le coup de barre de la sieste, vous l'avez à 18 heures. Car tout s'est décalé d'à peu près 4-5 heures.

Et donc, le cortisol commence à descendre. Et vous devez considérer votre journée comme décalée de 5 heures. Ainsi, quand le soir arrive, il est 5 heures de l'après-midi pour vous. Il n'est pas 22 heures. Vous pétez la forme. Qui plus est, c'est le moment où le téléphone ne sonne plus. Donc beaucoup d'entre nous prennent les trucs du boulot et travaillent le soir. « Ah oui, là, je suis hyper efficace le soir. » Tu m'étonnes. Il n'y a personne qui t'enquiquine. Et en plus, tu as le jus de quelqu'un qui vient tout juste de commencer son après-midi. Donc bien évidemment que tu es efficace.

Mais après, on a un problème. Et c'est que quand vous allez au lit — parce que votre conjoint vous appelle « allez, couche-toi, il est tard » — et que vous vous couchez, allez, on va dire à 23 heures. Votre corps, il se couche à 18 heures parce qu'il a du décalage horaire du stress. Donc à 23 heures, il n'y a personne pour dormir. Et là, vous êtes là, à regarder le plafond. Finalement, vous réussissez à vous endormir vers 1 heure, 2 heures du matin. C'est-à-dire, quand il commence à être 20 heures, 21 heures, comme vous êtes fatigué, c'est une heure correcte pour s'endormir. Mais il est 1 heure, 2 heures du matin. Décalage horaire du stress.

Mais après, il y en a un qui, lui, n'a jamais de décalage horaire. Et lui, c'est qui ? C'est lui qui, à 6 heures du matin, vous réveille. Ce damné réveil qui, tous les matins, vous arrache à un sommeil profond. Et là, vous avez la gueule enfarinée. Vous n'en pouvez plus. Vous étiez au fond de votre sommeil et vous savez que vous devez vous réveiller. Eh bien, c'est normal, parce que pour votre corps, il n'est pas 6 heures du matin. Il est 1 heure du matin. Et tous les jours, vous vous forcez à vous réveiller à 1 heure du matin après avoir dormi 3 heures. Ça ne va pas. Votre corps ne va pas bien. Du coup, vous faites quoi ? Vous descendez en pilote automatique devant la machine à café. Vous vous faites couler un bidon et vous mettez de l'huile sur le feu. Car sur un corps déjà fatigué et en stress, vous lui donnez quoi ? De la caféine, histoire de le fatiguer encore plus en lui donnant plus d'excitants. Alors que ce dont il a besoin, c'est de récupérer de ces années de décalage horaire, bon sang.

Donc, la première chose nécessaire à faire, c'est de réapprendre à se recaler du décalage horaire du stress. Donc un contrôle des influx de stress de la journée — transformer le stress négatif en stress choisi réduira le nombre d'impacts que vous allez avoir — mais aussi les activités que vous allez pouvoir intégrer dans votre vie, notamment, entre autres, mais très importante, la méditation, pour vous aider à baisser le niveau de stress et vous permettre de mieux récupérer de cet ensemble d'attaques irrémédiables de 75 mammouths par jour. Et ceci va vous permettre de comprendre qu'il est possible de se reposer et de récupérer autrement.

Récupérer vraiment : 15 jours et les « siestes cochonnes »

Mais ce serait trop beau si ça s'arrêtait là. Parce qu'en réalité, on apprend aussi que nous commençons physiquement à nous récupérer, quand nous sommes en vacances, qu'au bout de 15 jours de repos. C'est ce qui explique que quand vous partez une semaine en vacances et vous revenez, vous dites : « Pouf, j'ai l'impression que je ne suis pas parti. » Eh bien, vous n'avez pas commencé à vous reposer. Donc cette semaine-là, elle a un goût un peu de pas grand-chose. Quand vous partez 15 jours et vous revenez, vous dites à vos collègues au retour : « Je commençais tout juste à me reposer », parce que c'est exactement ça. Donc si vous ne prenez pas des vacances qui durent plus de 15 jours d'affilée, votre corps va avoir du mal à récupérer.

Donc il ne suffit pas de dormir. Et notamment pour l'épuisement qui se rapproche du burn-out ou après le burn-out, dormir la nuit n'est plus suffisant. Et il va falloir faire des siestes, parfois des très grosses siestes — j'appelle ça les siestes cochonnes — qui vont durer 30 minutes, 1 heure, 1 heure et demie, parfois 2 ou 3 heures. Eh bien ces siestes-là sont nécessaires, car pour vraiment pouvoir recaler votre sommeil et recaler votre récupération, il ne suffira pas de vous endormir, et il ne suffira pas de faire la peau au décalage horaire du stress. Il vous faudra aussi retrouver un équilibre. Et on vous dira souvent : « Dis, tu t'es fait piquer par une mouche tsé-tsé ou quoi, parce que tu ne fais que dormir ? » Mais ceci est nécessaire pour recaler la fatigue.

Apprendre à dire non

Mais ensuite, une fois qu'on a fait tout ça, on commence à être vraiment pas mal. Mais, mais, mais, ce n'est pas tout. Car si l'on revient à nos croyances, nos attitudes, etc., il y a une compétence que nous devons acquérir avant tout et surtout : c'est apprendre à dire non. Les personnes qui souffrent de burn-out souffrent d'une maladie gravissime qui s'appelle la « ouïte aiguë ». Pour les raisons qui soient — je dois, il faut, je n'ai pas le choix, ou tout simplement parce que je n'ose pas dire non, parce que je ne veux pas blesser, parce que j'ai l'impression que je n'ai pas d'autre choix — on s'en fout. La « ouïte aiguë » vous met dans un risque de burn-out. Et donc, vous devez apprendre à dire non.

Et surtout, et très particulièrement, à une population très très particulière que vous n'aurez aucun mal à identifier. Vous devez apprendre à dire non au con. Et c'est là que je m'excuse d'avoir utilisé un gros mot, mais on ne peut pas le nommer autrement, parce que c'est le fait de dire oui à ce genre de personnes et à leurs exigences qui fait qu'un jour on risque de finir dans un lit d'hôpital. Le jeu n'en vaut pas la chandelle.

La condition sine qua non : apprendre à s'aimer

Mais quand je vous ai raconté tout ça, il y a une condition sine qua non pour pouvoir y arriver. Une seule, essentielle, et qui exige beaucoup. Et c'est que la première chose que vous allez devoir apprendre pour pouvoir appliquer tout ça, c'est réapprendre, ou apprendre, à vous aimer. Apprendre ou réapprendre à vous respecter. Trop donner au travail, c'est se voler à soi-même. Trop donner au travail, c'est risquer le burn-out, parce qu'on a fait s'éteindre son cœur. Et la première chose que vous devez faire, c'est apprendre à vous aimer vous, pour apprendre à vous respecter vous, pour réapprendre à aimer la vie autrement.

Comment s'en sortir : une armada de professionnels

Ainsi, maintenant que vous avez écouté cet épisode, vous voyez qu'il y a plein de portes d'entrée qui expliquent que nous soyons sur le burn-out. Il y a des choses que je n'ai pas citées, je pourrais encore aller plus loin, mais l'épisode aurait été très long. On aurait pu parler de digestion, de comment le stress bloque la digestion et influence aussi la façon dont nous assimilons la nourriture, etc. J'ai fait l'impasse exprès pour me focaliser sur ce qui sont les difficultés les plus importantes que nous vivons.

Mais maintenant, comment pouvez-vous faire pour vous sortir de cette situation ? Eh bien, la recommandation, le SOS, la base la plus fondamentale, c'est que d'abord, vous devez aller voir un médecin, un médecin qui puisse vous suivre. Mais ce ne sera pas suffisant, parce que la médecine conventionnelle a une vision linéaire des problématiques, et le burn-out est systémique slash holistique. Systémique, ça veut dire qu'il y a plein de sources dans votre vie qui vous amènent au burn-out. Il n'y a pas que le travail. Il y a votre état d'être intérieur, il y a votre environnement social, familial, et aussi votre travail. Donc, il y a une logique du système dans lequel vous êtes, c'est le contexte. Et ensuite, il y a une logique holistique, c'est-à-dire que c'est global. Ça veut dire que ça concerne le corps, le cœur, le mental, l'esprit et votre énergie. Cinq dimensions concernées. Et le médecin ne pourra pas adresser les cinq. Ce n'est pas dans sa logique. Il va vous donner une réponse aux symptômes que vous avez. Mais il ne vous parle pas de votre énergie, il ne vous parle pas de votre esprit, il ne vous parle pas de vos émotions. Et donc il vous sera nécessaire de vous rapprocher de spécialistes qui vous aideront à rééquilibrer tout ça.

Pour le corps

Donc, pour le corps, d'abord le médecin. Ensuite, un bon kiné ou, mieux encore, un bon ostéo-chiropracteur. Pourquoi c'est mieux, ostéo-chiropracteur ? Parce qu'eux, ils ont une vision holistique. Et donc, ils verront d'autres dimensions. Le kiné, c'est le mécano du corps : vous avez mal au dos, il va vous soigner le dos. Ce qui est déjà très bien. Mais l'ostéo, il vous soignera le mal au dos et il vous dira aussi quels sont les enchaînements dans les cinq dimensions qui ont amené à ce mal de dos. Et parfois, vous allez vous retrouver avec des problèmes de cheville, comme c'était mon cas — avec de grosses problématiques de cheville qui m'empêchaient de pratiquer du sport normalement — et qui n'étaient dues qu'à des problématiques dentaires. Donc, aller chercher des causes à effet, c'est ça, la vision holistique.

Donc, vous avez votre médecin, vous avez ensuite un ostéopathe ou un chiropracteur qui vont vous accompagner. Mais vous allez aussi aller voir un nutritionniste, en priorité un micronutritionniste qui vous fera des bilans sanguins et, à travers ces bilans sanguins, vous accompagnera dans la récupération des différents nutriments nécessaires dans votre organisme pour que vous vous éloigniez du risque de burn-out, ou pour que vous récupériez le plus vite possible.

Une fois que vous avez fait ça, pour vous occuper du corps, vous allez aussi faire des massages. Alors les massages, ils ont un double impact positif. Le premier, c'est de renouer avec le fait de vous faire plaisir. Si vous êtes près du burn-out, c'est que vous subissez votre vie, vous avez oublié de vous faire plaisir. C'est une façon aussi de vous dire que vous vous aimez. C'est une façon de vous reconnecter avec des sensations positives et agréables. Donc vous vous faites masser pour toutes ces raisons-là. Mais le fait de vous faire masser va aussi développer l'écoute de vos sensations. Vous allez sentir quelqu'un vous toucher le corps et ça va développer le ressenti, ce qui va développer votre aptitude à sentir ce qu'il se passe dans votre corps et à apprendre le langage du corps pour mieux l'écouter et vous éloigner des risques qui vont avec les difficultés que vous traversez.

Pour l'émotionnel, le mental et l'esprit

Du coup, voilà le nombre de professions qui sont nécessaires. Mais ce n'est pas tout. Parce que quand on rentre dans l'émotionnel, le mental et l'esprit, on va devoir aller voir les thérapeutes dont je parlais tout à l'heure. Et ils peuvent être nombreux. Il y a la thérapie brève, essentielle, extrêmement importante. Mais souvent, quand on commence à faire attention à tous les sacs à dos que l'on porte sur le dos, on se rend compte que parfois ce sont des problématiques familiales. Dans ce cas-là, vous allez voir un thérapeute en constellation familiale, par exemple, ou en psychogénéalogie. Donc, quand vous commencez à tirer le fil de la bobine, vous vous rendez compte que suivant les thématiques que vous êtes en train de soulever, parfois, il y a des thérapeutes beaucoup plus adaptés à ces thématiques-là que d'autres. Donc, nous avons là une famille de personnes que nous allons pouvoir solliciter pour nous sortir de la problématique dans laquelle nous sommes.

Pour l'énergie

Et quand il s'agit d'énergie, vous allez voir un thérapeute bio-énergéticien ou un magnétiseur. Le rôle, c'est quoi ? C'est de lire votre énergie et de la rééquilibrer. Si ces métiers-là ne sont pas trop votre came, si ce ne sont pas des trucs que vous aimez parce que vous les trouvez un peu perchés ou quoi que ce soit, allez voir un acupuncteur. L'acupuncteur, il va s'occuper de la circulation de l'énergie vitale dans votre corps. En vous apposant des aiguilles, il va vous apporter un bien-être extraordinaire en une seule séance. Il est nécessaire de répéter les séances, et l'acupuncteur vous dira à quelle cadence. Souvent une fois par semaine, une fois tous les 15 jours quand vous êtes dans le rouge vermillon. Et après, c'est une fois par mois jusqu'à ce que vous arrêtiez. Ça, c'est l'acupuncteur. Mais l'acupuncteur, c'est un peu comme le kiné de l'énergie. C'est le mécanicien. Il va s'occuper de l'énergie vitale rattachée directement à votre santé. Mais l'énergie a plein de couches différentes. Il y a des couches qui sont physiques — acupuncteur — mais il y a des couches qui sont émotionnelles, il y a des couches qui sont spirituelles. Et donc, un bio-énergéticien va pouvoir s'occuper de toutes ces autres sources de déséquilibre énergétique qui sont au-delà de la mécanique. Et donc, les deux sont parfaitement compatibles. Moi, je vous conseille de faire les deux.

Quand on n'a pas les moyens : la méditation

Mais quand je vous ai dit tout ça, vous avez là une armada de personnes qui vont vous aider à vous en sortir. Et vous prenez conscience que le moyen de s'en sortir reste lui aussi holistique, donc requiert des interventions de plein de personnes différentes. Et le point faible de tout ça, c'est que ça coûte horriblement cher et que tout n'est pas remboursé par la sécurité sociale. Et là, on peut se retrouver, suivant vos revenus, dans une sorte de nœud gordien. Comment vais-je faire pour m'en sortir alors que je ne peux pas me payer ce qui, en moyenne, va vous coûter entre 300 et 400 euros par mois les premiers mois de récupération ? Et certaines personnes ne peuvent pas se permettre de faire ça.

À toutes ces personnes-là, ce que je leur conseille de faire, c'est d'apprendre à méditer. De méditer tous les jours. En priorité de la méditation de pleine conscience. Car la méditation de pleine conscience — vous faites un stage MBSR si vous pouvez, pas de publicité ici, je suis moi-même formé à la méthode MBSR — je vais vous conseiller cette méthode-là. Pourquoi ? Parce que vous allez apprendre d'abord à écouter votre corps. Ensuite, vous allez apprendre à connaître et reconnaître vos émotions, à vivre avec vos émotions. Vous allez apprendre à connaître et reconnaître vos pensées, et donc à vous éloigner des pensées envahissantes. Et tout ceci rassemblé va vous éloigner du stress, va vous amener dans un espace de quiétude que vous ne connaissiez pas avant. Donc, méditation de pleine conscience.

Si vous n'avez pas de quoi vous payer un stage de pleine conscience de type MBSR, vous allez avoir pléthore d'exercices que vous pourrez vous payer avec une application comme Petit Bambou ou équivalent. Il y a Rêverie App, il y a Calm aussi. Ce sont des applications qui sont très très bien, qui vont vous donner plein de méditations guidées pour vous permettre de vous exercer et d'apprendre la méditation. Dans ce chemin-là, le nec plus ultra, la méditation de pleine conscience, méthode MBSR. Pourquoi ? Parce qu'elle a été développée sous pléthore d'études scientifiques portées par le MIT et une personne qui s'appelle John Kabat-Zinn, dont je vous suggère de lire aussi les livres. Et vous découvrirez alors l'envers du décor d'une quantité insondable de potentiels qui non seulement vous éloigneront du stress, mais aussi des états dépressifs et aussi des difficultés potentiellement thérapeutiques. Pour cela, il y a la méthode MBSR et une autre méthode qui a été développée aussi par le MIT, la méthode MBCT, donc pour les thérapies cognitives. Les deux rassemblées, suivant les problématiques que vous avez, vous aideront énormément à avancer, et ceci à moindre coût si vous n'avez pas les moyens de vous payer tous les professionnels que j'ai cités. Par contre, si vous avez les moyens, n'hésitez pas : votre récupération sera beaucoup plus rapide et nettement meilleure.

Le burn-out, une renaissance

Et c'est là que j'arrive à la fin de l'épisode avec exactement la même conclusion que je faisais au tout début. Et c'est que le burn-out vous amène à découvrir la personne extraordinaire que vous êtes. C'est revenir à la base, repartir à zéro pour redécouvrir votre corps, redécouvrir vos émotions, redécouvrir votre mental, redécouvrir votre esprit et redécouvrir votre énergie. Et tout cela rassemblé va vous faire prendre conscience que la personne que vous étiez et qui vous a amené au burn-out était une portion incongrue de celle que vous êtes réellement et de tout ce que vous pouvez incarner et vivre réellement.

Un impossible devient désormais possible. Vous allez apprendre à ouvrir votre cœur. Vous allez apprendre à revivre dans l'amour et avec amour pour la vie, pour les autres et pour ce que vous faites. Vous allez apprendre à vous éloigner des contextes négatifs, obscurs de vos intérieurs : les pensées négatives, le juge intérieur, le saboteur intérieur, le stress, la peur, les ruminations, mais aussi toutes ces pensées et émotions négatives qui vous pourrissent la vie et qui vous font voir le monde et vivre la vie à travers un prisme qui n'est pas celui que vous auriez désiré. Vous allez apprendre à recréer ce prisme-là et commencer à rayonner de pléthore d'autres choses. Et beaucoup d'entre vous qui sont passés par là vont découvrir tout un ensemble de capacités — je mets des guillemets — subtiles, qui seront et énergétiques et spirituelles, qui, dans le véhicule de l'amour, vont vous permettre de redécouvrir votre monde avec un nouveau niveau de conscience dans lequel vous allez basculer dans la création d'une nouvelle réalité.

Et tout cela est rendu possible parce que vous avez intégré dans cette hygiène de vie tout un ensemble de nouvelles habitudes pour vous faire du bien et vous sortir du burn-out, qui, par effet collatéral, vont vous amener un ensemble de résultats extraordinaires qui feront qu'une fois que vous ne serez plus dans le risque de burn-out, vous continuerez à pratiquer toutes ces choses-là parce qu'elles vous changent la vie au quotidien.

Recommandations pratiques

Et ces nouvelles habitudes, comment les intégrer ? Eh bien, vous allez le découvrir à la virgule près avec une autre série de podcasts de cette même chaîne que vous êtes en train d'écouter. Je vais vous référer à l'épisode 49 de cette chaîne de podcasts et à l'épisode 48. Deux épisodes — « Créer de nouvelles habitudes pour booster votre vie » et « Créer des habitudes en béton » — qui vont vous donner tout ce que vous devez savoir, avec les dernières études scientifiques, pour influencer de la meilleure façon possible l'organisation de votre quotidien et intégrer des habitudes qui vous changeront la vie en profondeur.

Et maintenant, pour vous aider à ça, des recommandations rapides.

La première : apprendre à respirer. Intéressez-vous, entre autres, à la méthode Wim Hof. Pas de publicité, pas de lien d'affiliation. Si vous achetez quelque chose chez lui, je n'aurai que la satisfaction que ça vous fasse du bien. Wim Hof, W-I-M, espace, H-O-F. methodewimhof.com, je crois que c'est son site internet. Vous n'aurez aucun mal à le trouver, et vous pourrez voir beaucoup de choses sur YouTube pour comprendre de quoi il s'agit.

Deuxième point, aucun lien d'affiliation non plus : achetez-vous le bouquin Miracle Morning. Ce livre-là de Hal Elrod va vous donner plein d'astuces sur comment organiser le matin pour qu'il devienne un ensemble de nouvelles habitudes qui vous transforment le quotidien. Vous y trouverez un livre et un guide pratique avec plein d'outils. Tout ça pour vous transformer la vie en profondeur. Les livres sont publiés chez First Éditions.

Troisième recommandation, à en faire une habitude : intégrer les « 3 kiffs par jour » de Florence Servan-Schreiber. C'est quoi, les 3 kiffs par jour ? Vous pouvez les appliquer le soir en arrivant au dîner : partagez avec les gens que vous aimez quels ont été les 3 kiffs de la journée. Ceci va aider votre cerveau à rentrer en psychologie positive au moment de rentrer au lit et à favoriser l'intégration de tout ce qui s'est passé dans la journée.

Nouvelle recommandation ensuite, je vous l'ai dit : la méditation. Donc, outre les recommandations que je vous ai données sur la méditation, apprenez aussi à visualiser. La visualisation, si elle est pleinement vécue, fait que le corps ne voit plus la différence entre ce qu'il visualise et ce qu'il vit réellement. Du coup, si vous visualisez des choses positives, vous allez commencer à intégrer une psychologie positive, mais aussi à faire croire à votre cerveau que votre vie est nettement meilleure que celle que vous êtes en train de vivre, et ça vous aidera énormément. Ça aura aussi un effet très important sur vos réussites. Car plus vous pratiquez quelque chose, plus vous devenez meilleur en celle-ci, et donc plus vous avez des chances de bien le faire. Eh bien, vous apprendrez à visualiser et donc à réduire les niveaux de stress, puisque vous serez beaucoup plus en confiance, et les résultats que vous obtiendrez seront nettement meilleurs. Donc, intéressez-vous à la visualisation.

Et il y a plein d'autres choses que je pourrais vous dire. On pourrait faire tout un épisode sur les recommandations. Mais vous avez ici 80 et quelques épisodes — je crois que nous sommes à l'épisode 84 aujourd'hui — pour vous inspirer sur la quantité de choses que vous allez pouvoir faire avec votre corps pour booster votre potentiel, le tout dans cette chaîne de podcast. Car ce que vous allez découvrir après le burn-out, c'est la quantité de choses qui peuvent se faire pour encore booster ce potentiel. Eh bien, si cette chaîne existe, c'est parce que j'ai eu à traverser ce chemin-là et que je partage avec la Terre entière les magnifiques découvertes que j'ai pu faire.

Les trois questions de la fin de vie

Mais il y a une chose que je vais faire pour conclure. Une seule chose. Le burn-out, c'est quand l'esprit dit stop, mais que l'agenda dit encore. Et le burn-out, c'est aussi la prise de conscience de ce qui est réellement important.

Et comme je vous ai dit, moi, à l'hôpital, j'ai une expérience spirituelle, que pendant longtemps j'ai appelée une expérience proche de la mort, qui m'a amené à m'intéresser à toutes les études scientifiques qui tournaient autour des expériences de mort imminente, mais aussi à toutes les études scientifiques qui tournaient autour des personnes en fin de vie. On venait leur demander : qu'est-ce que vous auriez fait autrement ? Qu'est-ce que vous regrettez ? Quels seraient vos conseils ? Si vous prenez toutes ces études et vous les rassemblez, vous vous rendez compte qu'en fin de compte elles parlent toutes la même langue. Et qu'en réalité, quand on arrive en fin de vie, il y a trois questions principales que l'on se pose. Et moi, je reconnais ces trois questions de l'expérience que moi-même j'ai vécue.

La première question : est-ce que je me suis fait plaisir ? Est-ce que je me suis écouté ? Est-ce que j'ai fait ce qui était bon pour moi ? Est-ce que j'étais sur mon chemin ? Bref, est-ce que j'étais bienveillant avec moi-même ? Est-ce que je me suis écouté ? Est-ce que je me suis aimé ? Toutes ces choses-là. Un, est-ce que je me suis fait plaisir ?

Deux : est-ce que je me suis mis au service des autres ? Est-ce que j'ai agi par égoïsme ? Est-ce que j'étais altruiste ? Qu'est-ce que j'ai contribué ? Est-ce que le monde est meilleur parce que je suis passé par cette ville ?

Et la troisième question, accrochez-vous, elle dit juste une chose : est-ce que j'ai aimé suffisamment ?

Conclusion

Chers amis, merci de m'avoir accompagné dans ce, oui, particulièrement long épisode sur le burn-out, mais qui revêt une importance particulière, car c'est l'un des fléaux qui aujourd'hui attaquent la société. Nous avons fait un tour d'horizon particulièrement complet et précis sur les chemins qui mènent vers le burn-out, mais aussi le contexte dans lequel nous vivons, la compréhension du stress de nos cerveaux, du stress positif et du stress négatif. Après, on a vu que nous ne sommes pas tous égaux face au stress, mais que nous avons une très grande responsabilité dans ce qui est en train de nous arriver. Il y a un contexte mental qui nous influence, un contexte qui nous pousse à faire les choses d'une certaine façon, mais que nous pouvons transformer. Et il y a ensuite un ensemble, pléthore de choses que nous pouvons faire : apprendre à mieux respirer, à mieux écouter notre corps, à mieux manger, à bouger, à se recaler face au stress, face à la fatigue, et surtout et avant tout apprendre à dire non.

Mais au bout du bout, ce que l'on garde, c'est l'essentiel. Et c'est une question de cœur. C'est apprendre à s'aimer, apprendre à aimer la vie. Et pour ce faire, nous avons décrit tout un ensemble de possibilités, d'exercices et d'outils que nous pouvons utiliser. Le plus important d'entre eux étant la méditation, mais aussi de s'accompagner des bonnes personnes et des bons professionnels. Le burn-out, s'il y a une chose à retenir, c'est un défi, c'est une difficulté, mais qui va faire révéler la meilleure des choses qu'il y a en vous : le véritable être que vous êtes.

Je suis Iker Aguirre et ceci est votre chaîne de podcast « Une alchimie de l'éveil ». N'hésitez pas à vous abonner à cette chaîne de podcast, à laisser un commentaire et des étoiles : plus nous aurons d'étoiles et de commentaires positifs, plus cette chaîne sera promue auprès de larges audiences. Et surtout, comme les meilleures fêtes sont toujours entre amis, partagez ces épisodes autour de vous, surtout s'il y a des personnes qui ne sont pas loin du burn-out, que vous craignez puissent faire un burn-out. Et peut-être qu'ensemble nous pourrons éviter que ce fléau soit ce qu'il est devenu de nos jours. On se retrouve dans notre prochain épisode, cette fois-ci pour voir le burn-out à travers celui qui est à côté de la victime.