Une Alchimie de l'Eveil
Une Alchimie de l'Eveil
Ep.7 : "La Méditation, c'est Difficile !" Vraiment ? (3/4)
Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.
Que pensez-vous de cet épisode ? Ecrivez-moi ! 🙂
Iker Aguirre poursuit ici une série de 4 épisodes destinée aux débutants de la pratique méditative : "Tout Savoir Sur la Méditation". Dans cet épisode, le 3ème de la série, il est question de comprendre pourquoi méditer peut sembler difficile. Nous lèverons les objections les plus courantes qui poussent des débutants à penser que la méditation c'est une exercice compliqué qui n'est pas pour eux ou elles.
Or, il s'avère que dans l'immense majorité des cas, le problème n'est pas que la méditation est difficile mais qu'elle est mal comprise ou pratiquée sans un cadre assez précis et/ou défini. Cet épisode sert à apporter toutes ces informations essentielles pour lever les lièvres et faire que la méditation ait toutes les chances de son côté pour devenir une voie royale vers l'éveil de votre potentiel.
Cet épisode répondra aux objections suivantes, les plus récurrentes :
- la méditation, j’ai essayé mais ça ne prend pas !
- Méditer ça fait mal !
- Méditer c’est trop long !
- Ça ne marche pas pour moi !
- Quand je médite, c’est le chaos dans ma tête !
- Je n'avance plus ! J’ai l’impression de stagner !
- Chez moi, il faut que ça bouge ! Il faut que ça avance ! La méditation, c'est pas pour moi !
- Je ne veux pas méditer parce que j'ai peur de regarder à l'intérieur de moi !
- Comment trouver le bon prof ?
Après l'épisode 5, qui vous permettait de comprendre la méditation, après l'épisode 6, qui vous apprenait tout ce qu'il faut savoir sur comment méditer, et après le présent exercice sur les freins à la méditation, découvrez aussi le dernier épisode de la série "Tout Savoir Sur la Méditation" :
- Episode 8 (en ligne le 8 Mai) : Méditer est-ce risqué ? Pour répondre aux questions les plus courantes qui peuvent vous faire douter et pour s'assurer d'une pratique 100% sûre.
Cette série est un voyage autour de la méditation destiné aux débutants et à ceux et celles qui voudraient se laisser tenter ! C'est aussi un bon moyen de pour mettre toutes les chances de votre côté pour profiter au maximum de cette pratique et éveiller votre potentiel. Vous avez là l'une des plus belles découvertes que vous ferez sur votre chemin ! Le but de cette série est de vous donner un cadre clair et rassurant.
Cette chaine vous est présentée par Konxus Media, le média pour une Vie Pro et Perso en Conscience.
Si vous voulez nous apporter votre appui, abonnez-vous à notre magazine Konxus !
Et une autre façon 100% gratuite de nous aider :
- Donnez votre avis sur Apple Podcasts ou Spotify !
- Partagez cette chaine avec vos amis !
Vous pouvez aussi nous contacter par mail ici.
Notre but est de diffuser au plus grand nombre et gratuitement des clés concrètes et applicables pour la transformation et la croissance personnelles. Nous voulons apporter des contenus positifs, constructifs, pédagogiques, humains et responsables, servis avec pragmatisme et une approche pratique qui donne toute sa place au bon sens et à l’expérience vécue .
Le moment est venu de réinventer notre humanité et ce n’est pas en restant dans la cadre que nous allons le faire.
Chers amis, bonjour et bienvenue dans votre chaîne de podcast « Une alchimie de l'éveil ». Je suis Iker Aguirre et aujourd'hui nous rentrons dans le troisième épisode d'une série destinée à tout savoir sur la méditation. Dans les deux premiers épisodes, il a été question de comprendre la méditation et ensuite de comprendre comment méditer. Aujourd'hui, nous allons nous intéresser à toutes ces objections qui poussent beaucoup de débutants à dire « La méditation, c'est difficile ». Mais est-ce vraiment difficile ?
Une par une, nous allons enlever toutes ces objections qui aujourd'hui limitent l'accès à un exercice extraordinaire de découverte de soi.
Mon chemin vers la méditation
Je pratique la méditation depuis 1993. Je l'ai apprise d'abord dans le cadre des arts martiaux, la pratique du Shaolin Kung Fu, et nous avions un maître que je porte profondément dans mon cœur et qui nous a dit depuis le début que toute pratique externe devait s'accompagner d'une pratique interne. Et c'est comme ça qu'à 20 ans, je découvre les arts martiaux à travers le Kung Fu Shaolin et le Qigong et la méditation.
Mais ce n'est qu'à partir de 2009, après un burn-out sévère et une expérience de mort imminente, que je rentre pleinement dans la pratique méditative. Ça devient la voie royale pour comprendre ce qui s'était passé à l'intérieur de moi, cette explosion sensorielle avec laquelle j'étais revenu de cette expérience du 13 février 2009 et dont le besoin était urgent de canaliser pour arriver à vivre normalement. Parce que j'avais une hypersensibilité débordante qui me poussait à sentir ce qui se passait à l'intérieur des gens qui étaient près de moi. Et ça, je le sentais au même niveau, au même volume que je ne sentais mes propres ressentis intérieurs. Je vous laisse imaginer le capharnaüm quand vous avez autour de vous une dizaine de personnes.
J'ai mis longtemps à pouvoir faire la part des choses, à canaliser tous ces ressentis-là, et la méditation a été l'un des éléments essentiels. Et aussi divers maîtres qui m'ont accompagné dans la découverte de cet exercice, et je cite en particulier Stéphane Fort et Stéphane Aufort, deux grands méditants bouddhistes qui eux ont passé l'immense majorité de leur vie à méditer en retraite et qui, grâce à leur savoir, m'ont permis de comprendre cet exercice et de rentrer en profondeur dans la découverte de nouveaux potentiels au pluriel qui s'étaient imposés à moi et qui m'ont donné une nouvelle compréhension de l'humain.
C'est ainsi que je suis devenu un fan absolu de méditation. J'ai pratiqué intensément beaucoup de retraites en silence et je me suis profondément intéressé aux effets de cet exercice, car j'étais moi-même dirigeant d'entreprise. J'ai découvert qu'il y avait là une source intarissable de découvertes qui mettait en relief des potentiels de dingue. Je me disais : mais comment ai-je pu vivre sans ça, alors que je suis continuellement dans un milieu austère et compliqué, voire même parfois violent, et dans lequel je dois arriver à naviguer, trouver un équilibre. Et voici que la méditation me dit : « Iker, tout ce dont tu as besoin est déjà là. Encore faut-il que tu saches le trouver. »
Donc, quand j'ai découvert ça, suite à l'expérience de burn-out et d'un passage à l'hôpital, quand j'ai récupéré, je n'avais qu'une seule chose à l'intérieur de moi qui me guidait. Je voulais contribuer pour qu'il y ait un maximum de monde qui puisse éviter de se prendre le mur comme je me l'étais pris. Et bien évidemment, je suis devenu l'un de ces défenseurs de la méditation comme exercice extraordinaire de découverte de soi et de découverte d'un nouvel équilibre intérieur.
Pourquoi tant de débutants disent « ce n'est pas pour moi »
C'est là qu'au gré des années, j'ai très souvent échangé avec des débutants. Et ces débutants régulièrement soulèvent certains lièvres qui disent « non, la méditation n'est pas pour moi ». Et ces lièvres-là, ces objections, quand je commençais à discuter avec ces personnes-là, très facilement, on arrivait à les lever. Car ce n'était pas que la méditation est difficile, c'était qu'il manquait de cadre et de compréhension de la pratique. Et ce manque de compréhension les menait à buter contre certains murs qu'ils considéraient infranchissables. Alors qu'en reposant le cadre, on pouvait embrasser pleinement l'exercice et contourner ces obstacles pour faire de la méditation un outil sans égal, une voie royale vers l'éveil du potentiel et une nouvelle connaissance de soi.
C'est pour cette raison que dans les deux épisodes antérieurs nous nous sommes intéressés d'abord à comprendre la méditation. De quoi parle-t-on exactement ? D'abord une première définition et ensuite venir cadrer cette pratique. Mais une fois qu'on l'a cadrée, encore faut-il savoir comment on médite : c'est l'épisode antérieur. Et maintenant, on s'attaque à lever tous les lièvres que vous pouvez trouver dans les premières semaines de pratique et qui pourraient vous pousser à dire que la méditation, ce n'est pas pour vous.
Mais il nous reste un quatrième épisode qui suivra à celui que vous êtes en train d'écouter et qui va s'intéresser à la question clé qui peut éventuellement faire peur à beaucoup de débutants : la méditation, est-ce risqué ? Si vous ne voulez pas le rater, abonnez-vous à cette chaîne. Et si vous pensez que tout ce que vous découvrez dans ces épisodes est d'intérêt pour vous ou pour votre entourage, n'hésitez pas à partager cette chaîne de podcast avec vos amis. Car si elle existe, c'est pour qu'un maximum de monde puisse découvrir ces pépites de l'éveil du potentiel avec la simplicité d'une écoute attentive.
« J'ai essayé, mais ça ne prend pas » : trouver son rythme
Alors, quand on vous dit « méditer c'est difficile, ce n'est pas pour moi », il y a une série d'objections qui vont être rattachées à cette phrase-là. Une par une, je vais essayer de lever les plus communes, les plus récurrentes. Et parmi elles, la première, c'est quand quelqu'un vous dit « La méditation, j'ai essayé, mais ça ne prend pas. »
Il est vrai que dans tout exercice de méditation, quand vous commencez, les premières semaines, la grande difficulté, c'est d'arriver à trouver son rythme. Au début, ça peut être compliqué, parce qu'il s'agit de créer une nouvelle habitude. Et trouver son rythme va prendre deux chemins simultanés. D'abord, trouver son rythme, c'est trouver son espace de pratique : quand est-ce que je vais pratiquer ? Mais ensuite, trouver son rythme, c'est aussi arriver à rentrer dans la « routine » d'une pratique qui se fait presque toute seule. Ça devient une seconde nature que de méditer. Alors qu'au début, ça grince un peu, on doit forcer le changement et ce n'est pas tout à fait agréable.
Donc, quand la méditation ne prend pas, vous devez vous poser deux questions. Un : est-ce que vous avez trouvé le meilleur moment de la journée pour pratiquer ? Et deux : est-ce que vous avez pratiqué suffisamment longtemps pour faire de l'exercice de méditation une nouvelle habitude ?
Trouver son espace : le bon moment de la journée
Certaines personnes vous diront que le matin c'est le meilleur moment pour méditer. D'autres diront que ce n'est pas le matin, c'est le soir : car nous sommes en phase descendante, la mélatonine commence à monter, et donc, le sommeil étant là, l'intériorité est plus simple à toucher du bout des doigts, la pratique méditative est favorisée. Et certains vous diront « mais non, mais non, mais non, tu médites à midi, juste après manger, quand tu as la sieste qui arrive, bam, tu remplaces la sieste par une méditation. Youpi ! ». Et là, toi tu es là et tu dis : mais c'est quand le meilleur moment ?
Parce qu'on a beaucoup — alors je dis ça avec bienveillance — mais on a beaucoup de talibanisme dans ce monde-là. C'est-à-dire que chacun vient avec sa vision et te dit : c'est ça et pas autrement. Et tout le reste, c'est de la… vous voyez ce que je veux dire. Donc, en réalité, non. Tout le reste, ce sont des alternatives.
Donc, je profite de cette parenthèse pour vous dire : prenez les exercices de méditation et de découverte de soi avec bienveillance, avec douceur, et ne vous mettez pas dans des cadres extrêmement rigides. Quand il s'agit de trouver son rythme, c'est la parfaite application de ce conseil-là. Certains méditeront mieux le matin, d'autres le soir, d'autres à midi. Car la vie de chacun est différente.
Et c'est pour ça qu'au début c'est difficile de trouver son rythme : il faut que vous puissiez tester les différents moments. Pendant quelques jours, vous allez méditer en vous réveillant. Les jours suivants, vous allez méditer en vous couchant. Les jours d'après, vous allez méditer après manger, ou avant manger, ou à l'heure du goûter, ou à l'heure du n'importe quoi, en pleine nuit, je ne sais pas. Vous allez trouver votre espace et quand vous les aurez tous testés, vous allez vous rendre compte que l'un d'entre eux était meilleur que les autres. Pourquoi est-il meilleur ? Parce que vous sentiez que votre pratique était plus agréable, plus profonde probablement et surtout plus simple. Elle s'est faite sans effort. Là, vous avez identifié votre moment de la journée.
Combien de jours pour ancrer une habitude : le mythe des 21 jours
Ensuite, quand vous savez quel est le meilleur moment, deuxième question : à quel rythme allez-vous pouvoir intégrer l'exercice dans vos habitudes ?
Et là, je vais vous faire une découverte scientifique que nous devons à l'University College of London, une étude de 2009, qui va surprendre certains d'entre vous. Parce que je suis sûr que beaucoup d'entre vous avaient entendu parler du fameux 21 jours. Il faut pratiquer quelque chose pendant 21 jours pour que ce quelque chose devienne une nouvelle habitude et que ça rentre un peu dans nos mœurs, dans nos routines. Eh bien, au grand dam de tous ceux qui défendent cette théorie, considérée aujourd'hui comme recherche scientifique approuvée et éprouvée, en fin de compte, elle n'est ni plus ni moins que le résultat d'une campagne marketing de génie qui a été menée dans les années 70 par l'un des grands gourous du marketing direct.
Et là, je vous raconte l'histoire. Il s'agit d'un Américain habitué — à l'époque on n'avait pas Internet — donc le marketing direct, en fin de compte, il s'agit du publipostage. Vous vous rappelez quand on vous envoyait des lettres à la maison et qu'on vous invitait à participer à des jeux concours et des choses comme ça. Ou la Redoute, vous vous rappelez la Redoute ou les magazines, c'est la vente par correspondance, tout ça, c'était les résultantes du marketing direct.
Bon, ce bonhomme en question avait acheté les droits de modules de formation en cassette. Les plus anciens qui m'écoutent se rappelleront de cette époque où on écoutait des cassettes et on appuyait sur Play, Rewind, et où les plus riches avaient même des radiocassettes auto-reverse. Bref, à cette époque-là, il vendait des modules de formation, de développement personnel, avec des cassettes. Et il a trouvé l'astuce des 21 jours. Les modules de cassette duraient 21 jours et il s'est dit : je vais vendre l'histoire qui dit qu'en 21 jours tu intègres un changement.
Sa campagne a été un énorme succès aux États-Unis. Il a vendu des millions de produits de développement personnel jusqu'à un tel point que cette histoire est devenue, un peu dans l'inconscient collectif, une preuve de la véracité que ce bonhomme a apporté à sa campagne publicitaire. Le simple fait que tout le monde l'a adopté, c'est devenu une vérité scientifique. Et pourtant, non.
Et quand vous creusez, il s'avère qu'il a fallu attendre jusqu'en 2009 pour que l'University College of London fasse une étude sur le nombre de jours qu'il nous faut pour transformer une nouvelle habitude en « rituel », en routine. Eh bien, vous allez être surpris par les résultats.
Toute la difficulté quand vous intégrez un changement dans votre vie, c'est d'y apporter suffisamment de discipline pour que ce changement puisse tenir. Mais on n'est pas tous des êtres très disciplinés, c'est ce que l'on se dit. Et là, moi, je vais vous répondre : non, croyance limitante. Vous n'avez pas besoin d'être discipliné tous les jours de votre vie. Vous avez juste besoin d'être discipliné pendant une parenthèse de temps. Et il est possible de connaître cette parenthèse de temps.
Alors certains disent 21 jours. Sauf que, d'après l'étude de l'University College of London, la fourchette est variable suivant les personnes. Elle va des plus rapides, 18 jours, au plus lent — accrochez-vous — 254 jours. Et là, vous allez me dire : Iker, il y a de quoi déprimer. 254 jours, deux tiers d'une année pour intégrer un nouveau changement. Bon, ça, c'était les extrêmes. Les plus rapides, 18 jours ; le plus lent, parce qu'il s'agissait d'une personne. La rigueur scientifique veut qu'on mette tout le monde : il s'agit d'une personne qui avait mis 254 jours.
Quand on s'intéresse à la médiane — c'est-à-dire le milieu qui sépare 50 % de la population de part et d'autre — elle se trouve à 66 jours. Donc c'est un peu plus que 21 jours, mais ce n'est pas non plus 254 jours. Donc cette étude scientifique dit qu'à peu près en deux mois de pratique régulière, cette pratique devient une seconde nature. Vous n'avez même plus à réfléchir. Elle est devenue une habitude.
Quand une nouveauté devient une habitude — et ça, c'est une étude australienne qui nous le dit — à ce moment-là, vous obtenez plus de résultats, vous avez plus de succès, les choses deviennent beaucoup plus simples dans la mise en application, vous avez une meilleure hygiène de vie, vous dépensez moins d'efforts avec moins de stress et moins d'énergie. C'est extrêmement économe.
Donc ce que l'on recherche tous, c'est trouver ce rythme-là dans la pratique méditative où, soudainement, on ne réfléchit même plus que l'on va se mettre à méditer, parce que c'est devenu tellement une habitude. Par exemple, moi c'est le matin. Je me réveille, la première chose que je fais, je me mets en tailleur, je médite. C'est automatique. Je n'ai pas à réfléchir « tiens, il faut que je médite, je me prépare ». Non, je me lève en pilote auto, je me pose et quand je m'en rends compte, ça fait déjà 20 minutes que je médite.
Donc 66 jours, c'est la médiane. Maintenant chacun a son propre chiffre. Je vous invite à vous observer : commencez à méditer et observez en combien de temps vous vous êtes rendu compte que l'exercice devient presque une seconde nature, ça se fait tout seul. Vous allez compter les jours et vous allez avoir à peu près une idée du temps qu'il vous faut, à vous, pour intégrer un changement. Cette connaissance est génialissime parce qu'elle s'applique à tout ce que vous allez vouloir changer dans votre vie. Elle vous dit : voilà à peu près le temps qu'il te faut pour qu'un changement devienne une réalité, voilà juste le temps pendant lequel il faut que tu te « forces » à être discipliné.
Et je mets des guillemets parce que les jours passant, l'exercice de discipline diminue. Il devient de plus en plus facile. Donc cette discipline difficile qui grince, cette aspérité de la discipline que l'on aime si peu, en fin de compte, elle ne s'impose à nous qu'au premier jour de l'intégration du changement. Et ça, c'est extraordinaire. Après, sachez que suivant votre état d'être, quand vous êtes fatigué, il faudra peut-être un peu plus de jours ; quand vous êtes plus reposé, un peu moins. Vous n'aurez pas un chiffre exact, vous aurez un à-peu-près.
Donc là, on vient de lever les deux lièvres principaux qui font dire aux personnes que la méditation, c'est difficile, « j'ai essayé, mais ça ne prend pas ». Si tu as essayé et ça ne prend pas, c'est que tu n'as peut-être pas essayé au bon moment pour toi, ou que tu n'as pas essayé pendant suffisamment longtemps pour que la méditation vienne remplacer tes anciennes habitudes et en devenir une nouvelle, qui se fait avec moins d'efforts, moins de stress, moins d'énergie, moins d'exigence de discipline, pour plus de résultats, plus de succès, de simplicité et une meilleure hygiène de vie. C'est pas génial tout ça ?
« Méditer, ça fait mal » : misez sur le confort
Souvent vous entendrez aussi : « Méditer ça fait mal, j'aime pas, j'avais mal partout, et j'arrête. » C'est pour ça que je vais vous référer à l'épisode antérieur, « Comment méditer ». Car toute la question est celle d'une bonne assise. Il ne suffit pas de s'asseoir en tailleur : si vous n'êtes pas correctement assis, vous allez vous faire plus de mal que de bien. Mal au genou, mal aux hanches, mal au dos, mal aux lombaires. Et finalement, vous vous retrouvez dans un exercice qui est plutôt une torture qu'autre chose.
Et là, je vais vous parler d'une croyance limitante qui a été énormément influencée par, à une époque, la mode de la pratique méditative zen, qui est une pratique assez austère. Et on a fait un raccourci. Cette pratique assez austère utilise, entre autres, la douleur comme point de pratique pour transcender la douleur et découvrir la réalité intérieure à travers une transcendance des informations du corps. Voilà, je le présente à ma façon — s'il y a des puristes du zazen parmi vous, vous allez me dire « bon, Iker, tu aurais pu mieux faire ». Mais bon, vous m'avez compris.
Sauf que cet exercice de focus sur la douleur a transformé la croyance populaire qui dit : la méditation, ça doit faire mal. Et moi, je m'inscris totalement en faux par rapport à cette question-là. La méditation, ça ne doit pas faire mal. Faites-vous du bien. Faites que la méditation soit un exercice agréable, misez sur le confort.
Et si vous avez mal parce que vous avez un problème — vous pouvez avoir mal à un genou qui vous fait mal pendant toute la journée, le dos peut vous faire mal, vous pouvez avoir une problématique circonstancielle ou chronique — vous pouvez utiliser la douleur comme sujet de votre méditation pour transformer le rapport à la douleur. Mais ça, c'est une façon de méditer parmi des milliers de façons de méditer.
Donc, pour l'immense majorité des gens, faites que la méditation soit un exercice doux et misez sur le confort. Si vous misez trop sur le confort, il se peut que vous vous endormiez. Mais ce n'est pas grave, on en parlera tout à l'heure.
« Méditer, c'est trop long, je m'ennuie »
« Méditer c'est trop long, je m'ennuie, je n'ai pas envie de rester aussi longtemps assis. » Beaucoup de débutants se disent : ah non quand même, moi je ne peux pas méditer aussi longtemps. Et c'est dû au fait qu'il y a eu une école de la méditation pas si ancienne que ça, très fortement influencée par les recherches scientifiques du MIT, donc de John Kabat-Zinn dont j'ai parlé dans les épisodes antérieurs. La caution scientifique s'était basée sur des exercices d'une certaine durée, entre 20 et 45 minutes.
Les pratiquants de méditation savent que la pratique prend ses lettres de noblesse quand on dépasse un certain volume de pratique par jour. Et c'est là qu'on rentre dans un certain talibanisme qui dit : si tu ne pratiques pas au minimum 20 minutes, sinon 45 minutes par jour, ça ne sert à rien.
Et un jour, on a Chade-Meng Tan — dont je vous ai parlé aussi dans les épisodes antérieurs, employé de chez Google — qui parle des 6 secondes de pleine conscience. Et là, tous les puristes de la méditation qui disent qu'il faut méditer 45 minutes montent au créneau : mais c'est quoi ce charlatan, c'est quoi ce truc ? Et là on est parti dans les guerres de position sur les 6 secondes de pleine conscience, mais c'est quoi cette aberration ?
Eh bien, sans rentrer dans le débat, l'angle de perception que je vais vous donner, c'est ni plus ni moins que Mathieu Ricard qui me l'a donné. J'étais dans un groupe, nous étions une petite dizaine de personnes avec Mathieu Ricard et on discutait de la pleine conscience dans les domaines du leadership. C'était un moment fabuleux. Et c'est lui qui a parlé des six secondes de méditation et qui disait : « écoute, la première fois que Chade-Meng Tan m'a parlé de cette question, je l'ai reçu un peu comme eux. Et après, je me suis dit, il y a énormément de bon sens. Parce qu'en fin de compte, pour arriver à toucher un espace de 6 secondes de pleine conscience, il faut qu'il y ait eu beaucoup de méditation en amont, pour que, tac, en claquant des doigts, on puisse toucher cet espace-là. » Et il dit : finalement, ce n'est pas le temps de pratique qui compte. Ce qui compte, c'est la qualité de la pratique, et la facilité avec laquelle vous pouvez rentrer en état de pratique.
Donc, « méditer c'est trop long » : vous allez répondre ça quand quelqu'un va vous dire « il faut que vous méditiez 20, 45 minutes ». Vous savez quoi ? Moi, je dis à tous — je ne travaille qu'avec des dirigeants d'entreprise la plupart du temps, des personnes qui n'aiment pas le temps, qui ont oublié de respirer depuis 30, 40 ans, certains d'entre eux — je leur dis : une minute, puis deux, puis trois, puis cinq. Juste rajoute cette nouvelle habitude. Et laisse que ce soit elle qui te guide. Laisse que ce soit l'augmentation du bien-être, et non pas la volonté, qui t'amène à avoir envie de méditer davantage.
Et c'est comme ça que petit à petit, vous allez lui laisser de plus en plus de place. Et il va y avoir un moment où vous allez toucher cette section dorée où, soudainement, vous avez oublié le temps que vous avez médité. Et là, vous ouvrez les yeux et ça fait 45 minutes que vous y étiez. Waouh ! Je pensais que ça ne faisait que 5 minutes. Vous venez d'embrasser l'une des magies de la méditation, qui par elle-même va vous inviter à vouloir l'expérimenter à nouveau, encore et toujours.
Et c'est ainsi qu'au début, vous ne pratiquiez qu'une minute ou deux, comme les enfants qui apprennent à jouer le violon, et qui demain seront des violonistes professionnels et pourront jouer huit heures par jour s'ils le veulent. Laissez-vous le temps, soyez doux avec vous-même, et laissez que ce soit le bien-être de l'exercice, ces kiffes circonstanciels de chaque pratique, qui vous donnent envie d'y rester un peu plus longtemps. Comme ça, la méditation, ce ne sera jamais trop long. Vous manquerez toujours de temps pour méditer davantage.
« La méditation, ça ne marche pas pour moi »
Alors, un autre grand classique, c'est quand on me dit « La méditation, ça ne marche pas pour moi. » Dans ce contexte-là, il y a aussi deux cas de figure principaux.
Il y a certaines personnes qui ont besoin de sortir du lot et de dire qu'elles sont spéciales. Faire de la méditation un exercice que tout le monde pratique fait donc de cet exercice quelque chose par rapport auquel elles préfèrent s'inscrire en faux, pour simplement souligner le fait qu'elles sont différentes.
L'autre cas, c'est quand elles disent « la méditation, ça ne marche pas pour moi » parce que leur pratique n'est pas suffisamment qualitative. Et comment fait-on une pratique qualitative quand on est débutant, allez-vous me dire ? Nous, on ne sait pas, on vient de commencer, comment veux-tu que je sache si ma pratique est qualitative ? Et à ça, je répondrai : assure-toi juste que ta pratique soit assidue. Pratique tous les jours, même si c'est un tout petit peu. C'est beaucoup plus efficace de pratiquer 5 minutes par jour que de pratiquer 35 minutes le dimanche.
Ça, c'est le premier point essentiel : pratiquer tous les jours. Non seulement ça vous aidera à faire de la méditation une nouvelle habitude, mais ça vous permettra de progresser petit à petit. En laissant de plus en plus de place à l'exercice, vous vous rendrez compte que le secret pour que ça marche, il est là, dans la répétition de l'exercice.
Ensuite, il peut y avoir une question qui fait que ça ne marche pas pour vous, et c'est la dispersion dans laquelle nous nous trouvons en continu. Parce qu'un bon exercice de méditation, la première chose qu'il va faire, c'est vous faire traverser une zone de brouhaha mental, de capharnaüm. Cette dispersion mentale, cette sorte de pensées envahissantes, tout ce bruit mental dans lequel nous sommes, on va devoir le traverser. Quand nous sommes débutants, traverser ce bruit-là prend du temps. Et quand on médite très peu de temps, pas suffisamment longtemps pour traverser cette barrière-là, on peut finir par se dire : écoute, ça ne marche pas.
Le fait est que, tout simplement, vous devez vous laisser juste un peu plus de temps pour aller voir au-delà de cette dispersion mentale qui parfois peut être désagréable. C'est le chaos dans ma tête. Au début, on n'en est pas conscient, et avec ce que je vous dis, vous pouvez soudainement vous rendre compte que c'est justement le chaos de votre tête qui vous fait penser que votre exercice est inefficace. Il ne l'est pas, il est tout simplement en train de vous aider à traverser cette phase-là. Au gré des pratiques, la traversée sera de plus en plus simple. Et je vous assure : le premier jour que vous arrivez à traverser cette zone de dispersion mentale et que vous touchez une zone de zénitude intérieure, vous allez littéralement halluciner.
Le chaos mental : apprivoiser le « singe fou »
Car en liaison très directe avec ce que je viens de raconter, il y a tous ceux qui disent « c'est le chaos dans ma tête ». En fait, les pensées envahissantes sont l'un des trois ennemis de la qualité de présence. C'est l'un des freins à l'accession à notre potentiel. Et donc la méditation nous aide justement à apprendre à canaliser ces pensées envahissantes, à faire taire ce que les Orientaux appellent le singe fou. Le singe fou, c'est ce mental envahissant qui s'agite, qui parle pour ne rien dire, qui correspond à une énorme partie des 60 000 pensées que nous avons par jour et qui s'enchaînent les unes derrière les autres à une vitesse folle que nous avons du mal à contrôler.
À travers la méditation, quand on est débutant, on s'assoit, on ferme les yeux et soudainement, ça nous explose à la figure. C'est quoi ce truc ? Et certains peuvent avoir peur, dire « mais qu'est-ce que c'est ça ? ». Et donc, ils rouvrent les yeux et ils vont vaquer à n'importe quelle occupation qui les mette en mouvement pour ne pas avoir à subir ce brouhaha mental. Sauf que, dans une pratique méditative qui vous permet de prendre conscience de cela, vous allez apprendre à voir au-delà de ça.
Et vous allez vous rendre compte — ça, c'est un petit spoiler — qu'il existe plusieurs voix à l'intérieur de nous : des voix qui nous parlent, V-O-I-X ; et plusieurs voies, V-O-I-E-S, dans le sens de chemins intérieurs, qui sont au-delà de ce mental envahissant, de ce chaos dans la tête. La méditation est la voie royale pour les découvrir. Chacune de ces voix et chacune de ces voies recèlent des trésors extraordinaires, insondables, qui un jour, je vous le promets, vous feront penser que vous êtes rentré dans un film d'Harry Potter, mais avec des gentils.
« J'ai l'impression de stagner » : trouver un référent
« Iker, j'en ai marre, j'ai l'impression de stagner. J'ai tenu, j'ai médité tous les jours, mais j'ai l'impression de tourner en rond. En fait, il ne se passe rien. »
Dans ce cas-là, je vais vous inviter à chercher un référent. Car il y a quelque part quelque chose que vous faites dans votre pratique méditative, qui vous a levé un petit mur que vous ne voyez pas, et qui vous fait repartir à zéro tout le temps. Chaque fois, vous faites la même chose et vous avez l'impression de faire du surplace, parce que votre attention, votre focus attentionnel, mais aussi souvent votre focus intentionnel, est posé sur ce mur-là, et vous ne le savez pas, et vous le répétez, vous le reconstruisez à chaque fois.
Si vous cherchez un référent — et par référent j'entends quelqu'un qui médite depuis suffisamment longtemps, qui puisse vous conseiller, ou tout simplement un professeur — vous allez éviter de tout mélanger et comprendre quelle est l'influence de votre attention, l'influence de votre intention. Il vous aidera à changer d'exercice pour briser la routine. Ça peut être une première façon de ne plus avoir l'impression de stagner : « écoute, pratique maintenant de cette façon-ci ». La nouveauté cassera la stagnation, mais il vous permettra aussi d'identifier quels sont les leviers qui vous empêchent d'avancer et qui vous forcent à tourner en rond.
Mais il faut aussi que je dise que stagner n'est pas toujours synonyme de stagnation, mais de changement de cycle. Il se peut que vous ayez progressé jusqu'à un certain niveau et que votre for intérieur ait besoin de temps pour décanter les nouveautés perçues dans les pratiques antérieures, pour assimiler ce qui s'est passé. Et pendant ce temps-là, il ne va rien se passer. Vous êtes en phase de changement de cycle. À ce moment-là, s'il s'est passé des choses antérieurement, moi je veux simplement vous dire : soyez patient. Ces phases de soi-disant stagnation peuvent durer plus ou moins longtemps. Mais profitez juste de ce qui est là, car dans l'instant présent, vous pouvez déjà faire des découvertes absolument extraordinaires, le temps que votre for intérieur se sente prêt à ouvrir de nouvelles portes.
« Moi, il faut que ça bouge » : ceux qui en ont le plus besoin
Alors, le grand classique, c'est celui qui vous dit : « ah mais non, moi la méditation, non, non, c'est pas pour moi. » Le mec survolté qui dit : « non, non, mais moi, il faut que ça bouge, il faut que ça bouge. Moi, c'est trop calme, il faut que ça avance. Moi, m'asseoir là pendant dix minutes, ah mais je peux pas, je pète un plomb. Donc non, la méditation, c'est pas pour moi. »
Dans ces cas de figure en particulier, ces personnes-là sont probablement celles qui auraient le plus besoin de l'exercice de méditation. Ce sont souvent des personnes survoltées, qui ont le système nerveux sympathique — celui qui vous met en mouvement et en action — complètement survolté, et qui justement a besoin d'un peu d'équilibre, de venir solliciter un peu le système nerveux parasympathique, celui qui va venir calmer un petit peu le jeu, histoire de leur réapprendre à respirer et de voir la vie avec un peu plus de zénitude.
C'est aussi le cas de figure de personnes qui ont une énergie extrêmement puissante et qu'elles ne savent pas canaliser. Elles sont donc dominées par ce surplus d'énergie qui a besoin de sortir, et le seul moyen qu'elles trouvent de sortir, c'est de se mettre en mouvement. Elles ont besoin de faire. Et c'est aussi le cas de figure des personnes qui ont besoin de faire pour se sentir avancées. Mais quelle est la qualité d'être de ces personnes-là ? Quelle est leur qualité de présence ? Est-ce qu'elles exploitent réellement tout le potentiel qu'elles ont ? Est-ce qu'elles n'ont pas fait un amalgame entre vitesse et précipitation ? Et si c'était aussi une problématique de stress chronique ? Est-ce que ce serait un indicateur des personnes qui s'approchent inévitablement du risque de burn-out ?
L'excès de sollicitation du système nerveux sympathique entraîne de l'agitation, de la dispersion, du manque de patience, de l'anxiété, des angoisses, des fuites ou attaques impulsives. Puis ensuite, des raideurs de nuque, de dos, des raideurs musculaires, des lombalgies, des pointes dans le dos, des pointes dans le ventre, des fatigues chroniques, des manques d'élan, des troubles du sommeil, des troubles de la digestion, voire même des troubles sexuels, des pertes de libido. Bref, c'est un cercle vicieux.
La plupart des personnes qui sont dans la fatigue chronique, qui retrouvent beaucoup de ces indicateurs, sinon la totalité, seront celles qui vont vous dire « moi il faut que ça bouge, il faut que ça avance ». C'est qu'elles sont complètement survoltées. Et à toutes ces personnes-là, je leur dis : la solution, c'est la méditation. Elle va te permettre d'apprendre à canaliser cette énergie-là, parce qu'enfin, pour la première fois, tu vas pouvoir la voir en toi et voir comment elle agit et prend le pilote de ta vie. Ou elle va vous apprendre à identifier cette surcharge que vous avez et vous rendre compte qu'il est nécessaire d'éteindre la quantité de feu que vous avez autour de vous pour retrouver un équilibre intérieur. Pour toutes ces personnes qui disent « il faut que ça bouge », la méditation est l'exercice qui leur ferait le plus de bien.
« J'ai peur de regarder à l'intérieur de moi »
Et ensuite, il y a ceux qui disent : « mais moi j'ai peur, moi j'ai peur de regarder à l'intérieur de moi, j'ai jamais fait ça, j'ai pas envie, j'ai peur de découvrir des trucs que je… non, j'ai pas envie, ça me fait peur, je préfère fuir ma réalité intérieure que de risquer de la découvrir. »
C'est la peur du vide sidéral que nous devons au fait que nous avons grandi dans une société qui ne nous a pas appris à nous connaître. Sauf que tous nos bien-êtres et tous nos mal-êtres ne viennent pas de l'extérieur comme on peut souvent le penser, ils viennent de l'intérieur et de notre gestion des situations que nous vivons. Or, la fuite de soi crée une angoisse du for intérieur.
En fait, ce qui est difficile dans l'explication que je vais faire, c'est que je me retrouve à pouvoir utiliser soit des termes bateau, soit à défoncer des portes ouvertes, et en même temps à dire « y a qu'à, faut qu'on ». Et là, je suis dans une de ces situations-là. Donc, je vais éviter de parler « y a qu'à, faut qu'on », « la paix intérieure » et tout ça. « Faire la paix avec soi-même », c'est ce que j'allais dire. Ouais, super Iker, mais je fais comment ?
Donc, je vais plutôt prendre une autre route. Pour ne pas avoir peur de regarder à l'intérieur de soi, ce que l'on va apprendre, c'est à ne plus se mentir. Parce que nous sommes victimes d'un énorme mensonge : tourner le dos à une réalité qui est en moi, c'est commencer par se mentir et se dire « cette réalité n'existe pas ». Pourtant elle est là. Tu te déplaces avec elle, en long, en large et en travers, tous les jours. Tu te couches avec elle, tu dors avec elle, tu te réveilles avec elle, tu manges avec elle, tu vas faire tout ce que tu fais dans la journée avec elle. Cette réalité intérieure, elle est là, elle influence tout fait et geste à longueur de journée.
Donc, la première chose qu'on va faire, c'est arrêter de se mentir. Se dire qu'en fait, elle existe, cette réalité intérieure. Elle est là. Et si elle m'influence tous les jours, si elle influence mon état d'être, mes choix, mes décisions, à un moment donné mes actions — si je la regarde, peut-être que je vais apprendre un peu de tous ces mécanismes-là.
Et donc, si jamais cette découverte-là vous angoisse, ça vous ramène à la découverte d'un référent qui pourra vous prendre par la main et vous accompagner pour que vous vous sentiez en pleine sécurité. Car l'un des autres apports bénéfiques que la méditation vous apportera, si vous avez peur de regarder à l'intérieur de vous, c'est que, quand vous êtes en sécurité, la méditation va vous apprendre à vous accepter. Et chemin faisant, elle va vous apprendre à vous aimer. Elle va vous apprendre à vous accepter, puis à vous aimer.
Là, ce sont des mots superlatifs, c'est pour ça que je me disais que cette rubrique peut être un peu tendancieuse, un peu piège. Mais c'est ce que la méditation nous amène : j'apprends à m'accepter, tout simplement parce qu'il y a de l'information que mon corps m'envoie tout le temps, tout le temps, tout le temps. Et le regard intérieur, tout simplement, c'est une écoute de cette information qu'il y a là. Ça ne veut pas dire que cette information soit agréable à entendre. C'est pour ça que, si vous avez peur de regarder à l'intérieur de vous, si vous avez peur de vous découvrir, faites-vous accompagner par quelqu'un qui saura vous jalonner le chemin et surtout saura accueillir les espaces dans lesquels vous allez rentrer et l'état d'être dans lequel vous serez quand ils arrivent. De façon à ce que vous soyez en totale sécurité à tout moment pour pouvoir vaquer à cette découverte extraordinaire de votre for intérieur.
Choisir le bon professeur : ne pas trouver son prof dans un paquet de céréales
Et c'est avec ça que je vais clôturer cet épisode. Car beaucoup — alors là ce n'est pas des choses qu'on me dit, mais je me dis qu'il y a quand même un paquet de gens qui ont trouvé leur prof en cadeau dans un paquet de céréales.
Le problème que nous avons avec la méditation, c'est que l'immense majorité des exercices, surtout pour les débutants, sont d'une simplicité déconcertante. Et c'est là le piège : n'importe qui peut se prétendre professeur de méditation dès le moment où il connaît une dizaine d'exercices. Et quand je dis n'importe qui, c'est n'importe qui. Ils sont tellement simples que tu dis « ah mais c'est ça la méditation ? ah mais moi je peux enseigner la méditation ». Et c'est là l'énorme problème, parce que la méditation est une pratique extrêmement profonde qui amène les personnes dans des espaces de découverte de soi. Et si vous n'avez pas traversé ces chemins-là, c'est comme improviser guide de haute montagne et vouloir amener un groupe gravir le Mont Blanc. À un moment donné, si vous n'avez jamais mis de crampons, si vous n'avez jamais pris un piolet, vous allez vous retrouver dans des situations un peu difficiles.
Et c'est ça le propre de la méditation. C'est une découverte extraordinaire, mais qui a besoin d'être cadrée. Elle a besoin d'être accompagnée, d'être connue et jalonnée. À ce moment-là, vous pouvez être tranquille parce que vous savez que vous êtes bien accompagné. Donc, quand il s'agit de trouver un référent ou un professeur, assurez-vous que ce soit le bon. Assurez-vous de ne pas tomber dans le piège de celui qui s'est trouvé prof de méditation improvisé parce qu'il a vu de la lumière, il a acheté le paquet de céréales, il a découpé le coupon et on lui a donné le diplôme avec. Je suis dur quand je dis ça, mais c'est qu'aujourd'hui, c'est l'un des risques de la méditation : elle peut être entre les mains de n'importe qui.
Les indicateurs d'un bon accompagnateur
Alors, quels sont les indicateurs, quand vous êtes débutant, pour savoir que la personne en face de vous remplit les critères pour être un bon prof, un bon accompagnateur, un bon mentor ?
La première chose, on regarde les années de pratique. Mais les années de pratique, ça ne veut rien dire. Moi, je vous dis que je pratique depuis 1993. Mais quand j'avais 20 ans, est-ce que j'avais une qualité de pratique assez approximative ? Ça venait et ça allait. Donc, ça, aujourd'hui, je ne le considérerais pas comme une pratique qualitative. Donc : combien d'années de pratique, et avec quelle qualité ? Avec quelle régularité ?
Ensuite, la bonne vieille école très française : le cursus de formation. Comment cette personne a-t-elle appris les notions de pédagogie, de structure, de cadre et d'enseignement en totale sécurité ? Car si l'exercice méditatif est extrêmement puissant, il l'est parce qu'on sait canaliser cette puissance. Et il existe certains risques — ils ne sont pas énormes, mais ils existent — et donc on va s'assurer de les éviter. Si vous voulez les connaître, je vous invite à écouter le quatrième épisode de cette série, « La méditation est-ce risqué ? ». Pour cela, abonnez-vous pour vous assurer de ne pas le rater la semaine prochaine quand il sera disponible sur les réseaux.
Ensuite, posez-vous la question suivante : quel maître ou enseignement référent a cette personne ? Car être professeur de méditation, c'est comme être thérapeute. Tous les thérapeutes ont un référent qu'ils vont voir régulièrement pour challenger leur posture, pour s'assurer qu'ils sont dans la posture juste, pour parler des accompagnements. Ce référent est une sorte de thérapeute des thérapeutes. Pour les professeurs de méditation, c'est exactement la même chose : quel est leur référent ? Est-ce qu'ils en ont ? Et qui sont ces personnes qui les accompagnent ? De façon à ce que, si jamais lui se trouve face à un os, il a quelqu'un à appeler, qui est nettement meilleur que lui et qui peut l'aider à trouver les réponses qui s'imposent.
Ce sont là des cas de figure extrêmement rares. Mais si je vous en parle, c'est parce que j'ai été l'un d'entre eux. Et j'ai eu la chance de découvrir Stéphane Fort, qui m'a ensuite présenté Stéphane Aufort et leur communauté de grands méditants. Grâce à eux, j'ai pu apporter des réponses que beaucoup de professeurs de méditation ne savaient pas apporter et me laissaient là. Ils m'ouvraient des portes une fois qu'elles étaient ouvertes : « j'ai ouvert cette porte avec les exercices que tu m'as donnés, maintenant aide-moi à comprendre ce qui se passe, parce que c'est déroutant pour moi ».
Et ensuite, vous poserez cette question : quel est le rapport de cette personne aux retraites de méditation ? Et là, faites attention, parce que les retraites de méditation, c'est un peu le pedigree. Tous vous disent « oui mais moi j'ai fait plein de retraites silencieuses, j'en ai fait 18 ». En fait, ce n'est pas la quantité qui compte, c'est la régularité. C'est comment un professeur de méditation vient accompagner sa pratique de diverses retraites méditatives qui lui permettent d'approfondir sa méditation, accompagné par des maîtres référents, et ceci le long de l'année, pour assurer une stabilité de sa pratique, une stabilité de sa qualité d'enseignant et de pratiquant. Une stabilité progressive, bien évidemment, pas une stabilité stagnante.
Donc, là j'insiste particulièrement, aujourd'hui plus que jamais, parce qu'à force d'applications gratuites, on retrouve tout sur Internet. Celui qui veut se mettre à la méditation, il faut qu'il s'y mette. Mais je vous conseille très fortement, si vous en êtes là aujourd'hui à l'épisode que vous êtes en train d'écouter, vous allez probablement écouter les antérieurs : je vous invite fortement, si vous voulez commencer à méditer, à vous donner le temps d'écouter tous les épisodes de cette série, pour que vous compreniez pleinement ce que vous allez faire et où est-ce que vous rentrez. C'est un exercice fabuleux, extraordinaire, mais qui mérite d'être bien cadré, bien pratiqué et surtout bien accompagné.
Et les autres lièvres ?
Et c'est ainsi qu'un par un, nous avons levé les lièvres les plus courants, les plus récurrents, les plus habituels qui font que la méditation soit un exercice que l'on laisse tomber quand on est débutant. Il y en a d'autres. Il se peut que vous ayez ça en tête et que vous disiez « oh non quand même, je m'attendais à ce qu'il parle de ça ». Si c'est votre cas, n'hésitez pas à poster des commentaires et à m'envoyer des petits messages pour me dire « écoute Iker, est-ce que tu pourrais nous parler de cette question-là ? ». Car cette chaîne de podcast est ici et avant tout pour répondre à vos questions, et elle évoluera au gré de vos questions et de la communauté qui se construit autour d'elle. Toute question qui mérite attention, nous sommes là pour y répondre. Et si nous n'avons pas la réponse, nous chercherons l'expert qui pourra la porter. Que pensez-vous de ce deal ?
En résumé, et rendez-vous à l'épisode 4
Fin de l'épisode 3 de cette série de podcasts sur tout savoir sur la méditation. Alors maintenant, vous vous sentez d'attaque ?
Trois épisodes dédiés à tout savoir sur la méditation. Trois épisodes, ni plus ni moins, pour comprendre la méditation, apprendre comment méditer et, aujourd'hui, lever tous les lièvres, répondre à toutes les objections qui font que la méditation puisse ne pas tenir. Il a été question de rythme. Il a été question de douleur : est-ce que la méditation, ça fait mal ? Il a été question de méditer seul ou accompagné. Il a été aussi question de temps : combien de temps dois-je méditer pour tenir ? Nous avons compris pourquoi certaines personnes se disent que la méditation, ce n'est pas pour elles. Nous avons aussi posé une loupe sur ce chaos mental qui peut rendre la méditation difficile au début, ou qui peut vous donner l'impression de stagner, de tourner en rond et de refaire tout le temps la même chose, et qu'il ne se passe absolument rien.
Et que dire du plus grand classique ? Ceux qui ont la bougeotte, ceux qui ne peuvent pas arrêter, ceux qui se disent « il faut que ça bouge, il faut que ça avance, moi je ne peux pas rester assis aussi longtemps et ne rien faire ». Mais nous avons parlé de leur cas aussi, et c'est peut-être pour eux que la méditation est la plus adaptée. Et nous avons clôturé avec la grande question des profs : un bon choix de prof est essentiel pour bien pratiquer.
Je vous donne rendez-vous dans l'épisode 4 qui clôturera cette série sur tout savoir sur la méditation. En attendant, passez une très belle semaine et bonne méditation à vous. Je suis Iker Aguirre et ceci était un épisode de votre chaîne de podcast « Une alchimie de l'éveil ».