Une Alchimie de l'Eveil
Une Alchimie de l'Eveil
Ep. 91 : L'art de tourner la page
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Découvrez l'art de tourner la page et la psychologie qui se cache derrière les métamorphoses de la vie. Apprenez à observer les différentes phases nécessaires à la transformation grâce à la courbe de deuil de Kubler Ross puis trouver l'espace pour vous renaitre à partir d'un futur émergent grâce à la Théorie U d'Otto Scharmer. Découvrez ainsi pourquoi c'est parfois aussi difficile de passer à autre chose et les leviers qui sont en vous pour accepter ce que la vie vous apporte pour connecter ainsi avec la part la plus essentielle de votre être : celle qui vous parle et vous guide en disant toujours vrai.
Dans le détail, vous découvrirez :
👉 Le pouvoir des transitions pour voir la fin autrement
👉 Comprendre les métamorphoses de la vie
👉 Gérer le changement et savoir vivre les transitions
👉 Comprendre notre psychologie du changement avec la courbe de deuil de Kubler Ross
👉 Faire sauter les résistances avec la Théorie U
👉 Célébrer la vie plutôt que la mort
👉 Les seules 3 questions qui comptent pour toute une vie
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Le moment est venu de réinventer notre humanité et ce n’est pas en restant dans la cadre que nous allons le faire.
Chers amis, bonjour et bienvenue dans votre chaîne de podcast « Une alchimie de l'éveil ». Je suis Iker Aguirre et aujourd'hui nous partons en voyage dans l'art de tourner la page à travers les métamorphoses de la vie.
Oui, ça fait trois mois que je n'ai rien posté. Je n'ai pas vu le temps passer. Et on m'a demandé : « Mais Iker, tu étais mort ou quoi ? Il n'y a plus d'épisode. » Non, je ne suis pas mort. Mais nous allons aujourd'hui parler des métamorphoses que la mort nous amène, le renouveau, la renaissance. Ceci est un épisode pour les optimistes.
Épisode 91, on se rapproche inlassablement du centième épisode, et maintenant nous allons tourner la page du premier siècle d'épisodes qui se rapproche. Un bilan de vie s'impose et c'est la fin de l'année, je crois que c'est le bon moment de s'y mettre.
Bon sang, trois mois sans donner de nouvelles, trois mois sans publier d'épisodes. Non, je n'étais pas mort. J'étais juste porté par un cycle de vie à la fois extrêmement stimulant et très engageant en même temps. Non, je n'étais pas mort. Mais nous arrivons à un moment de l'année où, si l'on écoute la théorie des énergies des médecins chinois, de la médecine traditionnelle chinoise, nous arriverions au 21 décembre au zénith de la descente des énergies. C'est là que les énergies yin, les énergies d'introspection, de voyage intérieur, de contemplation, de bilan de vie, sont les plus fortes. À partir du 21 décembre, il y a un renouveau. La lumière revient, l'énergie revient. C'est la renaissance et avec elle, le printemps qui arrive.
Bien, donc je me suis dit : je vais faire un épisode sur la fin, les métamorphoses de la vie. On va parler de la mort, mais c'est un épisode qui va parler de la mort pour les optimistes. Un épisode sur l'art de tourner la page. Parce qu'en ce moment, Dieu sait que les temps sont durs et j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de personnes qui m'entourent qui traversent des périodes particulièrement compliquées. Ces périodes amènent à devoir faire face à de véritables transformations. C'est dire au revoir à l'ancien pour accueillir un renouveau avec toutes les difficultés que ceci suppose.
Eh bien, cet épisode est destiné à toutes ces personnes avec lesquelles j'ai pu échanger pendant trois mois. Toutes ces personnes qui aujourd'hui ont du mal à avancer. Toutes ces personnes qui se disent : je ne sais pas comment je vais y arriver. On va parler de l'art de tourner la page, de comment les métamorphoses de la vie sont un défi pour nous, mais en même temps une véritable opportunité.
Ce que nous allons apprendre
Donc maintenant que je dis ça, dans cet épisode, voici ce que nous allons aborder. Comme ça, vous savez si vous êtes au bon endroit. Sinon, vous pouvez raccrocher, vaquer à d'autres occupations, plutôt que de perdre du temps avec moi, avec ma logorrhée caractéristique. Ou sinon, pour ceux qui ne comprennent pas le mot logorrhée, c'est une véritable diarrhée verbale.
Mais voici ce que nous allons apprendre. D'abord, nous allons parler du pouvoir des transitions pour voir la ou les fins autrement. On va alors apprendre à comprendre les métamorphoses de la vie et ce qu'il se passe quand, en fin de compte, un choc ou un changement obligatoire s'impose à nous. De là, il va être question de comment gérer le changement et savoir mieux vivre les transitions. Et là, je veux parler de deux approches : la courbe de deuil d'Elisabeth Kübler-Ross et aussi comment faire sauter les résistances avec la théorie U d'Otto Scharmer du MIT.
De là, on partira en voyage dans le monde et on verra qu'en réalité, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de traditions célèbrent plutôt la vie. Célèbrent la vie plutôt que la mort. Et je conclurai cet épisode avec les trois seules questions qui comptent pour toute une vie. Trois questions qui, si elles ont toutes votre attention, vous donnent la certitude que vous aurez réussi votre vie.
Konxus Media
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La fin comme fin de cycle
Dans cet épisode, nous allons parler de la fin, voire de la mort, avec un angle un peu différent. C'est une vision plus large. La mort, on va la considérer comme une fin de cycle. Donc, ce n'est pas la mort avec un grand thème, c'est-à-dire le dernier jour où je passe de vie à trépas — même si on va en parler aussi, parce qu'il y a pléthore d'études extrêmement intéressantes qui nous donnent un angle plutôt optimiste de ce qu'elle suppose. Je ferme la parenthèse.
Nous allons parler de la fin ou des fins. Nous en vivons continuellement. La vie est cycle en permanence. Et chaque cycle, quand il arrive à sa fin, c'est une petite mort que l'on vit. Et c'est cet angle-là que nous allons prendre. Ainsi, c'est une approche au quotidien et le chemin de toute une vie qui, in fine, nous prépare à notre propre fin. Mais est-ce vraiment la fin, cette mort ultime ?
Du coup, nous allons éviter de prendre cet angle qui nous donne un rapport sordide à la mort. Nous allons plutôt prendre un angle rare, un angle optimiste, un angle qui dit : nous avons pléthore de choses à apprendre de la mort, des morts, de la fin ou des fins, si on se donne le droit de les accepter. Ça va donc être un épisode hyper léger, très léger, en dépit du fait que j'utilise le terme « mort ». Il va être un exercice pratique qui vous invite à réfléchir sans pathos pour en sortir grandi. Car derrière ce terme tabou, la mort, la fin, se cachent de véritables pépites pour nous rendre la vie nettement meilleure. Et quoi de plus approprié que de parler de vie quand il s'agit de fin.
2009 : mon expérience proche de la mort
Alors les amis, partons en voyage. Pour moi, l'histoire commence en 2009. Si vous êtes régulier de cette chaîne de podcast, vous savez que le 13 février 2009, j'ai fait un gros burn-out accompagné d'une expérience proche de la mort. J'utilise ce terme avec beaucoup de pudeur et je ne sais pas vraiment pourquoi, parce que c'est vraiment une expérience qui a radicalement changé ma vie. Alors je ne sais pas si c'est le terme « expérience de mort imminente » ou le côté un peu sensationnel qui entoure ce terme-là.
Je pense aussi qu'il y a une certaine pudeur qui se met en place du simple fait qu'il n'y a que ma parole qui dit que j'ai vécu ça. Et il y a quelque part une voix intérieure qui me dit : oui, qui es-tu pour dire que tu as vécu ça ? Est-ce que c'était une expérience au bord de la mort ? Est-ce que c'était une expérience proche de la mort ? Est-ce que c'était juste une expérience mystique ? Même si je sais exactement ce que j'ai vécu, comment je l'ai vécu, et que j'en ai discuté avec Pim van Lommel en personne — qui est un cardiologue néerlandais qui mène la plus grande étude au monde sur les expériences de mort imminente —, même si j'ai échangé en direct avec lui très très en détail sur ce qu'il en était de cette expérience, et que toute la checklist concordait au fait que oui, j'avais vécu cette expérience-là, je garde quand même une certaine pudeur.
Et ce qui compte de cet événement-là, ce n'est pas tellement qu'elle soit aux frontières de la mort ou pas. Ce qui compte, c'est que j'ai vécu un échange avec une voix. Une voix qui m'a parlé, une voix que je connaissais très très très très bien, avec laquelle j'avais un lien extrêmement proche, très intime. C'est vraiment une sorte de lien fusionnel, comme un retour à la maison.
Et cette voix, quand elle m'a parlé, elle m'a posé deux questions. La première question qu'elle m'a posée, c'était : « Iker, es-tu fier de ce que tu as accompli ? » Et j'ai vu le film de ma vie. À cette époque, j'avais plein d'entreprises, les choses tournaient super bien, et dans la checklist de l'homme qui a tout réussi dans la vie, j'avais tout rempli. Pourtant, le film disait le contraire. Et donc la réponse était évidente, surtout que je baignais dans une sorte d'omniscience où tout était vérité. Donc la vérité, je n'avais pas besoin du film pour la savoir, mais elle m'éclate aux yeux quand je rentre de plein cœur dans tous les morceaux choisis du film de ma vie. C'est comme si je les revivais dans toute leur puissance, dans l'émotion réelle, véritable qui m'habitait, c'est-à-dire sans tous les filtres de mensonges que je pouvais me créer pour voir la réalité autrement. Et ça, ça m'a explosé à la figure.
Et après, il y a une deuxième question : « Iker, crois-tu que tu es sur le chemin pour lequel tu es venu ? » Deuxième film de ma vie. Deuxième réponse négative. Et là, j'ai sombré. Alors que j'étais dans cet espace — c'était un très très bel espace, j'étais tout, tout était moi, c'était vraiment extraordinaire comme endroit —, une fois que j'ai eu les deux réponses aux questions, j'en suis sorti et là c'était le désarroi.
Il m'a fallu du temps pour faire le coming out de cette expérience : déjà pour pouvoir me l'avouer à moi-même, ensuite pour pouvoir l'avouer à mes proches, et ensuite pour pouvoir en parler ouvertement, il a fallu des années. La chance que j'ai eue, c'est de croiser le chemin de Pim van Lommel. J'intervenais dans un congrès où lui était conférencier aussi, et j'ai pu échanger avec lui sur cette question et enfin pouvoir nommer et trouver une nouvelle piste de recherche. En fin de compte, le jour où j'ai pu nommer, c'est comme si je me retrouvais moi-même. C'est très étrange comme situation. Alors que ça prend tellement d'années pour sortir du placard, dans ce contexte-là. Le jour où je peux nommer ce qui m'est arrivé, c'est comme si une part de moi était revenue en moi. C'est très étrange.
Du coup, une fois — on est en 2015 quand je rencontre Pim van Lommel. Donc 2009-2015, six ans pour arriver à nommer. Et quand je me retrouve dans cet espace de nommer, je découvre grâce à Pim van Lommel qu'en fin de compte, il existe plein d'études scientifiques sur les expériences de mort imminente. Lui, il mène la plus grosse au monde. C'est des milliers de personnes qu'il suit. Une fois qu'elles meurent et qu'elles reviennent — il y a donc mort clinique et elles reviennent —, ils ont un protocole de questionnement pour savoir ce qui s'est passé pendant l'événement, pendant les minutes durant lesquelles elles étaient mortes, ce qui s'est passé en elles. Ils ont un protocole très très précis. Mais après, ce qui est intéressant avec l'étude de Pim van Lommel, c'est qu'ils vont suivre l'évolution de ces personnes-là pour le restant de leur vie jusqu'à leur mort véritable, si l'on peut dire. Donc ça donne une étude extraordinaire. Mais ce n'est pas la seule, il y en a plein d'autres.
Et à côté de ça, j'ai découvert d'autres types d'études. Des études sur les fins de vie. Les personnes qui savent qu'elles vont mourir, et qu'on vient interviewer : on leur demande qu'est-ce que tu retiens de la vie que tu as vécue ? Quelles seraient les leçons que tu veux garder ? Qu'est-ce que tu ferais autrement ? Et tout ce genre de questions. Et avec ça, je découvre plein de choses.
La première chose : l'expérience que j'ai vécue a été comme une explosion de spiritualité dans la figure. Parce que c'est qui, cette voix ? Moi à l'époque, je vous dirais, la seule chose qui m'intéressait, c'était faire la fête avec les potes, voyager, surfer, faire du snowboard. C'était assez binaire dans ma tête et dans ma vie. Et c'était une vie de kiff absolu que j'avais. Pourtant, je me retrouve là-dedans. Et là, soudainement, je sais que je viens de quelque part. Je sais que je vais quelque part. Je sais qu'entre les deux il y a un chemin. Et je sais qu'il y a une voix qui m'a parlé. C'est quoi tout ce bazar ? C'est ainsi que je me prends la spiritualité en plein dans la figure, et à travers elle aussi, à travers cette expérience, un nouveau rapport à la mort.
Et c'est comme ça que je rentre dans ce monde-là qui, pour moi jusqu'à ce moment-là, était tabou. La mort était quelque chose que je ne pouvais pas voir, c'est-à-dire que je ne pouvais pas m'approcher d'un cimetière, je ne pouvais pas aller dans les enterrements. C'était quelque chose qui était pour moi impossible. Et là, soudainement, je me retrouve à gérer tout ça. C'était quand même particulièrement dingue.
Et je n'étais que comme l'immense majorité des gens dans cette société schizophrénique dans laquelle on vit, qui banalise la mort de plus en plus avec des assassinats, des séries où il y a des assassinats dans les films, etc. Il y a des morts partout, des séries de plus en plus violentes et sordides. Ça devient une banalisation de la mort, tout en la rendant de plus en plus tabou. Et c'est à devenir fou, en fait. Bref, une fois de plus, nous sommes dans une société des extrêmes. Et ce que nous allons faire aujourd'hui, si vous êtes d'accord, c'est viser le milieu, sortir des extrêmes et se dire : et s'il y avait une autre interprétation ? Et c'est comme ça, de vous permettre d'avoir une autre approche un peu plus douce de la fin ou des fins, que j'ai pu apprendre le long des années grâce à cette expérience qui m'a radicalement, profondément transformé et apporté des découvertes extraordinaires, magnifiques, qui ont fait que ma vie aujourd'hui est tellement plus belle, du simple fait qu'un jour j'ai rencontré la mort.
Un clin d'œil à Jean-Claude Chalmin
Je veux faire un petit clin d'œil avant de continuer à Jean-Claude Chalmin, que j'ai rencontré lors d'une conférence que j'ai faite à Perpignan pour les dix ans de la société optimaliste d'Alix Vie. Jean-Claude gère des pompes funèbres et j'ai adoré notre rencontre. C'était une rencontre pleine de vie, d'optimisme, où en fin de compte nous avons discuté de la mort à travers la vie qu'elle représente, des opportunités qu'elle représente. Et j'ai découvert dans ce bonhomme une passion, une passion pour ce qui tournait autour de la mort et comment on la traite dans les différentes civilisations, les différentes traditions. Et il voyage de par le monde et il s'intéresse à comment celle-ci est traitée.
En rentrant de cette conférence, c'est le travail que j'ai fait : j'ai commencé à creuser. Et alors que j'avais déjà fait plein d'années autour de l'étude de la notion de mort et de vie, voici que je découvre en plus une beauté extraordinaire dont je ne manquerai pas de vous parler. Donc, petit clin d'œil et remerciement à Jean-Claude et à Alix de m'avoir permis de le rencontrer.
Les renaissances au quotidien et l'impermanence
Maintenant, nous allons parler des renaissances au quotidien, à travers cette notion d'impermanence qui tient à cœur à mes chers amis bouddhistes, qui disent qu'en réalité, tout ce que nous vivons n'est qu'une illusion, n'est que cycle permanent de naissance, de mort et de renaissance, et que tout est impermanence. La seule certitude que nous avons, c'est que rien ne perdure. La seule constante qui existe dans cet univers illusoire est qu'il n'y a rien de constant. Ainsi, ils nous disent que s'accrocher à quoi que ce soit n'est qu'une autre illusion stupide et inutile. Parce que quoi qu'il en soit, ce que nous sommes en train de vivre là finira et sera remplacé par autre chose.
Et peu importe les ordres d'ampleur dans lesquels vous vous mettez, il y aura toujours un début et une fin. Les très mauvais moments, les très difficiles — si vous m'écoutez, vous en traversez, comme il y a tant de gens autour de moi en ce moment qui en traversent —, si vous vivez un de ces moments-là, ça finira un jour. Et derrière il y aura plein de lumière. Et quand la lumière viendra, elle finira aussi. Parce que la vie est faite de cycles.
Mais la lumière est toujours en nous. Et c'est de ça dont nous allons parler aujourd'hui. C'est qu'en réalité, il y a une partie de vous qui vit tous ces cycles-là. Et les bouddhistes, ce qu'ils nous amènent, c'est à expérimenter ce que j'appelle l'essence pure de l'être. Ils parlent de la nature de l'esprit. Et ils nous amènent à expérimenter cet état d'être fondamental qui est au-delà des cycles, qui lui ne s'accroche plus à ce qui est illusion. Parce qu'ils disent que la souffrance que nous subissons vient du refus du changement et pas du changement en soi.
Ainsi, à travers ces pratiques que j'ai pu découvrir avec les bouddhistes, ils vous amènent à découvrir une qualité de présence. Et cette qualité de présence, elle, est une constante. C'est ce qu'eux appellent la nature de l'esprit. Mais vous n'avez pas besoin d'être en état de Bouddha pour expérimenter la nature de l'esprit. Vous pouvez expérimenter les qualités de la nature de l'esprit avant d'intégrer pleinement la nature de l'esprit. Vous voyez ce que je veux dire ?
Eh bien, très simplement — ici je n'ai pas le temps de vous le décrire, ce n'est pas la thématique d'aujourd'hui, mais dans d'autres épisodes de cette chaîne, vous pourrez découvrir le travail sur la qualité de présence, et je vous invite à voir l'épisode en question où vous irez plus loin. Car la qualité de présence, vous apprenez dans cet épisode, a trois caractéristiques essentielles dans cet espace dont je suis en train de parler. Trois qualités qui sont celles de la nature de l'esprit : sérénité, joie et amour. Et tout être humain sur terre, quel qu'il soit, n'importe quel que soit le moment de sa vie dans lequel il se trouve, il, elle, est sérénité, joie et amour.
Ainsi, dans tout ce que je vais vous raconter, on va parler de la fin des cycles, des transformations, des renaissances, avec en toile de fond cette présence permanente qui est un ancrage auquel vous pouvez vous référer pour trouver en vous le véritable pilier de votre existence. C'est le Saint Graal que cherchaient les stoïciens, c'est le Saint Graal que recherche la pleine conscience, c'est le Saint Graal que cherchaient les épicuriens aussi, c'est le Saint Graal que recherchent aussi les bouddhistes. Bref, les traditions de par le monde cherchent cet espace-là. Et ce que je vais vous raconter, ce sont plein de façons différentes de vivre votre humanité pour aller ensuite trouver le moment idéal dans lequel toucher cet espace de magie extraordinaire.
La courbe de deuil d'Elisabeth Kübler-Ross
Ainsi, je ne peux pas ne pas parler de la courbe de deuil d'Elisabeth Kübler-Ross. Cette courbe de deuil nous explique comment, à un moment donné de notre vie, à beaucoup de moments donnés de notre vie, nous subissons un choc. Il y a un déclencheur que l'on se prend dans la figure. Ce déclencheur nous amène à nous prendre le mur à 200 km/heure. Et là, ce que nous nous disons, si on devait résumer cette phase avec des guillemets, c'est « aïe ». Ou on pourrait dire une onomatopée : « boum ».
La stupeur
À ce moment-là, nous sommes dans la stupeur. Il y a une parenthèse de stupeur chaque fois que l'on se prend un choc. On vous annonce une très bonne nouvelle. Votre compagnon ou votre compagne vous dit qu'elle vous quitte. Vous faites une perte monumentale, vous perdez quelqu'un de proche. Il y a une parenthèse dans laquelle vous ne savez pas où vous habitez. C'est comme... vous vous rappelez quand vous étiez gamin ? Aujourd'hui, ça n'existe plus ça. Mais nous, les anciens, je me rappelle à l'époque, on se prenait des claques parfois. Les anciens, ils n'étaient pas contents avec nous, et bam, ils te mettaient une grosse torgnole dans les dents. Vous vous rappelez ce moment où tu te prenais la grosse claque qui avait laissé la trace des dents dans ta joue ? Au moment où tu te prenais la claque, il y avait un moment, quelques secondes, où tu ne savais pas où t'habiter. Eh bien, ça, c'est le moment de stupeur. Suivant la violence du choc, il peut durer plus ou moins longtemps. Il peut durer plusieurs jours, 24, 48 heures où tu ne sais pas où tu habites. Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Ça, c'est le début de la courbe de deuil.
Le déni, la colère, la peur, la tristesse
Après, la première étape, c'est le déni. C'est là que vous vous dites : ce n'est pas possible. Mais non, ce n'est pas possible. En fait, vous refusez ce qui vient de vous arriver. Non, non, ce n'est pas possible que ceci se soit passé. Il doit y avoir une autre issue. Et cette phase-là dure aussi quelques jours.
Une fois que vous acceptez que oui, c'est possible, là, c'est la colère qui vient. C'est l'étape suivante de la courbe de deuil. Et la colère : non, ils n'ont pas le droit, c'est pas possible. Vous vous énervez, vous vous insurgez, c'est injuste, je ne veux pas.
Une fois que la colère passe, c'est la peur qui arrive. Et là, vous allez observer plein, plein d'implications de cette perte. Et si, et si ça, et maintenant comment vais-je faire ? Et si... il y a une sorte d'apnée.
Et après la peur, le cycle se poursuit et vous arrivez à toucher le fond, et c'est là que la tristesse vient s'exprimer. C'était si bien avant, je vivais ceci et je ne pourrai plus le faire. Tout ce genre de choses, c'est la tristesse, et là c'est les pleurs qui viennent.
Eh bien, ces quatre étapes — déni, colère, peur et tristesse — sont une descente essentielle qu'il est nécessaire de vivre pour pouvoir passer au cycle suivant. Beaucoup de personnes restent bloquées là-dedans parce qu'elles-mêmes s'accrochent au déni, à la colère, à la peur ou à la tristesse et ne veulent plus en sortir, ou parce qu'on les oblige à rester dedans.
Quand on reste bloqué
J'ai un client que j'accompagne, il s'est retrouvé dans une situation extrêmement compliquée. Il a vendu sa boîte — c'est un client qui avait fait une boîte qu'il a fait monter jusqu'à 100 millions d'euros, il l'a super bien vendue, et au moment où il a vendu, en face il avait des personnes qui n'étaient pas forcément de très bonne composition. Du coup, pour défendre ses intérêts et que les accords de la signature soient respectés, ils sont partis dans un cycle de tribunaux infinis qui a duré des années et des années et des années. Et ce cycle-là est arrivé à terme ce mois-ci. Ce mois-ci, ce cycle arrive à terme. Et la personne me dit : mais écoute, quelle libération.
Et en fait, je lui ai expliqué : c'est normal que tu sentes cette libération, c'est parce qu'enfin tu peux aller à ta vie. Il me disait : j'ai l'impression de pédaler sans chaîne depuis des années, d'être bloqué dans quelque chose qui m'empêche d'aller à autre chose, d'être vraiment ankylosé. J'ai dit : mais en fait c'est exactement ce qui se passe, parce qu'à force de te cogner tribunal sur tribunal, tu passes continuellement par des micro-phases de colère, de peur, de tristesse, de colère, de peur, de tristesse. Et en fin de compte, chaque tribunal, la mauvaise foi de la partie adverse, devoir défendre ton dossier, ça te ramène à chaque fois à la partie de la courbe de la descente. Et maintenant que tu es arrivé à la fin de toutes les velléités juridiques, que tu sais que c'est fini, maintenant tu peux réellement clôturer cette histoire.
D'autres personnes sont dans des espaces complètement différents. Ils refusent tout simplement d'arrêter, ils sont en colère. Combien de gens connaissez-vous qui sont en colère, qui depuis des décennies sont en colère et broient de la colère parce qu'ils ne lâchent pas ? En fait, ils font vie avec cette colère-là. À un moment de leur vie, ils ont vécu un choc qui les a mis tellement en colère qu'ils ne veulent plus lâcher. Ils veulent se venger. Ils ne lâcheront pas parce qu'il y a de la haine qu'ils ne veulent pas lâcher. Ils ne laissent pas la peur venir parce que la peur fait trop peur. Ils ne veulent pas exprimer la tristesse parce que c'est un signe de faiblesse, et c'est un signe de vouloir laisser tomber. Et dans les deux cas, soit parce qu'on t'oblige à être dedans, soit parce que tu y restes, on se retrouve dans un cycle infernal. Car en réalité, la psychologie de tout être humain a besoin de descendre par ce cycle de déni, de colère, de peur et de tristesse.
Une descente en spirale, pas linéaire
Et ici, je vous fais une parenthèse. Ne pensez pas que c'est mathématique. D'abord, une phase de déni. Ensuite, une phase de colère. Ensuite, une phase de peur. Et ensuite, une phase de tristesse. CQFD, j'ai bien fait mon devoir, on continue. Non. Dès le début, vous allez avoir un mélange de tout. Mais le déni va être beaucoup plus présent. Le bon indicateur, c'est quand la colère commence à arriver : vous êtes encore dans le déni, vous avez des pointes de colère et un petit peu de peur aussi. La tristesse aussi est là. Mais vous vous rendez compte qu'il y a l'une des étapes qui est prédominante. Et c'est ce qui vous indique : quand vous êtes réellement en colère, vous savez que vous êtes dans l'étape 2.
Mais c'est deux pas en avant, un pas en arrière. Ce n'est pas linéaire. Vous êtes dans le déni, vous rentrez dans la colère, la colère vous ramène à une phase de déni. Vous refaites deux pas, vous passez par la colère, vous passez ensuite dans la peur. La peur vous ramène à nouveau à la colère. La colère vous ramène à la peur et ensuite à la tristesse. Et la tristesse vous ramène à la peur. Et parfois, elle vous ramène à nouveau à la colère. Et donc, c'est une évolution en spirale. Ce n'est pas linéaire.
Mais le plus important à reconnaître dans l'approche psychologique d'une courbe de deuil, c'est que vous devez vivre ces émotions, et c'est juste normal et c'est bénéfique. C'est ça qu'il faut enregistrer : c'est bénéfique de passer par des phases de colère, de peur et de tristesse, parce que votre corps libère le trop-plein émotionnel. Je vous invite à écouter l'épisode sur le réservoir émotionnel pour mieux comprendre l'importance de ce cycle-là. Parce que sinon, je peux vous assurer qu'à d'autres phases plus tardives de votre vie, ça va vous éclater à la gueule. Parce que ces énergies-là ont quand même besoin de sortir.
L'acceptation, le pardon, le renouveau
Maintenant que j'ai dit tout ça sur la courbe de deuil : une fois que vous avez passé la phase de tristesse, à un moment donné, il ne reste plus de larmes dans votre corps. Et une fois que vous allez pleurer toutes les larmes de votre corps, à un moment donné, vous vous dites : bon, mais écoute, et maintenant quoi ? Il n'y a plus rien. Eh bien, c'est là que la lumière arrive et l'acceptation commence. À ce moment-là, c'est le moment où tu te dis : bon, mais il va falloir faire avec. Il n'y a plus de colère en moi, il n'y a plus de peur, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Et la tristesse, en fait, elle a cette puissance qu'à travers les pleurs elle libère les autres émotions, elle nettoie tout. C'est le flot des larmes qui ravage tous les restes de ce qu'il pourrait y avoir. Et on est vidé, et c'est là que l'on peut accepter.
Arrive alors l'étape suivante, celle du pardon. Et le pardon, il est à deux niveaux. Je dirais même qu'il est à trois niveaux. Je me pardonne moi, je pardonne l'autre et je pardonne la vie. Ici aussi, je vous invite à écouter l'épisode de podcast sur le pardon, extrêmement éclairant, qui vous donnera encore plus de fond sur cette étape-là.
L'étape suivante après le pardon : le renouveau, ou la quête de sens. Vous vous dites à ce moment-là : grâce à un tel, ou grâce à ce que je viens de vivre, j'ai pu, etc. Et là, il y a une nouvelle notion de sens qui se refait. Vous reconstruisez votre avenir avec une nouvelle raison d'être. Et là, c'est encore un gros morceau que nous avons traité avec plusieurs épisodes dans cette chaîne de podcast. Je vous invite à les écouter aussi pour mieux comprendre dans cette phase-là la quantité de choses que vous pouvez faire. À ce stade-là, c'est déjà ultra lumineux.
Et la dernière étape, c'est celle dans laquelle vous connectez avec votre qualité essentielle profonde. Vous avez tourné la page et vous pouvez alors reconnecter avec la sérénité. La renaissance est là.
Le piège : vouloir revenir à comme avant
Le piège de la courbe de deuil de Kübler-Ross, c'est de vouloir revenir à comme avant. C'est-à-dire que, imaginez, votre compagnon, votre compagne vient et vous dit : j'en ai marre, je divorce, je te quitte. Il, elle part, et vous, vous faites tout pour qu'il ou elle revienne. Mais si vous faites tout pour qu'elle revienne et que les choses restent comme avant, et si c'est parce qu'elles étaient comme avant que vous en êtes arrivé là ? La courbe de deuil de Kübler-Ross, ce qu'elle vous amène, c'est que dans l'espace d'acceptation, de pardon et de renouveau, vous vous réinventez. Il y a une nouvelle version de vous-même qui renaît et qui vient alors amener un autre chemin des possibles. Les choses ne reviennent pas comme avant. Parce que si vous revenez à comme avant, la seule chose que vous allez rencontrer, c'est le même déclic qui vous a fait prendre le mur. C'est pour ça que beaucoup de personnes partent en voyage à l'autre bout de la planète pour se dire : je reprends ma vie à zéro. Et une fois qu'elles reprennent leur vie à zéro, elles se retrouvent avec les mêmes emmerdes, excusez-moi l'expression, qu'elles avaient là où elles étaient avant.
La libération arrive par l'acceptation
Maintenant que nous avons décrit la courbe et que vous comprenez le cycle infernal du refus d'acceptation, vous vous rendez compte que chaque fin est un nouveau commencement déguisé et que la libération arrive par l'acceptation. Et ça, c'est la grosse pépite que vous devriez intégrer. Parce que quand vous vous retrouvez dans une phase extrêmement compliquée, vous savez que la libération vient avec l'acceptation. Et qu'il est nécessaire de se laisser vivre le déni, la colère, la peur et la tristesse pour ensuite opter pour l'acceptation. C'est pour ça que quand les gens vous disent « non, il faut que tu acceptes », ça vous énerve, parce que vous n'y êtes pas encore. Mais vous savez qu'il y a un chemin psychologique qui mène à l'acceptation.
Et la bonne nouvelle, c'est que vous n'avez rien à faire. La seule chose que vous allez faire, c'est ne pas tomber dans le cycle infernal du refus d'acceptation et de rester bloqué dans la colère, la peur ou la tristesse. C'est le seul piège à éviter. Si vous ne vous accrochez pas à ça, si vous laissez faire les choses, en peu de temps vous pourriez y arriver. Parce que vous connaissez le cycle de deuil de Kübler-Ross, une fin de cycle peut se réduire à quelques jours, deux semaines maximum, si vous évitez de vous accrocher aux pensées envahissantes et négatives. À l'inverse, si vous restez dans le cycle infernal, ça peut durer des années. Ainsi, la courbe de deuil de Kübler-Ross nous dit que chaque coucher de soleil promet une nouvelle aurore.
Tout est une question de bilan
Et dans tout ce cycle, maintenant que vous avez compris le changement dans le cycle psychologique : tout est une question de bilan en fin de compte. Toute mort, quelle qu'elle soit, est une question de bilan.
D'abord, vous faites un bilan matériel du changement et de ce que vous avez perdu à cause de ce choc ou de cette transformation. Celui-ci nous mène à savoir ce que l'on peut créer et retrouver, à comprendre ce que l'on veut créer ou retrouver. Et comment va-t-on le faire, dans la matière, dans le concret ?
Ensuite, il y a un bilan émotionnel de ce qui part et de ce qui reste en nous. Les émotions que nous n'aurons plus, les émotions qui restent avec nous. Et où nous mène tout ceci ? Une clé essentielle de l'ouverture à votre essence, c'est l'ouverture du cœur. Le laisser s'exprimer. Pour ensuite laisser les émotions négatives — la descente de la courbe — partir. Pour laisser les émotions nobles émerger — la deuxième partie de la courbe — venir en moi : l'acceptation, le pardon, la gratitude et la renaissance.
Après, il nous reste le bilan spirituel, de ce qui nous accompagne désormais et de ce qui nous transcende. Quelque chose de plus grand que nous nous touche chaque fois que nous sommes en contact avec la fin, avec la mort. Et ce quelque chose est très présent et il nous accompagne. Et c'est ce quelque chose qui nous donne la force et la foi de nous transcender et qui nous permet alors d'atteindre une nouvelle version de nous-mêmes. Et le tout mène au lâcher-prise et à l'acceptation. Et, chemin faisant, à cette essence ultime dont je parlais : d'accepter ce qui est, de vivre la vie dans l'instant présent, où il n'existe pas de mort, juste le présent éternel et impermanent.
La théorie U d'Otto Scharmer
Alors, après, vous allez me dire : oui mais Iker, il y a quelque chose en moi qui refuse de lâcher prise, et je suis dans ce cycle-là. Eh bien, maintenant, nous allons voir le même cycle à travers une autre perspective. Nous allons partir au MIT avec un Allemand qui s'appelle Otto Scharmer et qui a développé la théorie U, dont il parle de l'idée — en parlant de leadership — à partir du futur émergent.
Et la théorie U, c'est ça qu'elle a d'extraordinaire et de changement paradigmatique, excusez-moi le mot barbare, parce qu'il prend l'approche du leadership à contre-courant. Le leadership jusqu'à Otto Scharmer, c'était quelque chose qui faisait le bilan du passé pour construire le futur. Et ici, Otto Scharmer dit : non, je fais le bilan du présent et je laisse le futur émerger, et je construis mon instant présent à partir du futur qui n'existe pas. Et là, vous dites : mais le gars, il est complètement perché ou quoi ? Eh bien, non. Il est au MIT, Massachusetts Institute of Technology, l'un des centres de recherche avancée les plus prestigieux au monde. Et la théorie a pignon sur rue et aujourd'hui transforme radicalement beaucoup, beaucoup de contextes de par le monde. Ce sont des dizaines de milliers de personnes qui s'inscrivent au MOOC depuis des années. Le MOOC, c'est des plateformes d'enseignement massif, 10, 15, 25 000 personnes. Celui auquel j'ai participé il y a 7, 8 ans, on était déjà 35 000, je crois, ou 25 000, je ne sais plus.
L'incendie de la maison
Bref, l'histoire d'Otto Scharmer commence quand il est enfant et sa maison part en flammes. Un incendie, il perd tout. Il arrive devant chez lui et sa maison est en feu, tout est en flammes. Et là, c'est la catastrophe. Pour lui, c'est la fin du monde. Ils ne savent pas comment ils vont faire pour s'en sortir. Absolument tout ce qu'ils ont est là. Ils ont juste les vêtements qu'ils ont sur eux. Il regarde ses parents, ils n'ont nulle part où aller. Et à un moment donné, il y a un désarroi profond qui se présente en lui. Mais il sait que c'est parti en flammes. Il ne pourra absolument rien faire pour rien récupérer. Et à ce moment-là, il se passe quelque chose en lui, où en fin de compte, il lâche ce qu'il est en train de voir. Et il y a une sorte de porte qui s'ouvre en lui et soudainement, il sent la quantité de choses qui s'ouvrent à lui. Il a neuf ans, si je me souviens bien. Et cet événement a transformé sa vie. À partir de l'instant même où il a senti ce quelque chose, il n'a plus eu peur. Ses jouets ne lui ont plus manqué. Et il a commencé à imaginer les jouets qu'il pourra avoir désormais, la chambre qu'il pourra demander à ses parents, alors que la maison était encore en flammes. Cet événement-là l'a profondément marqué, il y a dédié sa vie. Et c'est ainsi qu'il a développé la théorie U.
Du download à la qualité de présence
Et en fait, il nous décrit comment nous vivons notre quotidien et quelles sont les étapes nécessaires pour atteindre cette qualité de présence dont je parlais tout à l'heure. Cette présence est l'endroit dans lequel tu peux connecter avec les nouveaux possibles de façon positive, où tu peux, dans l'instant présent qui est fait de sérénité, de joie et d'amour — lui il ne le dit pas comme ça, ça c'est moi qui rajoute à l'histoire —, quand j'arrive à connecter avec cet espace-là, c'est là que je peux laisser venir tout cet univers des possibles et soudainement revoir ma vie autrement qu'à travers la noirceur de ce qui vient de m'arriver.
Ainsi, la théorie U dit que tout commence par une descente. On est comme dans la courbe de Kübler-Ross. Sauf que dans la descente de la théorie U, la première étape, je ne fais que du download de l'information. Je me suis pris une claque et je ne fais qu'absorber toutes les informations importantes, les conséquences, où est-ce que tout cela va nous mener, comment vais-je faire pour m'organiser, ce que je n'ai pas, comment vais-je faire. Et je download, je download, je download. En fin de compte, j'ai la tête dans le guidon. Je vais à 2000 à l'heure, la tête dans le guidon, et je ne sais pas où je vais. Ça, c'est le download.
Nous vivons la plupart de notre quotidien en phase download. On absorbe, on absorbe, on absorbe, on absorbe. On va trinquer au 31 décembre de cette année. On va trinquer pour la nouvelle année. Je vous garantis qu'au 31 décembre 2025, on sera beaucoup à se dire : mais j'ai l'impression que c'était hier que nous trinquions pour 2025, et 2026 est déjà là. Je vous garantis, c'est ce qui va se passer. Et je n'ai même pas besoin de me projeter en 2025. Je suis bête, je vous parle le 15 décembre. Dans 15 jours, 16 jours exactement, nous serons nombreux à nous dire : j'ai l'impression que 2023 finissait hier. Bref, ça c'est parce que nous allons passer toute l'année en download.
Otto Scharmer nous dit alors : lève la tête. Lève la tête du guidon, juste. Et juste observe autour de toi. Et c'est comme si tu regardais la route, et là tu commences à voir un peu vers où tu vas. Mais ce n'est pas suffisant. Ces deux phases-là, elles sont en rouge vermillon, en fait. Notre vie est réduite à ça : on est la tête dans le guidon, de temps à autre on lève la tête pour ne pas se prendre le caillou qui est en face, et on ne va pas plus loin.
Sentir, lâcher, ouvrir
Et la magie de la théorie U, c'est quand Otto Scharmer nous dit : fais péter, excusez-moi le terme, le plafond de verre qui t'empêche de sortir de ce cycle infernal. Et commence à sentir, à sentir. Fais plus que voir, fais plus que réfléchir. Sors de ta tête et laisse ton corps te parler. Ressens.
Et cette descente, tu peux la faire avec quoi ? Avec l'intention. Il suffit juste que tu te dises : j'ai besoin de sentir. Et quand vous commencez à sentir, vous allez vous rendre compte que votre attention va se connecter à autre chose qu'aux pensées. Ainsi, les pensées ruminantes, envahissantes, les vagabondages mentaux, le saboteur intérieur, le juge intérieur et les croyances, tout ce bazar-là va prendre du recul. Parce que votre attention se focalise sur autre chose, sur le langage du corps. Et là, il y a quelque chose d'autre qui s'ouvre. Et quand vous commencez à sentir votre corps, vous avez de plus en plus de facilité à ne pas vous laisser prendre par les pensées envahissantes. Et quand vous arrivez à ne pas vous laisser prendre par les pensées et les émotions et le stress, il y a quelque chose qui lâche.
Et qu'est-ce qui lâche ? Vous laissez aller petit à petit tout ça. C'est comme si vous sortiez de la scène de votre propre vie pour vous retrouver dans les fauteuils du public. Soudainement, vous vous mettez — on appelle ça en posture méta. Vous créez de l'espace avec toutes ces choses envahissantes qui se passent en vous et que vous subissez suite au choc. Et là, vous commencez à sentir. Et vous sentez les émotions de Kübler-Ross : la colère, la peur, la tristesse. Mais à un moment donné, vous apprenez à ne pas vous laisser envahir. Elles sont là, vous les laissez être. Et en les laissant être, vous les laissez passer. Et en les laissant passer, vous les laissez aller. Et à un moment donné, vous sentez que oui, il y a de la tristesse en moi, oui, il y a de la colère, oui, il y a du désarroi. Mais je ne suis aucun des trois. Et dans cet état de présence, je découvre ma qualité de présence essentielle. Les trois qualités dont je vous parlais. Vous pouvez avoir subi un choc et toucher à un espace de sérénité intérieure. C'est le stoïcisme dans toute sa splendeur.
Du laisser-aller au laisser-venir
Et à ce moment-là, l'intention n'est plus à sentir, l'intention est à s'ouvrir à de nouveaux possibles. C'est la phase qui passe du laisser-aller au laisser-venir. Ce basculement qu'Otto Scharmer a vécu quand à un moment donné il se dit : un autre univers des possibles est possible. Je peux avoir une autre chambre plus grande, j'aurai d'autres jouets. Je peux reconstruire ma maison, c'est génial. Alors qu'il est en train de voir sa maison brûler. C'est laisser venir ces nouveaux possibles.
Et c'est pareil quand vous avez des idées, c'est exactement ce que vous faites. Vous arrêtez de réfléchir, de voir, vous venez sentir ce que vous êtes en train de travailler. Et à un moment donné, la magie opère et quelque chose vient. Et quand l'idée est venue, quand cette nouvelle lumière vous pouvez la ressentir, ce que vous allez faire, c'est la cristalliser. Quand vous la cristallisez, c'est que vous lui donnez une présence dans votre tête. Juste ça. C'est-à-dire que les pensées envahissantes, vous les avez laissées partir, alors que celle-ci, cet éclair de lumière, lui, vous ne le laissez pas partir. Vous voulez le tourner en boucle dans votre tête pendant un temps. C'est ça, le cristalliser. « Oh, il y a un possible, je peux avoir une nouvelle chambre. » Je m'accroche à cette pensée-là. Pourquoi ? Parce qu'elle est pleine d'énergie positive et de lumière, il m'en manque, j'en ai trop besoin. Et là, je la cristallise.
Le prototypage et la performance
Mais pour la cristalliser, je peux aller encore plus loin. C'est l'étape suivante qu'il appelle le prototypage. Et dans le prototypage, je vais faire quoi ? Eh bien, oui, je veux une chambre avec des vues, des vues sur le jardin. Oui, dans le jardin, je veux avoir un trampoline. Et dans la chambre, ah ouais, j'adore jouer avec les Playmobil, les Legos, mais il y en a tout le temps, tout le temps par terre. Et il y a maman qui n'arrête pas de m'enquiquiner parce que je dois ranger la chambre, parce qu'elle veut que la chambre soit propre. Oh, tu sais quoi ? Non, je vais avoir ma chambre avec mon lit. Elle sera toujours propre, je ferai mes devoirs là. Et à côté, je vais avoir une chambre à jouer. Et dans la chambre à jouer, je pourrai faire tout le bazar que je veux, parce que ce sera juste la chambre pour jouer. Et là, il est en train de prototyper. Il est en train d'imaginer.
Et ensuite vient la dernière étape de la théorie U. Comme c'est une théorie qui est destinée au leadership, il appelle ça la performance. Et la performance, c'est quoi ? C'est comment je descends mon prototype, ma vision dans la matière. Comment je fais pour la rendre réelle ? Comment je me mets en mouvement maintenant pour aller trouver la maison de mes rêves ? Et là, on peut être par exemple en train de faire des recherches dans les agences immobilières avec nos parents pour trouver cette maison-là. Après, on va faire les visites et un jour, on va signer la maison de nos rêves, et voilà que le gamin a finalement abouti à la fin de ce cycle-là.
Ouvrir le mental, le cœur, l'intention
Vous voyez comment la théorie U et la courbe de Kübler-Ross fonctionnent parfaitement bien ensemble. Là-dedans, Otto Scharmer nous dit qu'il faut d'abord passer par une étape dans laquelle on ouvre le mental. On accepte qu'autre chose est possible. Et ainsi, on sort de la boucle de ce qu'on appelle la mentalité fixe. Le cycle infernal dont je parlais, on l'appelle aussi mentalité fixe, un terme scientifique. C'est quand on s'enferme dans des certitudes qui nous empêchent de voir d'autres possibles. Eh bien, la première étape, c'est ouvrir le mental.
Ensuite, l'étape suivante — ça commence à devenir spirituel —, c'est ouvrir le cœur. Et là on parle de pardon, de gratitude, d'acceptation de notre possible positif qui nous attend. C'est là que je vous rappelle, tout à l'heure je vous l'ai dit, mais les épisodes 70, 79 et 80 sont dédiés au pardon. « Pardonner pour être enfin libre », « Le pardon pas à pas », un exercice puissant de libération, et l'épisode 80, « Pardonner quand c'est plus fort que moi, comment faire ». Ça, ça va vous aider à ouvrir votre cœur. Mais il y a un autre épisode que vous devez écouter, parce que c'est toute la science autour de la gratitude, et c'est un vrai kiff d'épisode : « La puissance de la gratitude prouvée par la science et comment en profiter ». Parce que tout ça, ça va vous aider à ouvrir votre cœur. Et l'épisode sur le réservoir émotionnel vous aidera aussi à libérer votre cœur de tous les trop-pleins émotionnels. Mais ça, c'est l'étape 2.
Après avoir ouvert le mental, vous ouvrez votre cœur. Et l'étape ultime, qui est véritablement spirituelle, c'est l'ouverture de l'intention. Et c'est avec elle que vous allez créer un nouveau futur, une nouvelle réalité et un engagement vers un nouvel univers des possibles. C'est là que rentrent vraiment, comme une pièce du puzzle parfaitement coupée au laser, les épisodes 29 à 34 sur créer sa réalité. Le premier, c'est « Créer votre propre réalité ». Le deuxième, « Comment créer votre réalité ». Le troisième, « Secret dévoilé pour créer votre réalité ». Le suivant, « La formule d'un grand maître éveillé pour créer la réalité ». La puissance du vision board, et ensuite « Créer sa réalité, un parcours spirituel ou pas ? ». Oui, d'après Otto Scharmer, ça l'est complètement.
Vous avez là une véritable masterclass que je suis en train de vous poser ici, totalement gratuite sur cette chaîne de podcast. Mais c'est ça la beauté d'avoir une centaine d'épisodes : c'est que maintenant, on commence à avoir vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup de fonds très qualitatifs.
Les ennemis de la descente
Mais, et je finirai avec ça, Otto Scharmer nous dit que, attention, ceci est simple en théorie — ça s'appelle théorie U —, mais dans la pratique, vous allez avoir plusieurs ennemis. Dans la première phase, ce qui va vous empêcher d'ouvrir le mental, c'est le jugement. C'est de rester bloqué dans le jugement. Dans l'étape suivante, ce qui va vous empêcher d'ouvrir le cœur, ça va être le cynisme, les croyances, les protections et les émotions négatives auxquelles vous vous accrochez. Et la troisième, les ennemis qui vont vous empêcher d'ouvrir votre intention vers de nouvelles intelligences spirituelles — d'ailleurs, parenthèse soit dit, j'ai aussi un épisode sur les intelligences spirituelles qui pourra vous aider dans la compréhension de ce que nous sommes en train de dire, un bon sens extraordinaire —, les troisièmes ennemis, ce sont les peurs et les attentes.
Ainsi, la descente dans la théorie U va être compliquée si vous avez du jugement, du cynisme, des croyances, des protections, des émotions négatives auxquelles vous vous accrochez, des peurs ou des attentes. Si vous arrivez à créer le recul suffisant avec tout ce beau monde qui est là pour vous pourrir la vie, vous allez trouver votre qualité de présence et le chemin du départ du U sera d'autant plus bon.
Ainsi, vous comprenez le U, pourquoi ? Parce que la descente du U, ce sont ces phases qui vous permettent d'arriver à la phase la plus basse du U. C'est votre qualité de présence, c'est un voyage intérieur vers la nature de votre esprit et sentir les qualités de cette dernière, pour ensuite remonter la courbe du U qui est ce renouveau, ce futur émergent que vous allez construire grâce à elle.
Wow, ça c'est un sacré voyage. Toute la psychologie du changement vue avec le regard d'un optimiste invétéré que je suis.
Voyage dans le monde : célébrer la vie
Mais maintenant, nous allons partir en voyage grâce à l'inspiration de Jean-Claude Chalmin. Et nous allons parler de la mort et de comment c'est une célébration dans beaucoup d'endroits dans le monde. Parce que célébrer la vie vécue plutôt que de pleurer la vie perdue est peut-être une façon optimiste de voir le thème que nous sommes en train de traiter. Parce que nos souvenirs sont des trésors que la mort ne peut pas emporter. Alors chérissons les souvenirs qui restent et qui, eux, ne partiront jamais, parce que les cœurs qui se souviennent ne disent jamais adieu.
Le Día de los Muertos au Mexique
Et c'est ça qui m'amène au Día de los Muertos au Mexique. Bien évidemment, c'est le plus connu, le 31 octobre, où c'est une magnifique et fabuleuse, extraordinaire célébration de la vie, qui n'a absolument rien à voir avec le Halloween des Américains, qui est une consternante, lamentable et terrifiante célébration de la mort, la magie noire, les esprits et tout le côté glauque de la mort tel que vu par les Occidentaux. Au Mexique, c'est une célébration de la vie, où l'on vient fêter les bons souvenirs que l'on a de ses défunts. On vient honorer les défunts et tout ce qu'ils nous ont apporté. Il y a une culture que nous, on a perdue en Occident, qui existe au Mexique quand ils font la célébration del Día de los Muertos. Et cette célébration, c'est célébrer les ancêtres, le pilier qu'ils représentent. Si aujourd'hui vous existez, c'est parce qu'il y a des générations et des générations et des générations d'ancêtres qui ont vécu avant vous et qui ont fait que vous êtes ce que vous êtes aujourd'hui. Le Día de los Muertos est un jour où l'on vient honorer les défunts plutôt que de les pleurer. C'est un jour de joie.
Les funérailles ghanéennes du peuple Ga
Du coup, maintenant, du Mexique, je vous invite à prendre l'avion et à partir en Afrique pour découvrir le peuple Ga et les funérailles ghanéennes de ce peuple, où l'on vient dessiner de façon très artistique des cercueils fantaisie, où l'on vient de façon symbolique fêter la vie du défunt. Le cercueil doit être le plus beau possible parce qu'on va, dans ce cercueil-là, rendre hommage à toutes les belles choses qu'il a faites et qui prouvent que sa vie a vraiment valu la peine d'être vécue. Encore une célébration de la vie.
Les cérémonies Tangi des Maoris
De l'Afrique, on continue dans le sens d'ouest à l'est et nous partons maintenant en Nouvelle-Zélande, chez les Maoris et les cérémonies Tangi. Où, dans cette cérémonie, les Maoris se retrouvent pour, autour d'un repas, parler, faire des discours, partager plein d'histoires et plein de souvenirs sur la personne qui vient de partir, parce qu'on célèbre tout ce qu'elle nous a apporté. Ainsi, dans ces cérémonies que je viens de vous décrire, la mort n'est pas triste, non. La mort est une chose que nous devons accepter. Eh bien, grâce à ces cérémonies, la courbe de deuil de Kübler-Ross est très rapidement raccourcie parce que directement, on va dans des phases d'acceptation et de renouveau. Psychologiquement, c'est extraordinairement bien fait.
Les funérailles jazz de la Nouvelle-Orléans
Ensuite, si on revient aux États-Unis, on a les funérailles jazz de la Nouvelle-Orléans, où chaque fois qu'il y a quelqu'un qui est mort, il y a une procession musicale qui, au début, est un peu triste, mais qui, à la fin, devient super joyeuse. Et après l'inhumation, c'est la grosse fête, c'est la libération dans laquelle on ne fait qu'une chose : célébrer la vie du défunt.
Les bouddhistes et les hindous : la mort comme passage
Maintenant, ça, ça m'appelle. Je ne peux pas, bien évidemment, ne pas vous parler de mes bons amis bouddhistes. Je les cite très, très souvent. Vraiment, c'est une extraordinaire, magnifique et bienveillante école de spiritualité. Même si moi-même je ne suis pas bouddhiste, je le souligne souvent, je l'apprécie énormément pour deux raisons. La première, c'est que c'est très pratico-pratique, avec des étapes très précises que l'on peut suivre, avec des enseignements qui savent précisément t'accompagner. Et en même temps, une philosophie de vie qui me touche particulièrement.
Dans ce contexte-là, nous avons les bouddhistes et les hindous qui font des crémations, des méditations et des cérémonies pour célébrer le défunt et qui considèrent — et ça, ce sont des croyances — qu'il ne vit là que la fin d'un cycle. Ce sont deux traditions qui croient en la réincarnation. Et donc, d'après ces traditions, la mort est un passage. On appelle ça un bardo. Et ce passage-là, il a plusieurs étapes. Elles sont très clairement cartographiées. Le Livre des morts tibétain décrit avec beaucoup de précision chacune de ces étapes-là. Et il existe des personnes qui ont la capacité de partir dans ces étapes-là et de revenir. Donc ce sont des maîtres très très avancés et qui ont cartographié les différentes étapes du bardo. Et donc il y a des cérémonies après la mort du défunt pour l'accompagner dans ces étapes du bardo et favoriser sa renaissance. Tout ça se fait à travers des sutras et des rites qui vont aider ce passage-là. Et pendant ce temps, on va venir se concentrer sur l'ouverture du défunt mais aussi le sens profond de sa vie. Et on l'aide à travers ces rituels-là à passer les épreuves du bardo de façon à ce que sa renaissance se fasse dans les meilleures conditions possibles.
Le retour en Occident : funérailles écologiques et cercles de souvenirs
Si l'on revient en Occident, il y a une nouvelle mode qui vient. On appelle ça les funérailles écologiques où, en fin de compte, on va venir planter un ou des arbres pour célébrer la vie au moment du départ de quelqu'un. C'est un acte symbolique qui va créer un nouvel acte de souvenir éternel. Au départ d'une personne, on crée l'arrivée, on crée ou on célèbre un nouvel être vivant qui sera rattaché au souvenir de cette personne, et cet arbre-là, normalement, il devrait nous dépasser tous en durée de vie. Donc c'est un héritage vivant que l'on laisse au nom de la personne qui est partie.
Une autre tendance que l'on voit aussi émerger, et à laquelle de plus en plus de personnes adhèrent, ce sont les cercles de souvenirs, très très proches des cérémonies Tangi des Maoris. Où, en fin de compte, ce que l'on fait, on crée des cercles pour se retrouver et partager des souvenirs positifs dans une ambiance intime et positive pour célébrer la vie de la personne qui est partie. En fin de compte, on se retrouve juste pour passer un bon moment, pour rigoler. Et d'ailleurs, si vous vous rendez compte, souvent, quand on se retrouve entre amis après le départ de quelqu'un, naturellement, les repas tournent dans ce sens-là, où on finit par s'apporter plein de souvenirs positifs, etc. Eh bien, c'est une approche de psychologie positive qui nous aide à accélérer la courbe de deuil et à accepter ce qui est, à garder ce qui doit être gardé pour laisser les émotions négatives ne pas avoir de prise, et trouver une prise sur des choses lumineuses qui nous aideront à passer.
Ce que toutes ces traditions nous inspirent
Ainsi, quand on fait le tour de tous ces exemples, si nous devons finir le voyage, qu'est-ce que l'on peut retenir et à quoi nous inspirent toutes ces traditions ? Eh bien, c'est relativement simple. Parce qu'en fin de compte, chacune célèbre le changement pour accueillir le renouveau. C'est juste un rite de passage, en fait. On a vécu un choc, on a vécu un départ, on a vécu une mort quelle qu'elle soit. Eh bien, on va ritualiser le cycle en faisant des actions concrètes. Avec, voici la formule : faire un bilan positif, nourrir la gratitude et favoriser la projection vers une nouvelle vie. Avec de l'imagination, du partage et des projections. En réalité, chacun de ces rites de passage est un cycle de Kübler-Ross concentré qui nous amène vers un renouveau positif et plein de lumière.
Les trois seules questions qui comptent
Et là, je reviens à la fin avec le début de l'histoire. Je vous ai dit que le 13 février j'ai fait une expérience de mort imminente. Je me suis retrouvé à l'hôpital, j'ai vu le film de ma vie à deux reprises. Ensuite, en 2015, j'apprends le terme et je nomme ce qui m'est arrivé : expérience de mort imminente. Je découvre pléthore d'études et je vous ai dit qu'il y avait des études sur les personnes qui meurent et qui reviennent par la suite, et on étudie comment elles ont vécu cette expérience et comment elles vivent le restant de leur vie. Et ensuite, il y a d'autres études qui concernent des personnes qui vont bientôt mourir et que l'on questionne sur la vie qu'elles ont eue, ce qu'elles feraient différemment, ce qu'elles ont gardé, ce qu'elles retiennent, etc.
Bref, quand vous prenez toutes ces études, vous vous rendez compte qu'à la fin, il ne reste que trois questions. Tout se réduit à trois questions. Alors vous pouvez les verbaliser comme vous voulez.
La première : me suis-je fait plaisir ? Est-ce que je me suis occupé de moi ? Est-ce que je me suis écouté ? Est-ce que je me suis aimé suffisamment pour me respecter ? Est-ce que je suis allé vers mon chemin ? Vous pouvez le verbaliser comme vous voulez, à la fin ce que ça veut dire : est-ce que je me suis fait plaisir ?
La deuxième question : me suis-je mis au service des autres ? Est-ce que la vie des personnes qui ont croisé mon chemin est devenue meilleure du simple fait de l'avoir croisé ? Est-ce que le monde est meilleur parce que j'ai existé ? Est-ce que j'ai donné sans compter ? Est-ce que j'étais véritablement altruiste ? Est-ce que j'ai œuvré pour autre chose que mon intérêt personnel et égoïste ? Est-ce que tout simplement je me suis tourné vers les autres ? Parce que vivre dans le cœur des autres, c'est ne jamais mourir.
Et la troisième question, et là, je vous assure, elle pique : ai-je aimé suffisamment ? Tout ça se réduit à trois questions.
Du coup, vous vous rendez compte que dans toutes les expériences de mort imminente qui sont cartographiées, une très très très très très grande partie des personnes, celles qui se souviennent, vous disent qu'elles ont vu le film de leur vie. Moi, je l'ai vu deux fois, le film de ma vie. Et vous savez ce que c'est, le film de notre vie ? C'est un album de souvenirs, en fait. C'est un album de souvenirs contextualisé dans un bilan particulier. Et donc, c'est morceaux choisis. On prend l'album de souvenirs et, par rapport au thème qui est celui d'actualité au moment de faire le bilan, il va y avoir certaines photos qui vont sortir.
En réalité, ces trois questions sont le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire de votre vivant. Trois questions, trois types de photos à faire pour avoir un énorme album de souvenirs et que le jour, quand il viendra, où vous verrez le film de votre vie, vous verrez à quel point toutes ces photos sont absolument extraordinaires, magnifiques à vivre, remplies de cœur, remplies de gratitude, remplies de joie, de sérénité, remplies d'amour. En fait, c'est un héritage positif pour vous et pour les autres, dans tous les versants de votre vie. Parce que de petite mort en petite mort, un chemin d'éveil se crée vers notre voyage ultime. Ainsi, que la mort soit une motivation pour ne jamais cesser de vivre, parce que la vie est un cadeau et la mort en révèle sa valeur.
Un mot à chaud
Waouh ! Écoutez, je ne sais pas où j'étais pendant que je faisais cet épisode, mais vraiment, waouh ! J'ai vécu une superbe aventure. En fin de compte, je me rends compte que j'avais besoin de faire cet épisode. Oui, je me rends compte que j'avais besoin de le faire. En fait, il y avait quelque chose qui me retenait. Ça fait trois mois que j'attends pour faire cet épisode. Et je me demande — je ne suis pas en capacité de vous le dire maintenant, donc je vous fais le retour à chaud — je me demande s'il n'y avait pas quelque chose qui était en train de s'opérer en moi, quelque chose que je devais renouer à mon for intérieur et qui s'est renoué pendant que je vous parle. Je suis vraiment ému de cet épisode. J'ai vécu quelque chose de très spécial. J'espère que vous l'avez vécu avec moi. Je vous dis merci. Vraiment, parce que, waouh, quel moment. Je vous sentais avec moi et la vie est vraiment belle.
Ainsi, nous avons fait un petit voyage vers l'essence, l'essence même de qui nous sommes. Dans cette impermanence, nous avons découvert la courbe de deuil de Kübler-Ross. Nous avons parlé de la théorie U d'Otto Scharmer. Et nous avons voyagé dans l'ouverture de notre esprit, de notre cœur, de notre intention, pour toucher à la vérité ultime qui est la nôtre, au-delà du jugement, au-delà du cynisme, au-delà des croyances, au-delà des protections, des émotions, des peurs, des attentes, des cycles infernaux, pour toucher à la plus belle des célébrations de la vie.
Outro
Je suis Iker Aguirre et ceci est votre chaîne de podcast « Une alchimie de l'éveil ». Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner et à laisser un commentaire sur Apple Podcast ou Spotify. Plus nous aurons d'étoiles et de commentaires positifs, et plus cette chaîne sera promue auprès de larges audiences. J'ai encore plein de belles histoires à vous raconter, alors appuyez sur la petite cloche de notification, et comme ça, vous aurez les prochains épisodes sur votre téléphone dès qu'ils sortiront. On se retrouve bientôt. À très bientôt et merci pour ce moment hors du temps.