Une Alchimie de l'Eveil

Ep. 86 : Sortir du burnout, ce que le médecin ne vous dit pas... (3/3)

Iker Aguirre Season 3 Episode 86

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Sortir du burnout : que faire avec tout ce qui vous arrive ? Comment le gérer ? Le médecin s'occupe de votre santé et après vous êtes seul.e face pour faire face au processus au quotidien. Cet épisode se concentre sur comment vous vivez la récupération une fois que vous avez fait un burnout, ce qu'il va se passer en vous, dans votre vie et dans vos relations et comment cela peut vous affecter, accélérer ou ralentir la récupération.

Autant de clés qu'il est important de connaître pour sortir au plus vite de cette passe difficile qu'est le burnout. Dans cet épisode Iker Aguirre  vous décrira toutes ces phases pour vous montrer qu'elles sont normales. Vous éviterez ainsi de tomber dans des pièges ou de vous enfermer dans une psychologie négative qui ralentira la récupération.  vous décrit tout ce qu'il faut savoir pour traverser cette épreuve.

Cet épisode est le troisième et dernier d'une série dédiée au burnout :

Ep. 84 : Comprendre le burnout (1/3)
Ep 85 : Le burnout pour les proches de la victime, clés pour bien le vivre ensemble (2/3)

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Le moment est venu de réinventer notre humanité et ce n’est pas en restant dans la cadre que nous allons le faire.

Chers amis, bonjour et bienvenue dans votre chaîne de podcast « Une alchimie de l'éveil ». Je suis Iker Aguirre et aujourd'hui nous clôturons le troisième et dernier épisode de cette série dédiée au burn-out. Aujourd'hui, il va être question de vivre les phases de récupération, pas à travers un angle médical, mais à travers un angle comportemental et expérientiel, pour savoir et comprendre concrètement ce qu'il se passe au jour le jour quand vous récupérez.

Ainsi, nous clôturons ces trois épisodes. Un premier qui a été dédié à l'explication du contexte du burn-out. Un deuxième qui était le burn-out vu et vécu par les proches. Et le troisième que vous vous apprêtez à découvrir à l'instant.

Allez, on va imaginer que vous avez atteint un niveau d'épuisement avancé et que le burn-out est désormais déclaré et que vous allez devoir vous en sortir. Voilà le contexte dans lequel va se passer cet épisode. Si vous êtes arrêté avant que les choses ne tournent trop au vinaigre et que le médecin vous a sauvé à temps, c'est-à-dire que vous ne vous êtes pas pris le mur à 200 km/heure, mais vous n'étiez pas loin, vous aurez à vivre exactement le même processus de récupération que je vais décrire, mais heureusement, de façon moins prononcée. Ceci dit, les recommandations resteront les mêmes. Donc, vous vous reconnaîtrez dans ce que je vais raconter.

Maintenant, nous allons regarder le burn-out comme si nous étions dans la peau du malade. Ce ne sera pas une approche médicale. De toute façon, je n'ai jamais prétendu cela puisque je ne suis pas médecin, même dans les deux autres épisodes de la série, mais nous allons plutôt parler des états d'êtres physiques, émotionnels, mentaux, ce qu'il se passe en vous et les comportements qui en découlent, et avec eux, les risques qu'ils peuvent entraîner. Et souvent, dans l'immense majorité des cas, je vais parler des risques que ces situations peuvent entraîner pour vous, dans vos relations, dans votre vie de façon générale, c'est-à-dire tous ces effets collatéraux que la médecine ne regarde pas.

C'est donc une approche expérientielle et comportementale dans l'être et dans le faire. Je vous garantis que vous aurez beaucoup de mal à trouver ce genre de contenu ailleurs. La question c'est : qu'est-ce que je vis et il se passe quoi concrètement dans ma vie quand je traverse tout cela ? Voilà ce qui va se passer dans cet épisode. On le veut très pratique, très pragmatique, les mains dans le cambouis, de façon à être à l'intérieur de la peau du malade.

Ainsi, pour résumer, dans cet épisode, vous allez découvrir un résumé rapide des signes avant la déclaration du burn-out. Ainsi, on va pouvoir vous éviter le pire si vous réagissez à temps. Et après, le gros de l'épisode va se passer après le burn-out. On va déconstruire cela en trois grandes phases : sortir de la zone critique ; ensuite, la grosse phase des dents de scie de la récupération ; et ensuite, la phase 3, le retour à la vie normale, qui lui aussi a ses petits pièges. Avec tout ça, vous serez paré à bien vivre — ou mieux vivre, parce que difficile de bien vivre une période de burn-out — à mieux vivre en minimisant les impacts négatifs de cet événement d'épuisement total et généralisé qu'est le burn-out.

Cette chaîne de podcast fait partie d'un projet de contribution et de diffusion de plus grande ampleur pour aller au cœur de l'humain et de son potentiel. Ce projet qui nous tient, nous aussi, profondément à cœur s'appelle Konxus Media, le média pour une vie pro et perso en conscience. Vous pourrez le retrouver en ligne ou nous apporter votre appui en vous abonnant à notre magazine sur www.KonxusMedia.com. 120 pages, tout en couleur, de contenu pour une vie pro et perso en conscience. Oui, on s'est lancé dans cette folle aventure. On aime le papier, on aime vivre les aventures et on aime les incarner dans la matière. Et si vous voulez réagir à un autre épisode, nous proposer des suggestions pour de futurs épisodes ou tout simplement partager votre expérience, n'hésitez pas à nous écrire sur eloheelo arobase KonxusMedia.com.

Allez, plongeons maintenant directs dans la thématique de notre épisode du jour et faisons un résumé rapide des signes avant la déclaration du burn-out.

Les signes avant la déclaration du burn-out

Certaines des choses que vous allez écouter, vous les aurez entendues pendant l'épisode 84, à savoir le premier épisode de cette série dédiée au burn-out. Mais nous allons quand même rappeler tout cela, car il y a ici un ensemble de points que vous pouvez regarder, que nous allons résumer. C'est une sorte de cheat sheet, comme diraient les Américains, pour vous aider à comprendre les quatre grandes phases du chemin vers le burnout. Mais cette fois-ci, pour nous différencier de ce qui se passait dans l'épisode 84, vu uniquement à travers votre corps. Si vous vous reconnaissez dans cette description, il se peut que vous soyez encore en temps pour faire machine arrière.

Phase 1 — Le début de l'épuisement

À ce moment, vous allez avoir de multiples bobos, des petits bobos, multiples. Des petits bobos suffisamment petits pour que ce ne soit pas grave et que ça ne justifie pas que vous alliez voir un médecin ou un spécialiste. Sauf qu'il y a beaucoup de petits bobos en simultané.

Ensuite, vous allez avoir une sensation de fatigue permanente, une sensation de courir tout le temps, que ça ne s'arrête jamais. C'est le syndrome de la roue du hamster. C'est ici que vont venir de grosses cernes et un sentiment d'impatience permanente et d'être tout le temps avec une sorte de manque de temps pesant.

De là, vous allez reconnaître aussi une hyperactivité sociale et professionnelle, c'est-à-dire les deux, un sur-engagement qui explique cette impatience, cette sensation de manquer de temps, la roue du hamster et tout ça. Donc les deux sont corrélés, mais souvent on les subit, on est dedans, on se laisse porter par le feu de la vie et l'inertie et le mouvement que nous avons créé.

Du coup, vous allez avoir tendance à surconsommer des fêtes. Oui, faire beaucoup la fête avec les copains parce que ça vous permet de lâcher. Beaucoup de happenings sociaux dans lesquels on lâche un petit peu, ce qui va vous amener probablement à consommer beaucoup de café, d'alcool. Mais aussi, certaines petites addictions comme le sucre commencent à montrer le bout de leur nez. Beaucoup de tabac. Et pour certains d'entre vous, aussi la consommation de drogues douces car elles vous calment. Vous sentirez aussi une grosse flemme au moment de faire des efforts non nécessaires. Mais vous êtes encore en capacité de faire, quoi.

L'étape suivante, c'est de passer en force. Vous commencez à avoir la sensation que vous passez en force, ce qui fait de vous une personne de plus en plus irritable. Le son que vous allez émettre le plus souvent, c'est… c'est ce genre d'expression. Et le comportement, vous direz : « je ne peux pas arrêter. » Et vous serez dans le déni de voir.

Voilà un petit résumé de la phase 1 qui est le début de l'épuisement. À ce stade-là, on peut dire que 99 % des gens aujourd'hui vivent dans ce monde-là. C'est anormal, mais c'est la réalité de la société et du monde économique dans lequel nous sommes.

Phase 2 — L'épuisement avancé

On rentre là dans l'épuisement avancé. Les petits bobos deviennent des gros bobos. Donc là, ça commence à se voir un peu plus. On commence à rentrer en plus dans une sorte de perturbation du cycle de sommeil et de la digestion. Vous allez vivre avec une lourdeur physique permanente. Vous ne vous sentez pas complètement dans votre assiette. Il y a une sorte de… vous n'êtes pas bien dans votre corps. Et la sensation d'être en apnée tout le temps. Ceci est très caractéristique, comme si vous n'aviez pas de l'espace pour respirer, comme si l'oxygène ne rentrait pas suffisamment en vous.

Vous auriez des traits de plus en plus marqués et des cernes beaucoup plus marquées que dans la phase 1. Un début de saturation mentale, des pertes de mémoire, des problèmes de concentration, des difficultés pour trouver des mots. Ce qui va vous amener à des sauts d'humeur, de l'aigreur et des colères dominantes.

Ensuite, dans ce contexte-là, vous aurez de plus en plus de difficultés à faire des tâches non urgentes ou importantes. Vous avez tendance à procrastiner de plus en plus. Et en plus, et c'est cette partie-là qui vous fera le plus mal, une diminution de l'efficience qui amène une sorte de présentéisme pour pallier au problème. Vous passez plus de temps pour faire les choses car vous voulez vraiment bien les finir et ça vous énerve de ne pas être efficace, comme d'habitude.

D'ailleurs, il n'y a pas que ça qui vous énerve. Tout le monde vous saoule. Tout le monde commence à vous saouler. « Et lui, il me saoule, il me saoule. » Et c'est une autre caractéristique. C'est que soudainement, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Ils deviennent tous chiants ? Eh bien, peut-être pas. C'est peut-être votre fatigue qui vous rend beaucoup plus hermétique, qui réduit votre résistance face à ce genre de situation.

Du coup, là, dans cette phase, vous avez compensé en consommant excessivement, par défaut. Du coup, à boire beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de café. Pour ceux qui aiment le sucre, vous allez être dans une addiction sucre où vous serez totalement capable de reconnaître que vous mangez beaucoup trop de sucre. Le tabac, ça commence à devenir compulsif. Ça commence à accumuler les clopes les unes derrière les autres. Et là, c'est aussi les drogues douces qui commencent à potentiellement devenir une habitude. Et pour certains, dans certains métiers particulièrement exposés, c'est l'entrée dans votre vie des drogues dures.

Ça, on n'en parle pas, mais il y en a beaucoup trop qui en consomment, notamment de la cocaïne qui vous donne un gros coup de boost, vous donne l'impression d'être tout-puissant et capable de tout, et qui permet d'effacer la prise de conscience de ce qui est en train de se passer. Car vous avez un regain d'énergie qui n'existe pas, qui est justement chimique. Mais bon, ici, à ce stade-là, dans l'épuisement avancé, dans la vie de certains, l'entrée des drogues peut être une réalité.

Un autre point, c'est que vous avez de moins en moins envie de sortir. Et vous vous repliez vers des relations beaucoup plus intimes. Des repas à la maison, vous n'avez plus envie de sortir au restaurant, trop de bruit ; alors aller en boîte, non, je n'ai plus envie. Aller plus tranquille et tout, entre nous, qu'on soit bien. Donc, vous êtes toujours dans le lien social, mais beaucoup plus qualitatif parce qu'intime. En fait, beaucoup moins bruyant et moins en saturation. Vous fuyez les rassemblements et les foules. Le son que vous émettez aussi, ici, pardon, c'est le souffle de ras-le-bol. Et le comportement, « il faut que je continue », est toujours le même : déni de voir.

Phase 3 — La phase de risque

Ce qui nous amène inévitablement, tôt ou tard, à rentrer dans la phase numéro 3, qui est la phase de risque. Et maintenant, vous commencez à avoir non pas des bobos, des petits bobos, des gros bobos, mais des alertes. Des choses où, attention, danger. Quand elles se déclarent, vous avez peur, vous allez chez le médecin, c'est des pronostics que vous craignez. Souvent, ça se passe bien, mais on commence à être dans des grosses alertes. Votre corps est en train de vous dire : attention ici.

Dans cette phase, le sommeil maintenant est très perturbé. C'est devenu la norme. Vous vous réveillez à 2 h, 3 h du matin, vous ne dormez plus. Rien ne se passe pareil d'une nuit sur l'autre. Vous dormez tant bien que mal. Ça commence à être très perturbé. Vous commencez à avoir des douleurs physiques permanentes. Le souffle court. Vous avez la sensation d'avoir couru un 100 mètres tout le temps : avec le moindre effort, dire n'importe quoi, vous avez envie de vous jeter sur un canapé et de récupérer pendant deux heures.

Ici, vous aurez de la perte de poids ou de la prise de poids constatée. C'est l'un ou l'autre. Mais souvent, le corps, il réagit par un gain ou une perte de poids. Tout dépend comment votre corps réagit à la surcharge de stress. Vous aurez le visage pâle et très marqué, les sourcils froncés, très marqués aussi, et d'autres rides de contrariété deviendront apparentes dans votre visage.

La procrastination à ce niveau-là, elle devient sévère, car vous abandonnez toute responsabilité secondaire qui n'exige pas une action urgente et importante ici et maintenant. Là, maintenant, les problèmes cognitifs deviennent des vides mentaux, des pertes de goût à tout, plus du tout de plaisir au travail ni dans la vie. Ce qui fait s'instaurer une aigreur colérique et une tristesse profonde qui deviennent une partie intégrante de votre agissement quotidien. Vous avez de plus en plus de mal à sourire. D'ailleurs, à ce stade-là, vous pouvez prendre conscience que ça fait longtemps que vous n'avez pas ri pour de vrai, longtemps que vous n'avez pas senti de joie en vous.

À ce stade, du coup, avec tout ça, il ne vous reste qu'un seul choix : vous vous isolez de tout le monde. Vous fuyez les relations et vous vous enfermez à la maison. Ne reste dans votre vie plus que les relations très, très, très intimes. Les plus proches : mari, enfant, famille très rapprochée. Le reste, out.

À ce stade, on peut commencer à parler de certains risques d'addiction. Le café est devenu comme de l'eau. On rentre dans les addictions alimentaires, dont le sucre. Bien évidemment, le tabac, les drogues douces et les drogues dures pour certains, hélas. Le son, c'est… et c'est pas que vous fassiez ça parce que vous êtes en train de blaguer, c'est que vous avez vraiment envie de pleurer, c'est que vous en avez marre, « j'en peux plus ». Et le comportement qui est rattaché : « je fais par défaut », déni par-dessus tout, devoir toujours. Mais possibilité pour certains de réagir à ce stade-là. Beaucoup de médecins, Dieu merci, arrêtent beaucoup de gens arrivés à ce stade-là pour éviter la phase 4, à savoir la phase critique.

Phase 4 — La phase critique

Dans cette phase, vous allez avoir de grosses alertes. Là, maintenant, quand le corps vous parle, il vous parle pour vous dire : si tu continues comme ça, ça va très mal se passer. Les nuits sont devenues très courtes. C'est devenu une moyenne que de dormir 3, 4 heures par nuit, 5 heures maximum, rarement plus long. OK ? La nuit se réduit à quelques heures.

Les traits physiques, c'est simple. Vous pouvez dire « Walking Dead », voilà, vous ne serez pas très loin de la réalité. Vous serez dans une tristesse dépressive permanente. Les actions sont faites par défaut et vous jetez l'éponge sur pratiquement tout. Vous avez une sensation de gros poids et en même temps, vous commencez à ne plus vous en soucier. Vous êtes dans une sorte de sentiment de fatalisme acquis et imposé. « Tout est foutu et tant pis. » Vous commencez à lâcher la vie. Ce qui vous amène à perdre le goût de vivre. Et pour certains, ici, peuvent commencer certaines idées noires. Alors attention.

Du coup, en termes cognitifs, on ne parle plus d'absence mentale, c'est des déconnexions mentales complètes. On est en train de vous parler, vous êtes juste physiquement présent, vous entendez des bruits, des choses, vous n'êtes même pas là. Wow. Vous fonctionnez en automatique, vous êtes un robot. Le son caractéristique de cette étape : plus de son, plus d'image, il n'y a même plus de jus pour faire n'importe quelle extériorisation. Et le comportement, là c'est grave parce que vous attendez la fin. Vous avez l'impossibilité de voir quoi que ce soit.

Et arrivé à ce stade-là, la personne a besoin d'un électrochoc ou d'être forcée de s'arrêter pour voir. C'est là que le médecin vous dit : « vous pouvez dire ce que vous voulez, je vous mets un arrêt maladie, on ne veut plus vous voir. » C'est là que votre responsable, votre boss vous dit : « je ne veux plus vous voir, vous rentrez chez vous », vous ne rentrez pas, vous y êtes allé trop loin.

Avec tout ça, vous vous rendez compte que le burn-out, il prévient largement avant d'arriver. Pourtant, beaucoup, comme ce fut mon cas, se le prennent par surprise, parce qu'ils n'ont plus absolument rien à voir. C'est pour ça que j'ai tendance à dire que le burn-out est un traître qui prévient toujours avant de frapper.

Parenthèse — Le livre Quick Wins

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Phase de récupération 1 — Sortir de la zone critique

Maintenant, on va imaginer que pataboum, cataboum, bam, boum, vous êtes tombé dans le burn-out. En dépit de tout ce que je viens de décrire, vous êtes allé trop loin et voici ce que vous allez vivre et comment.

Tout d'abord, on va commencer par la première phase de récupération qui est celle qui vous mène à sortir de la zone critique. Ce que j'appelle la zone critique, c'est le moment où vous avez été arrêté : soit le corps vous a obligé à vous arrêter, soit le médecin ou la direction RH ou votre boss ou qui que ce soit a eu la clairvoyance de dire « on n'ira pas plus loin. » Poum, là maintenant vous êtes dans la zone critique et la première phase de récupération, c'est sortir de cette zone-là.

Vous allez commencer par traverser une phase de stupéfaction. Beaucoup résistent à ce stade-là et sont encore dans le déni de la gravité du problème, s'ils sont arrêtés avant que le corps ne lâche. Et heureusement, ceci se fait de plus en plus tôt et il y a de plus en plus de personnes qui sont dans ce cas-là. Merci le progrès des médecins et des diagnostics à temps. Avant, ce fut mon cas : on allait droit au but comme des grands et on devait constater l'ampleur des dégâts une fois qu'ils étaient déjà là.

Du coup, comme maintenant on connaît le problème de burn-out, on le diagnostique beaucoup plus facilement. Moi, quand j'ai fait mon burn-out en 2009, on n'en parlait jamais. Il m'a fallu six mois pour nommer le problème. Six mois. Du coup, heureusement que maintenant c'est très connu parce que c'est très divulgué, hélas. Et grâce à ça, des personnes sont arrêtées plus tôt que dans la dernière phase que j'ai décrite il y a quelques minutes.

Du coup, comme elles sont arrêtées plus tôt, il y a beaucoup de personnes qui résistent. Et elles se donnent des raisons de croire que le problème demeure mineur et à durée limitée. Mais quand, à ce moment-là, on se repose — parce qu'on est obligé de se reposer, parce qu'on reconnaît bien qu'on est très fatigué et qu'on nous a forcé de toute façon à rester à la maison — donc à un moment donné on va se reposer, puisqu'on ne doit pas se lever pour aller au boulot, parce qu'on n'a plus toutes les urgences, etc. À ce moment-là, quand on commence à se reposer, on commence à voir l'envers du décor. Les fatigues extrêmes que l'on ne voyait pas commencent à nous exploser au visage et soudainement il y a une incapacité totale à faire les moindres choses du quotidien.

C'est comme si tout lâchait. Le corps ne répond pas et on commence à tout subir. Parfois, il y a une décompensation complète qui passe par une sorte de « on tombe malade » avec une sale grippe ou chose comme ça, on n'est vraiment pas bien pendant 4, 5, 6 ou 10 jours. Mais le truc, c'est qu'on peine beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup à récupérer. Et que vous passiez par la phase grippe ou malade par décompensation, ou tout simplement le fait que tout lâche et soudainement vous êtes incapable de faire les choses les plus basiques, bref, dans tous les cas, le corps vient vous faire comprendre, et vous venez de comprendre, que vous êtes dans un niveau de fatigue extrême.

La réaction que vous allez avoir à ce moment-là, il y a beaucoup de chances que ce soit une grosse peur et un désarroi. Donc, du déni, vous rentrez dans une phase de catastrophisme. Vous prenez conscience de l'ampleur du problème et des efforts qu'il vous faudra pour vous en sortir. Et là, vous flippez. Et là, vous dites : « c'est la fin du monde, je n'y arriverai jamais, comment vais-je faire ? » Vous n'étiez tellement pas prêt ou prête à voir ce qu'était la réalité que, quand elle vous arrive dessus, elle est trop lourde.

Dans cet espace de désarroi, là, vous acceptez l'aide des proches, alors que vous étiez dans le déni jusqu'à maintenant. Sauf que vous acceptez l'aide des proches et très rapidement, vous rentrez dans une dépendance extrême. Parce que vous avez besoin de tout lâcher. Vous perdez de l'intérêt même pour tout ce qui vous semblait important. Alors qu'avant la déclaration du burn-out, votre vie en dépendait. Et là, soudainement, vous vous en foutez comme de l'an 40. Et c'est une très bonne chose parce que le corps a repris sa place pour vous dire quel est le véritable ordre de priorité dans votre vie.

Le corps, mais aussi, dois-je dire, le mal-être qui l'accompagne prennent le dessus. Et là, bien évidemment, vous agissez comme quand vous êtes malade car vous l'êtes. Vous rentrez dans une non-action totale et vous laissez le corps faire, vous récupérer.

Les gros risques de cette phase

Les gros risques de cette phase sont les pensées obscures et le catastrophisme. Cette psychologie négative qui va vous accompagner et vous tirer vers le bas, et qui va rallonger la durée de cette période, parce que vous vous auto-infligez, à cause de toutes ces pensées-là, un contexte de récupération beaucoup plus difficile. C'est ici que les personnes propices auront aussi un risque d'avoir des idées noires.

Et c'est ici aussi le troisième gros risque : le risque de tomber dans des addictions à des drogues ou des psychotropes. Parce que c'est tellement dur à passer, cette phase, que l'on a besoin de prendre quelque chose qui nous abrutisse l'esprit pour nous permettre de passer ce cap-là. Dans le cas des psychotropes, je ne vais pas me prononcer car il s'agit là de prescription médicale et c'est un médecin qui doit se prononcer à ce stade-là. Par contre, beaucoup de personnes, à côté de tout ça, vont pallier la difficulté du moment en consommant de la drogue de façon privée chez elles. Attention, ceci ne va faire que vous abrutir et rallonger la phase de récupération. Votre corps a besoin de traverser ce qu'il est en train de traverser. Il y a à ce stade-là un risque d'addiction. Parlez-en ouvertement à votre médecin ou vos thérapeutes car ces personnes seront vraiment en mesure de vous aider beaucoup mieux que vous-même tout seul.

Recommandations pour sortir de la zone critique

Acceptez de laisser faire. Ne vous prenez pas la tête. Car sachez — et c'est ce qui vous aidera à ne pas vous prendre la tête — que cette phase, aussi désagréable soit-elle, est normale. Si vous vous prenez la tête, c'est parce que vous pensez que cette phase, c'est la fin du monde, qu'elle sera pérenne, que vous avez fait des choses qui ne reviendront plus à leur état normal. Respirez. Cette phase est normale. Elle est très désagréable, mais elle a une durée déterminée. Ça va aller mieux, voire beaucoup mieux, dans quelques semaines. Pas dans quelques jours.

C'est ce qui nourrit aussi le désarroi : c'est qu'un jour après l'autre, vous avez l'impression que rien ne bouge. Parce que c'est très lent. Votre corps en a pris plein les dents. Il a besoin de bien récupérer. Il lui faut du temps. C'est très lent. Mais le plus important à entendre et à écouter : ce n'est pas irréversible.

Du coup, suivez strictement les recommandations de votre médecin. Une fois que vous êtes dans le cadre de ces recommandations-là, suivez strictement les recommandations de vos thérapeutes. Car si vous avez écouté l'épisode 84, vous savez que vous allez avoir besoin d'une batterie de professionnels pour vous aider à mieux vous en sortir. Un seul ne sera pas suffisant.

Du coup, si l'on doit résumer dans cette première phase pour sortir de la zone critique : attention au risque d'addiction. Du coup, éliminez de la maison toute source de tentation. C'est aussi bête que ça. Mais si à la maison vous n'avez pas de chocolat et vous n'avez pas de sucre, vous n'en consommerez pas. Vous ne serez pas content, ça durera quelques jours. Mais à un moment donné, si vous n'avez pas quoi vous mettre sous la dent, vous ne vous mettrez absolument rien sous la dent. S'il y a un risque d'addiction — alcool, sucre, tabac, drogue, n'importe quoi — vous l'éliminez de la maison.

Et au bout de quelques semaines, vous sortirez de cette phase pour rentrer dans la phase de récupération.

Phase de récupération 2 — Les dents de scie de la récupération

Et c'est là que vous découvrez ce que j'appelle les dents de scie de la récupération. Ici, à ce stade, le principal à comprendre, c'est que vous allez vivre un manège permanent de montagnes russes avec des hauts et des bas. De véritables montagnes russes avec des hauts très, très hauts et des bas très, très bas. Au début, ils vont être très marqués. Donc vous allez passer de l'exaltation à la descente aux enfers. Et ceci en quelques jours.

Là, un énorme terreau pour vous prendre la tête. Mais c'est normal. C'est normal. Il y a des pics très hauts, des descentes très basses. Mais avec le temps qui passe, le principal à comprendre, une fois que vous avez compris ce phénomène de manège et de montagnes russes, c'est que les pics sont de moins en moins marqués. Mais dans l'ensemble, dans ses hauts et ses bas, si vous faites la moyenne, vous verrez que vous êtes dans une courbe ascendante et donc vous allez de mieux en mieux.

Le piège des pics d'exaltation

Les pièges de ces dents de scie de la récupération, c'est que lors des pics d'exaltation, vous vous sentez pousser des ailes et là vous pensez que vous êtes guéri et là vous repartez comme en 40. Et la punition est immédiate. Vous croyez que vous avez récupéré et vous ne rêvez que d'une chose, c'est de récupérer une vie normale. Du coup, vous vous remettez à faire des choses comme vous avez toujours fait. Mais le corps n'est pas prêt. Vous êtes encore convalescent ou convalescente. Du coup, vous mettez une grosse dose à votre corps et là, retour à la case départ. Et vous recommencez à flirter avec la zone critique.

Du coup, vous vivez ça comme un gros retour en arrière, d'où les risques de dépression et de défaitisme. Et en réalité, ce n'est rien d'autre qu'un excès d'enthousiasme. Voilà, vous croyez que vous êtes prêt pour courir un marathon et vous ne pouvez pas faire 100 mètres. Vous courez 2 km, 3 km et soudain, bah, il y a tout qui lâche. C'est normal. Mais vous ne le saviez pas. Maintenant, vous le savez.

Et la recommandation est la suivante : toujours faire dans la mesure. Et je sais qu'il y en a parmi vous qui m'écoutent, qui êtes des extrémistes, qui aimez aller au bout des choses, être toujours dans le superlatif, l'effet waouh, le sensationnalisme. J'en fais partie, de toutes ces personnes-là. La voie du milieu est très difficile à trouver. Du coup, si vous n'êtes pas en mesure de faire dans la mesure, faites le strict minimum. Mettez-vous ça dans la tête au burin : faites le strict minimum. Si vous pétez la forme, faites le strict minimum. Vous êtes encore en convalescence.

Du coup, vous allez pouvoir profiter des bonnes énergies, de ces moments d'exaltation, parce que ça fait du bien et il faut vous faire du bien, mais sans les dépenser inutilement. Vous allez nourrir et vous nourrir de joie, et pas de l'agitation qu'elle génère. Ainsi, rappelez-vous que derrière un pic d'enthousiasme, il y a toujours une descente aux enfers dans cette phase-là. Donc, si pas d'exagération pendant les pics et que vous ménagez votre monture, la descente qui ne manquera pas de venir sera elle aussi moins violente, dont vous aurez une récompense — même si certains vivront ça comme une victoire à la Pyrrhus.

Comment vit-on les descentes aux enfers

Ce qui nous amène à : comment vit-on les descentes aux enfers ? Car ici, quand on tombe dans le trou, c'est très noir, c'est très sombre. Là, c'est défaitisme, obscurantisme, nihilisme, pensée envahissante et ruminante et blocage, comme si on était enfermé dans un cycle infernal et destructeur dans notre tête. C'est là que vient la violence envers soi-même et envers les autres. Là, ce n'est pas beau à vivre. C'est une phase complexe et qui a les caractéristiques suivantes. Écoutez-moi bien.

Vivre le monde en noir et blanc

Tout d'abord, dans cette phase de dents de scie de récupération, vous allez voir et vivre le monde en noir et blanc. Ce qui est blanc est bon pour moi, je garde. Ce qui est noir n'est pas bon pour moi, je vire. Et là, vous allez rentrer dans un classement à la serpe, parfois à la hache à deux mains, avec zéro place pour l'effort. D'où le comportement extrême et binaire. Ce sera sans filtre et sans concession.

Mais en plus, ça vous fait un bien fou de remettre de l'ordre, d'envoyer paître tous les enquiquineurs et les empêcheurs de tourner en rond qui vous ont amené là où vous êtes maintenant. Mais attention, danger, car ça peut laisser des traces amères pendant très longtemps, largement au-delà de votre récupération.

Du coup, ici, lors des phases en noir et blanc que vous allez vivre, rappelez-vous d'une seule chose : remettre toujours à plus tard les décisions importantes. Même si vous brûlez d'une envie de sortir le bazooka et de tout exploser, remettez les décisions importantes à plus tard. Ce n'est pas vous dire « je ne le fais pas », c'est vous dire « je laisse reposer. » Je prendrai ma décision finale plus tard. Attention, doigt sur la gâchette, le bazooka quand il explose, c'est trop tard.

Certaines fois, il sera pourtant impossible de remettre à plus tard, pour les raisons qui soient, et du fait que cette décision conditionne trop votre récupération. Vous allez le vivre vraiment comme : « si je ne fais pas ça, je ne pourrai pas m'en sortir. » À ce moment-là, il est très difficile de faire la part des choses, d'où le rôle très important des proches. Si vous êtes un proche et vous écoutez ce que je suis en train de dire maintenant, sachez que l'épisode 85 est dédié exclusivement à vous. Comment faire pour accompagner quelqu'un qui est victime d'un burn-out ? On ne nous parle jamais de ça, mais quand quelqu'un fait un burn-out, c'est tous ses proches qui font un burn-out avec lui. Si vous ne l'avez pas entendu, si vous n'êtes pas abonné, alors abonnez-vous à cette chaîne. Et si vous aimez ce contenu, s'il vous plaît, laissez-moi une petite note et un commentaire. Plus nous aurons d'étoiles et de commentaires positifs sur Apple Podcasts et Spotify, et plus cette chaîne sera promue auprès de larges audiences.

Avec ceci, nous avons conclu la première caractéristique des descentes aux enfers : le noir et le blanc. Mais il en reste une autre.

Faire circuler et s'éloigner des autres

« Faites circuler ! » C'est ce que vous allez faire : faire circuler et vous éloigner des autres. Vous aurez besoin de vacances, des gens. Oui, la plupart vont vous sortir par les oreilles. Ils vont vous agacer. Ils vont vous donner une sensation de pollution. Parfois même, vous vous sentirez sale du simple fait de penser ou de devoir parler à certaines personnes. Ce n'est tout simplement pas eux le problème. C'est votre fatigue extrême qui ne vous laisse plus aucune place pour apporter l'énergie nécessaire à vivre ces relations. Donc, créer de l'espace est bon pour vous le temps de récupérer.

Vous allez juste accepter la présence des très proches, ceux qui sont des piliers de votre récupération ou qui ont assumé ces tâches-là à votre place. Et parfois, même eux devront s'effacer. Alors, danger ici pour la pérennité du lien et de certaines relations. Si ça se passe mal là, vous regretterez rarement, car vous relierez le conflit que vous aurez vécu pendant cette phase de récupération à la douleur que vous aviez du burn-out. Donc, les malades, s'ils s'engueulent avec quelqu'un, une fois qu'ils sont remis plus tard, ils ne s'en veulent pas, ils ne regrettent pas de s'être engueulés. « Écoutez, ça faisait partie du cheminement et voilà. » Et la douleur que j'avais se mélange à la personne qui m'a fait souffrir, de la douleur à ce moment-là. Ça s'est mal passé, ça s'est mal passé. Un point, c'est tout. Le noir et le blanc demeurent. On passe à autre chose.

Mais il est nécessaire d'avoir conscience du risque pour les proches qui sont les vôtres, pour les proches du malade. C'est pour cette seule et bonne raison que, ici, ce danger-là, c'est une prise de conscience très importante que les proches doivent avoir, presque plus que le malade. Donc à eux de redoubler d'efforts pour laisser le malade récupérer sans devenir un problème pour lui. Hélas, le malade, la victime du burn-out, a très peu de place pour faire ce genre d'efforts. Et s'il s'engueule avec vous, il regrettera difficilement, ce qui sera très difficile à porter pour vous si vous êtes un proche. Du coup, sachez que ceci peut arriver, que hélas, le burn-out a ce prix à payer. Donc, laissez la place, laissez la personne récupérer et faites le maximum possible pour ne pas être un problème pour lui.

Et en dépit de tout cela, certains malades voudront pendant ces phases-là aussi remettre de l'ordre dans leurs relations. On le dit tout le temps : le burn-out est un problème global, systémique, avec beaucoup de sources de responsabilités différentes. Et les relations font partie de ces sources-là. Du coup, quand une personne fait un burn-out, qu'elle commence à récupérer, elle rentre dans les dents de scie, elle va avoir besoin de remettre de l'ordre dans ses relations aussi. Et elle va vouloir briser le silence, libérer la parole et sortir des non-dits pour rétablir de nouveaux équilibres. Et ceci se fait souvent, et oui, vous l'avez compris, en noir et blanc.

Mais le malade doit passer par là. Il est impossible pour lui de prendre des pincettes. Il faut le savoir. Du coup, c'est au proche de savoir se préparer à accueillir ces phases sans garder une fin d'aigreur ou de ressentiment pour le restant de leur existence. Parfois, il leur faudra être de véritables Jedi, sinon des maîtres Yoda de la gestion émotionnelle et de la prise de recul. Une véritable leçon de sagesse vous attend. Le malade n'est pas en mesure de le faire, ce sera à vous de l'assumer.

Vigilance aux décisions extrêmes

Et maintenant, vous commencez à voir l'envers du décor. Avec tout ce noir et blanc, ces pics et ces dents de scie, il va y avoir aussi une vigilance nécessaire aux décisions extrêmes. Je vous ai dit tout à l'heure : remettez à plus tard les choix importants. Mais derrière le fait d'avoir cette capacité de reculer des décisions importantes, il va falloir aussi savoir que derrière tout ça, il y a tout simplement le besoin de prendre des décisions extrêmes.

Ici, le noir et le blanc mènent à des choix radicaux. Alors attention, parce qu'un choix radical au moment d'une phase de récupération en dents de scie peut faire beaucoup de bien et vous aider à passer cette phase-là, parce que vous vous êtes sorti un gros sac à dos du dos d'un coup. Mais après, attention, la pente peut être raide à remonter par la suite.

Un mot d'exemple, et je vous le raconte parce qu'à l'époque, moi j'étais en plein dans cette phase-là, noir et blanc. Ce que j'ai fait, à la serpe mais à la dure. Là, je n'ai pas sorti le bazooka, j'ai sorti tout l'arsenal, j'ai tout envoyé d'un coup et j'ai envoyé bouler 80 % de mon chiffre d'affaires. Alors que j'avais une activité très, très, très confortable, sur une vingtaine de pays, nous étions responsables de beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde avec des contrats durables depuis des dizaines d'années, des impacts solides sur notre vie et la vie de beaucoup de personnes. 80 % de mon chiffre d'affaires, du jour au lendemain, je l'ai envoyé bouler. J'ai appelé ça, n'en déplaise aux personnes qui se sont trouvées concernées par cela, la politique anti-con.

Et encore à ce jour, je vous dis, vous voyez, certaines personnes m'ont dit « oui, mais bon, ça veut dire que j'étais con, ça veut dire que ceci, cela. » Encore à ce jour, je ne regrette rien. Moi, j'ai fini à l'hôpital. Donc, si nos relations n'étaient pas bonnes, écoute, ça fait partie du filtre. Mais peut-être qu'il y a des fois, je ne l'ai pas fait avec la mesure qu'il fallait. Je ne regrette rien. Encore dix ans plus tard : 80 % de mon chiffre d'affaires, politique anti-con, tous les cons ont disparu de ma vie. Ah là, je peux vous dire que c'était brutal.

Avec ça, bien évidemment, j'ai impacté mes revenus. J'avais une vingtaine d'années de carrière où je gagnais super bien ma vie. Je venais de flinguer 85 % de mes revenus. Pour la première fois de ma carrière, je vivais sur mes deniers et je dépensais les matelas que j'avais accumulés. Je m'appauvrissais, je perdais en patrimoine, mais je m'en foutais comme de l'an 40. Après, j'ai récupéré et il m'a fallu des années pour remonter la pente. La quantité de fois que je me suis dit : « ne suis-je pas allé un peu fort là ? » Une fois que c'était fait, c'était fait.

Du coup, par expérience, la règle à se rappeler : zéro décision radicale pendant les phases de récupération. Zéro décision radicale pendant les phases de récupération.

Imaginer le bout du tunnel

Et maintenant le dernier point. Il y en aura d'autres que je pourrais décrire, mais je vous décris là les principaux, sinon l'épisode serait trop long. Le dernier point sera d'imaginer le bout du tunnel.

Quand vous êtes au fond du trou, dans une descente aux enfers, que tout est noir d'encre, toute sortie de ce désarroi infernal vous paraîtra impossible. C'est la fin du monde. Le moindre éclair, éclat, une allumette, une étincelle, ce serait déjà énorme tellement c'est noir. Là, toute sortie paraît impossible. Mais à ce moment-là, rappelez-vous de ces mots, parce que je vous parle depuis la place et la posture de quelqu'un qui a vécu toutes ces phases-là à la dure, avec zéro accompagnement.

À ce stade-là, vous pensez qu'il n'y a plus d'issue. Et moi je vous dis : il y a toujours une sortie du tunnel. Et cette sortie, elle est faite de lumière radiante, radieuse — je ne sais pas comment on dit — et magnifique. Une version de vous-même attend d'éclore. Vous traversez une phase très, très difficile, mais dans chaque difficulté que vous traversez, il y a une version améliorée de vous-même qui est en train de sortir. Et cette version de vous-même qui est en train d'éclore est déjà à l'autre bout du tunnel. Elle vous attend là-bas. Prenez rendez-vous avec elle.

Parce que cette descente aux enfers ne va durer que quelques jours. Et après, vous aurez un autre pic d'enthousiasme. Quand vous êtes dans le dur, c'est dur à croire. Mais quand vous serez dans ce pic d'enthousiasme, rappelez-vous d'où vous venez, car une fois que le nouveau pic d'enthousiasme est là, vous pourrez faire la part des choses et commencer à prendre un peu de recul, ce qui va diminuer l'amplitude des écarts.

Ainsi, quand ce nouveau pic sera là, en plus de tout ce que je vous ai raconté sur les pics d'enthousiasme, vous allez vous rappeler que nous avions anticipé que ce pic d'enthousiasme aurait lieu. Et nous l'avons anticipé quand vous étiez au fond du trou. Je vous le dis maintenant : quand vous serez au fond du trou, il y aura un pic d'enthousiasme juste derrière. Donc quand vous serez dans ce pic d'enthousiasme, vous saurez aussi qu'il y a une autre phase de descente qui vous attend. Et ça, ça va énormément vous aider.

Ce n'est pas du défaitisme, non, c'est juste du pragmatisme, mais qui aura un effet collatéral très positif. Parce que quand l'autre phase de descente viendra, vous saurez qu'elle viendra. Et donc, il y aura un autre pic, mais cette prise de conscience va accélérer la récupération parce qu'elle va faire taire votre mental négatif envahissant. Vous savez que c'est normal. « OK, je vais avoir à traverser une descente aux enfers, mais c'est normal. » Donc, vous allez attendre qu'elle finisse parce que vous savez que derrière, il y a ensuite une phase d'enthousiasme.

Donc, cette simple connaissance va limiter l'ampleur des pics positifs et négatifs. Vous n'allez pas vous envoler, c'est incroyable, parce que vous savez que c'est un pic d'enthousiasme. Et vous n'allez pas sombrer dans les enfers parce que vous savez que c'est une descente aux enfers. Et l'amplitude des pics va se réduire énormément, ce qui va rendre le chemin vers la récupération sinon plus doux, beaucoup plus facile à vivre. Et rien que ça, je peux vous dire que ça a mérité que vous restiez jusqu'à ce moment-là à écouter cet épisode.

Une astuce : le mantra et la visualisation

Et là, je vais vous faire une petite parenthèse, qui est une astuce que j'ai mise en place tout naturellement. C'est après, en étudiant le fonctionnement du cerveau, les neurosciences et toutes ces choses-là, que j'ai compris la puissance de cette astuce que j'avais mise en place et que je vais vous partager.

Quand moi j'étais dans toutes ces phases-là, que c'était extrêmement compliqué, il y avait une chose que je me disais tous les jours, comme un mantra : « peu importe où j'en suis, demain je serai mieux qu'aujourd'hui. » Peu importe où j'en suis, demain sera meilleur qu'aujourd'hui. J'ai juste à passer cette journée. Demain, même si c'est 0,1 %, j'aurai gagné ça, demain sera un jour meilleur. Premier mantra, tous les jours, chaque fois que je touchais le fond, que j'étais dans la noirceur la plus dégueulasse, je me disais ça : demain sera meilleur qu'aujourd'hui.

Deuxième astuce. Moi, je suis passionné de surf et je n'avais qu'un rêve : c'est de pouvoir aller surfer. Ce qui était absolument inenvisageable là où j'étais physiquement, mentalement, émotionnellement : mon corps était complètement en vrac. À ces moments-là, je doutais même d'être en capacité de surfer à nouveau. Ce que j'avais fait : j'avais posé une planche de surf dans ma chambre et tous les jours, je passais des heures à fixer cette planche. J'avais rien de mieux à faire. Alors, j'ai quand même passé une phase d'un mois et demi où je ne pouvais pas bouger. Je pouvais juste fixer à peu près 50 centimètres carrés dans le plafond de la chambre. C'est tout. Donc, je pouvais à peine me tourner un petit peu pour voir du coin de l'œil la planche de surf et je passais des heures à la regarder.

Et je parlais avec elle. Et je disais : « ensemble, on va vivre des choses extraordinaires. » Et quand je lui parlais, je visualisais ce moment où je mettrais les pieds à l'eau, ma planche sous le bras. Je ne visualisais même pas les vagues, ça me fatiguait d'imaginer que je surfais. Par contre, je savais que je kiffais ça tellement que je me voyais les pieds dans l'eau, la sensation du sable. Encore à ce jour, je vous en parle et j'ai les sensations comme si j'étais à la plage, tellement je les visualisais. J'ai les sensations du sable dans les pieds, les sensations de l'eau qui me mouillent les chevilles et la joie immense qui m'habite. Alors que je sens ma planche sous le bras et j'ai le cœur qui exulte parce que je suis en lien à nouveau avec cet océan qui me remplit de vie et de joie depuis toute ma vie.

Moi, c'était le surf. Vous, c'est quoi ? Ça va être quoi votre visualisation ? Projetez-vous et chaque jour le même mantra : demain sera meilleur qu'aujourd'hui. Demain sera meilleur qu'aujourd'hui. Et in fine, arrivera un jour où il sera nettement meilleur que tous les autres et où je sortirai de ce maudit tunnel.

Et ensuite, pour vous aider, à ce moment-là, visualisez la récompense. Cette récompense magnifique que vous allez vous octroyer le jour où vous pourrez enfin vivre ce rêve, qui voudra dire que vous êtes sorti du tunnel. Pour moi, c'était aller surfer. Pour vous, ce sera autre chose. Mais visualisez-le, imaginez-le. Et je vais vous dire une chose : si vous êtes de ceux ou celles qui n'arrivez pas à visualiser parce que vous ne voyez rien dans votre tête, on s'en fout. Ressentez la projection. Si vous êtes auditif, faites une audition plutôt qu'une visualisation. Entendez tout ce que vous allez entendre et expérimenter à ce moment-là. Vous êtes plutôt kinesthésique : oubliez de visualiser si les images ne viennent pas. Ressentez ce que ce moment magique va vous apporter. Ainsi, le terme « visualisation » vous donnera un sens nouveau, beaucoup plus compréhensible et proche de ce qui vous parle à vous.

Ça, c'était le petit clin d'œil. Car maintenant, on va clôturer le podcast bientôt avec la dernière phase de récupération qui est le retour à la vie normale.

Phase de récupération 3 — Le retour à la vie normale

Car oui, chers amis, à nouveau la vie est belle. On recommence une vie normale. On a envie de profiter de la vie, d'arrêter de s'enquiquiner, c'est bon. On a assez vu. Et là, vous aurez un refus total de vous laisser faire à nouveau. Là, vous avez développé une certaine corne, une résistance aux enquiquineurs et aux empêcheurs de tourner en rond et aux contraintes de la vie. Et vous savez que la vie peut être belle. Vous vous êtes donné les moyens d'en arriver jusqu'ici et vous avez envie de croquer à cette récompense.

Penser à nouveau aux autres

Attention, à leur vigilance. Car cette dernière phase de retour à la vie normale est une phase égoïste et égotique. Nous avons besoin de récupérer, donc c'est un processus psychologique normal dans lequel il y a un repli sur soi. On ne pense qu'à soi et c'est la seule chose qui nous préoccupe. Moi, je, mon, moi. Sauf que le moment est venu de commencer à penser aux autres.

Vous avez passé toutes ces phases en dents de scie, la phase critique et tout ça, à dépendre du bon vouloir des autres, de vous accompagner, tout ça, etc., etc. Bon, à ce moment-là, c'est bien de ne penser qu'à vous, vous n'aviez pas d'autre choix, il fallait passer par là. Mais maintenant que vous avez récupéré, il est nécessaire de commencer à accepter que tout ne tourne pas autour de vous à l'infini. Vous devrez particulièrement commencer à penser à ceux qui se sont donné autant de mal pour que vous puissiez vous en sortir. Et dans cette phase, par égoisme, on peut faire du mal à ceux qui se sont fatigués d'avoir tout donné pour nous.

Alors, recommandation : conscientisez le fait qu'il faut commencer à faire des efforts — vous n'aimez pas ce mot — pour mettre de l'eau dans votre vin. La phase noir et blanc est finie, elle doit finir. Vous reprenez des relations sociales normales. Mais je vous dis ça, et vous allez vous rendre compte que ça gratte. C'est pas facile, parce que vous, c'est bon de faire du noir et blanc, et le simple fait de vous dire que vous devez faire des efforts est presque contre-intuitif. Vous allez sentir une résistance intérieure. « Ah, j'ai pas envie de faire des efforts. J'ai envie de sortir le bazooka. » Mais vous savez que le bazooka, il ne vous apportera rien de bon maintenant.

Déjà qu'avant, je vous ai dit vigilance, prenez le temps pour prendre des décisions. Alors maintenant que vous avez récupéré, si vous allez dans la vie à coup de bazooka, vous n'irez pas bien loin. Pas du tout. Donc, attention, c'est vous qui commencez à faire des efforts. Autour de vous, beaucoup de gens ont fait beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup pour vous et votre récupération. C'est eux qui ont fait des efforts. Maintenant, le moment est venu de rééquilibrer la donne.

Et c'est ici que vous devez être particulièrement vigilant avec les relations qui sont encore là. Car dans cette phase égotique et égoïste, on peut avoir tendance à dire des choses qui font mal du simple fait qu'on n'a pas envie de faire des efforts. Et c'est bête de te retrouver à côté de quelqu'un qui a tout donné par amour et de lui en mettre plein les ratiches. Du simple fait que vous êtes en phase de récupération pour un retour à la vie normale. À ce stade-là, ça commence à être mitigé. Ce n'est plus très justifié. Donc, soyez vigilants.

L'hypersensibilité, prix à payer de la récupération

Mais avant de clôturer, il y a un point très, très, très, très important que je voudrais vous dire. Car vous allez probablement découvrir que vous êtes devenu — écoutez bien le terme, très à la mode actuellement — hypersensible. Oui, vous avez entendu, c'est la mode de l'hypersensibilité. Mais c'est peut-être beaucoup plus qu'une mode, une réalité. On est une société surmenée, on est une société qui subit les affres du burn-out et du pré-burn-out, donc c'est peut-être pas un hasard qu'il y ait autant de gens hypersensibles autour de nous et que ce soit beaucoup plus qu'une mode, mais l'effet collatéral d'un corps malmené.

Je m'explique. Après un burn-out, ou dans les phases terminales avant la déclaration d'un burn-out, le corps développe de nouvelles défenses pour éviter de repasser par là où il a déjà dû passer une fois. Et pour cela, il réduit votre seuil de tolérance. En fait, c'est simple. Le corps, il dit : « attends, je lui ai laissé faire » — en parlant de vous — « il m'a mis plein la gueule. Eh bien, une fois je lui ai fait confiance, pas deux. Du coup, pour éviter qu'il m'en remette plein la gueule, je vais réduire son seuil de tolérance. » Ce qui va faire que quand il va rentrer dans des zones où, je sais que je peux résister, lui, il croira qu'il ne peut pas. Il lèvera les barrières de protection à temps parce qu'il m'a prouvé qu'il n'est pas capable de le faire.

Du coup, cette astuce que votre corps a développée pour s'assurer que vous ne retombez pas dans le burn-out va vous amener à être beaucoup moins — je mets des guillemets — « résistant » en apparence, parce que vous l'êtes toujours autant. Mais il va y avoir une sorte de résurgence, ça vous sort par les portes de la terre. Vous vomissez la situation, il est hors de question que vous viviez ça. Alors qu'avant, ce genre de situation, ça passait comme une lettre à la poste.

Dit autrement, le corps a fait de vous quelqu'un de beaucoup plus sensible qu'avant. Et ceci va avoir des impacts émotionnels, va créer un hermétisme au stress aigu. Et donc tout cela, on pourrait le nommer hypersensibilité. Ce qui va vous obliger à prendre un nouveau rapport aux autres et aux relations sociales. Et ensuite à développer des outils pour apprendre à vivre avec l'hypersensibilité. Aïe ! Ça, c'est le prix à payer de vous être bien récupéré.

Les outils pour vivre avec l'hypersensibilité

Et pour cela, vous allez devoir travailler de façon consciente et active l'intelligence émotionnelle. Ouais, il n'y a pas beaucoup de choses qui existent. D'ailleurs, c'est l'une des raisons pour lesquelles je veux écrire un livre sur l'intelligence émotionnelle. L'intelligence émotionnelle pragmatique, pratique, avec des exercices concrets qui apportent des résultats immédiats et à long terme. Parce qu'il est extrêmement important de travailler l'intelligence émotionnelle pour des résultats, pas juste des yaka-faukon et défoncer des portes ouvertes philosophiques.

Le deuxième point à travailler : la qualité de présence. J'ai fait tout un épisode sur cette question-là, donc n'hésitez pas à aller l'écouter si vous voulez savoir de quoi je parle quand il s'agit de qualité de présence, car c'est un espace extraordinaire qui est fait de sérénité, de joie et d'amour. Vous voulez le découvrir ? Écoutez cet épisode. Et si vous ne l'avez pas écouté, c'est que vous n'êtes pas abonné et que probablement vous n'avez pas mis une petite note sur Apple Podcasts et Spotify. Mais je ne vous refais pas le laïus, je l'ai déjà fait tout à l'heure.

Troisième point, une routine à mettre en place : la méditation. Celle-ci, elle vous apportera des bienfaits monumentaux dans votre vie. Il existe des centaines d'exercices différents de méditation qui vous apporteront des bénéfices extraordinaires. À vous de choisir celui qui vous plaît. Il existe plein d'applications et de choses comme ça qui sont même gratuites, donc vous n'avez même pas à payer pour apprendre la méditation aujourd'hui tellement c'est divulgué. Alors qu'en 2010, quand moi j'ai découvert ça, tu disais le terme « méditation », tu étais bon pour la Miviludes, tu étais parti pour faire une secte, c'était mort, tu ne pouvais pas parler de méditation. Aujourd'hui, c'est fini tout ça, la méditation est monnaie courante, il sera très simple pour vous d'intégrer ça dans votre quotidien.

Le développement d'une conscience spirituelle

Mais là, il va vous falloir aussi autre chose. C'est que vous allez vous poser des questions profondes et existentielles pendant toute la durée de votre récupération. Et il est très fort probable que vous développiez une conscience spirituelle. Et vous mettrez derrière ce mot ce que vous avez envie de mettre. C'est un mot qui est de moins en moins tabou. Donc avant, c'était la méditation = secte. La spiritualité, jusqu'à pas très longtemps, c'était égal religion, égal grenouille de bénitier. On était banni d'avance pour beaucoup de gens. Pourtant, dès le moment où vous vous posez une question existentielle, vous rentrez dans une réflexion spirituelle. Et je n'aurai pas à expliquer tout ça. J'espère que dans pas longtemps, la notion de spiritualité sera autant monnaie courante que la méditation.

Mais si vous avez traversé toutes les phases que nous avons décrites, si vous êtes en train de m'écouter au bout d'une heure, ça veut dire que probablement tout ce que je raconte vous parle au plus profond de vos tripes, donc vous savez que ce que je dis est vrai. Et si vous ne l'avez pas vécu encore, vous saurez que ce sera vrai.

Vous allez développer des activités et des routines spirituelles parce que le burn-out vous a obligé à vous poser de vraies questions. Et ces activités et routines spirituelles vont vous aider à beaucoup mieux vivre avec l'hypersensibilité en vous donnant des lieux et des habitudes ressources qui vont vous permettre de recharger les batteries.

De nouvelles habitudes ressources

Mais il n'y aura pas que les activités et les routines spirituelles. Vous pouvez développer plein d'habitudes ressources qui vont faire de vous une nouvelle personne, qui fait des choses qu'elle ne faisait pas avant, avec des habitudes qui amènent des résultats qui n'étaient pas là avant. Et donc une version améliorée « sous stéroïdes », je dirais presque — mais je mets des guillemets, c'est une image, vous n'allez pas prendre des stéroïdes, bien évidemment — qui obtiendra des résultats remarquables parce qu'elle a tout simplement fait éclore une version nouvelle d'elle-même. Et ceci grâce à de nouvelles habitudes.

À la question que vous n'allez pas manquer de poser, « comment je fais pour intégrer ces nouvelles habitudes ? », je vous invite à écouter aussi les deux épisodes que j'ai faits sur la question. Je crois que c'est les épisodes 45 et 46. Et si ce n'est pas le cas, ça doit être un avant, un après, c'est dans ces eaux-là. Une série de deux épisodes sur créer de nouvelles habitudes : les dernières découvertes de la neuroscience, les dernières techniques et approches pour intégrer de nouvelles habitudes et changer radicalement votre vie. Ça, ça va vous aider aussi à créer des habitudes ressources qui vous aideront aussi à vivre l'hypersensibilité, mais surtout à vous prouver que vous pouvez faire émerger une version de vous-même que vous n'aviez jamais imaginée de votre vie. Et celle-ci, je peux vous dire, elle est largement meilleure que les meilleures de vos projections.

Le réalignement : changement de cap en vue

Mais attention, changement de cap en vue. Il est possible que cet épisode vous oblige à rebattre les cartes. Et oui, tout ce que je vous ai raconté, quand vous l'avez traversé, ça a été serti d'un paquet de moments de questionnement existentiel. Et la question que vous allez vous poser tout le temps, c'est : pourquoi ? La première chose : pourquoi je me retrouve là-dedans ? Après, ça va évoluer. Ensuite, c'est : pourquoi ai-je fait ce que j'ai fait ? Ensuite, ça va aller plus loin. Et vous allez vous poser la question de : pourquoi suis-je venu ? Pourquoi vais-je faire des efforts demain ?

Bref, dit autrement, toutes ces questions-là sont des questions spirituelles, qui vous mènent à un travail sur la raison d'être, sur le sens et sur le pourquoi, qui va impérativement amener à un réalignement de conscience, parce que c'est une évolution de conscience. Vous allez sortir d'une ignorance de vous-même, qui va vous amener sur un chemin de plus en plus conscient, qui tend vers la spiritualité.

Et ensuite, il va y avoir un réalignement d'impact. Toutes les personnes qui vivent — ou l'immense majorité, devrais-je dire, des personnes qui vivent ce genre d'épisode — à un moment donné se posent la question de l'impact qu'elles ont dans leur vie et autour d'elles : l'impact en elles-mêmes, l'impact dans leur communauté et l'impact dans le monde dans lequel elles vivent. Elles vont se voir à travers ce prisme-là, qui doit répondre à cette question : est-ce que la vie et le monde sont meilleurs du simple fait que j'ai existé ? Ma vie est-elle meilleure grâce à ce que je fais ? La vie de mes proches est-elle meilleure du simple fait que j'existe et que je fasse ce que je fais ? Est-ce que le monde est meilleur du simple fait que j'ai existé et que je fasse ce que je veux faire ? Ça, c'est le réalignement d'impact.

Et il va y avoir là de grosses chances que vous ayez envie de changer de cap ou d'apporter des changements importants à vos actions futures. Du coup, ici, un seul conseil : donnez-vous le temps de bien faire ce travail. Créez pour cela une phase transitoire. Laissez-lui le temps nécessaire. Si vous voulez changer, d'accord — soit, beaucoup, beaucoup de personnes qui ont fait un burn-out, des années plus tard, ont fait un virage à 180 degrés. OK. Par contre, ne le faites pas du jour au lendemain. C'est l'équivalent de sortir le bazooka. Vous allez vous créer des difficultés qui peuvent être difficiles à transiter un certain temps.

Du coup, pour cela, créez une phase transitoire. Si vous voulez changer, actez-le dans votre tête. C'est ça le plus important. Ce n'est pas le changement en soi qui est important, c'est le fait d'acter dans votre tête que vous avez désormais décidé de changer. Ainsi, une fois que vous savez que vous allez changer de boulot, par exemple, vous allez pouvoir retourner au travail en paix, car vous saurez que vous avez un accord avec vous-même à durée déterminée. Voilà, vous allez à la mine aujourd'hui, d'accord ? Mais vous savez que vous avez fini avec ça. Du coup, les problèmes ne vous impacteront pas. Pareil, les difficultés relationnelles non plus, les pressions, les stress et tout ça non plus. « De toute façon, je suis parti. Je tiens pour le moment, parce que c'est nécessaire pour moi, le temps que je vive la phase transitoire et que je me laisse le temps de bien comprendre ce que je veux faire. » Mais ça ne m'impacte plus pareil. Vous allez créer un détachement.

Sans ça, sans cette prise de conscience, vous subirez au quotidien le poids de l'incertitude et du non-alignement. Chaque matin, vous vous lèverez la boule au ventre parce que vous irez dans un boulot que vous ne voulez plus avoir, mais vous ne savez pas ce que vous voulez faire. Donc, du coup, vous vous forcez à y aller parce que vous devez payer les factures. Et ça, c'est horrible. Le moment où vous avez acté que vous ne voulez plus être là, ce sera le plus important.

Et parfois, pour certains ou certaines d'entre vous, le fait de vous laisser le droit de vous poser cette question va vous amener à prendre conscience que votre boulot, vous ne voulez pas le changer, vous ne voulez pas le perdre. Il y a des choses qui doivent changer, mais en fait, vous êtes là où vous avez envie d'être. Et du coup, vous allez revenir, mais plus du tout de la même façon. Ainsi, en vous étant donné le droit d'acter potentiellement le fait que vous voulez changer, vous prendrez conscience qu'en fin de compte, ce que vous voulez changer, ce n'est pas le travail, c'est le contexte dans lequel s'exerce le travail. Et ça, c'est vous qui allez vous en rendre compte.

Préparer la transition

Mais si vous décidez de changer de cap, quel qu'il soit, préparez la transition. C'est ça que j'appelle créer une phase transitoire. Et pendant cette transition : informez-vous. Ensuite, formez-vous. Organisez. Créez, développez des stratégies. Faites éventuellement de la prospection. Et c'est ça, préparer la transition : faire tout le nécessaire pour que le changement se fasse en douceur.

Si vous voulez changer de métier, formez-vous avec les compétences nécessaires pour pouvoir exercer ce métier-là. Ne vous lancez pas la fleur au fusil. Si ensuite vous constatez que vous devez vous former, vous allez peut-être vous obliger à 2-3 ans de disette parce que vous devez vous former et vous n'avez plus de revenus. Et ça, ça va être difficile à vivre. Ensuite, il faut organiser tout ça, étape par étape. Si vous développez une nouvelle activité ou quoi que ce soit, vous vous mettez à votre compte, il va vous falloir une stratégie qui vous permet de réduire au maximum les zones d'incertitude pour favoriser l'arrivée des revenus. Si vous voulez changer de boulot, il vous faut aussi une stratégie qui va vous amener à prospecter, sinon des clients, des entreprises qui veulent bien vous accueillir, et que vous vous mettiez en phase active de recherche sans vous mettre de la pression, etc.

Et quand vous avez fait tout ça, là vous êtes prêt à changer. Et là vous prendrez conscience que le burnout n'était pas la fin, mais le premier chapitre d'un livre qui s'écrira avec l'encre de vos rêves et de votre renaissance. Le burn-out aura fait de vous un phénix. Vos cendres seront l'aube d'un renouveau. Et vous n'imaginez pas tout ce dont vous êtes réellement capable, ni à quel point la vie peut être belle pour vous. Vous pourriez bel et bien dire un jour que ceci est la meilleure chose qui vous soit jamais arrivée. Et je suis prêt à prendre des paris.

Conclusion

Chers amis, merci encore une fois d'être resté jusqu'au bout de cet épisode. Je les vis dans les tripes, ces épisodes sur le burn-out. Je suis étonné qu'en 80 épisodes et plus, je n'aie jamais parlé de cette thématique encore. Et c'est un problème qui est résolu désormais. Trois épisodes pour comprendre le burn-out d'une façon différente, inclusive, expérientielle, comportementale, pour nous permettre de vivre ces difficultés avec beaucoup plus d'espoir que de désarroi.

Dans cet épisode, nous avons traversé rapidement les indicateurs pré-burnout qui nous disent que nous nous rapprochons inévitablement d'une zone dangereuse, et nous avons dédié l'immense majorité de cet épisode aux phases de récupération. D'abord, sortir de la zone critique. Ensuite, comprendre les dents de scie d'une longue phase de récupération, pour ensuite aboutir enfin à la dernière phase de récupération, le retour à la vie normale.

Le burn-out est un fléau qui sévit dans nos entreprises, dans nos sociétés, dans nos familles, dans notre environnement. Aujourd'hui, personne n'est à l'abri d'un burn-out et je pense que personne n'est pas touché de façon directe ou indirecte par le burn-out. Nous connaissons tous des personnes qui sont tombées dedans. Le moment est venu de faire la peau à ce fléau. Et maintenant, vous êtes parés pour le faire de la meilleure façon possible.

Je suis Iker Aguirre et ceci est votre chaîne de podcast « Une alchimie de l'éveil ». Elle vous est présentée par Konxus Media, KonxusMedia.com, le média pour une vie pro et perso en conscience. N'hésitez pas à découvrir nos travaux sur notre site internet, mais aussi dans notre nouveau magazine papier : 120 pages de papier couleur, 100 % couleur, une fois par trimestre, des articles exclusifs. Si vous voulez apporter votre appui à ces efforts de divulgation, si vous aimez notre travail, si vous adorez le contenu du magazine, abonnez-vous et vous nous aiderez dans nos efforts de divulgation, car ces ventes-là aident à financer cette chaîne gratuite.

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Sur ce, je vous donne rendez-vous pour le prochain épisode, car cette aventure n'est toujours pas finie. Elle ne fait que commencer. Il nous reste encore beaucoup de belles choses à découvrir ensemble.